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Décès de Pierre Péan : Jacques Chirac lui avait confié son attachement viscéral à la Corrèze

© Thomas Codex/AFP
© Thomas Codex/AFP

Le journaliste Pierre Péan est mort jeudi 25 juillet près de Paris à l'âge de 81 ans.
Il fut l'un des rares, sinon le seul journaliste auquel Jacques Chirac s'était confié, notamment pour évoquer ses liens profonds avec la Corrèze.
 

Par Pascal Coussy

Dans son ouvrage "L'inconnu de l'Elysée", paru en 2007 chez Fayard, le grand journaliste relatait les souvenirs d'enfance de Jacques Chirac, et notamment ceux de son grand-père, instituteur radical et laïque en Corrèze, « très engagé dans les combats de son époque, du Front populaire à la guerre d'Espagne ».
Un grand-père humaniste et admiré, correspondant local du journal "La Dépêche", dont il conservait la carte de correspondant dans son bureau à l'Elysée.

La même année, Pierre Péan avait expliqué devant les caméras de France 3 Limousin à que point la force de cet attachement de Jacques Chirac à la Corrèze le fascinait et demeurait un mystère :
 
Pierre Péan évoque en 2007 l'attachement de Jacques Chirac à la Corrèze
En 2007, devant les caméras de France 3 Limousin, Pierre Péan évoquait l'attachement viscéral de Jacques Chirac à la Corrèze depuis sa plus tendre enfance. Intervenant : Pierre Péan, journaliste, écrivain - France 3 Limousin - Philippe Mallet, Stéphane Soviller

Pierre Péan s'est fait connaître avec des enquêtes fouillées au long cours, qu'il publiait à raison d'un livre tous les un ou deux ans.

En 1994 avec "Une jeunesse française", il avait réalisé une biographie retentissante de François Mitterrand.
Le président socialiste qui avait grandi en Charente Limousine y expliquait pour la première fois son appartenance à la droite pétainiste qui allait engager la France dans la collaboration avec l'occupant nazi, avant son action dans la Résistance.
 
Pierre Péan / © Miguel Medina/AFP
Pierre Péan / © Miguel Medina/AFP

Cette grande figure du journalisme expliquait que sa méthode était "exclusivement fondée sur le temps, le temps long contre l'immédiateté".

Interrogé sur l'avenir du journalisme dans la revue "Les Inrocks" en 2017 il confiait : "Ce ne sont pas les journalistes qui sont responsables du manque d’investigation.
Cette insuffisance est liée à l’évolution économique et technologique.
Même dans les journaux qui ont encore de l’argent, les journalistes disposent de peu de temps.
Moi, je suis un dinosaure qui passe du temps assis. Depuis les années 1980, j’ai assez d’argent pour travailler sans contraintes.
Et à intelligence égale, quand vous passez dix fois plus de temps qu’un autre sur un sujet, vous avez plus de chances de trouver quelque chose"
.

 

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