Selon le dernier rapport Planète Vivante de WWF, le vison d'Europe est en danger d'extinction. Il ne reste plus que deux foyers de population dynamique, l'un en Charente, l'autre en Charente-Maritime.
Il y a quelques dizaines d'années, on trouvait des visons d'Europe sur les zones de marais de toute la France. Mais la disparition de nombreuses zones humides, la pression de l'urbanisation et de l'agriculture ont fait disparaître l'habitat de ce petit mammifère carnivore. Il s'est aussi heurté à l'arrivée sur le continent du vison d'Amérique, un vison plus résistant, élevé pour sa fourrure et qui a colonisé les territoires de vie du vison d'Europe. Aujourd'hui, il ne reste plus que quelques dizaines de visons d'Europe le long de la vallée de la Charente, en Charente et en Charente-Maritime.
Un plan de sauvegarde français financé par l'Europe
Un plan de sauvegarde pour la France a été lancé, baptisé Lifevison, il est placé sour la direction de la ligue de protection des oiseaux, du conseil départemental de la Charente-Maritime et du GREGE, le groupe de recherches et d'études pour la gestion de l'environnement.Ingrid Marchand est la coordinatrice de ce programmme elle connaît bien la population de visons d'Europe de la région, même si elle reconnait qu'il est difficile de donner précisement le nombre d'individus. Pour elle, la mise en place de ce plan de sauvegarde était indispensable, le vison d'Europe est classé en danger critique d'extinction.
Le programme doit permettre d'améliorer la connaissance de l'espèce, de son mode de vie et de reproduction. Quelle superficie de terrain occupe-t-il, où gîte-t-il, où chasse-t-il? Autant de questions qui doivent permettre de mieux protéger l'animal.On est au dernier stade avant qu'il disparaisse, il faut agir maintenant.
Le programme prévoit aussi la stauration de l'habitat du vison, avec la création de mares, de bosquets ou bien encore de zones refuges. Par le biais du département de la Charente-Maritime, des parcelles sont également acquises pour agrandir l'habitat de l'animal et limiter les activités humaines dans ces lieux.
Pour éviter la mortalité due aux collisions avec des voitures, des passages sont aménagés le long des berges pour permettre aux visons de ne pas quitter la rive pour se déplacer.
Pour Ingrid Marchand, l'optimisme est mesuré, mais quand même. Le plan de sauvegarde doit porter ses fruits.
Même avis pour Dominique Chevillon, le vice-président de la LPO.Il faut reconnaître l'urgence de la situation et l'état critique de l'espèce, mais il faut aussi reconnaître qu'on est de plus en plus nombreux à se préoccuper de cet animal.
Je suis réaliste mais aussi optimiste. Si vous vous intéressez à une espèce, à son habitat, et si vous mettez des moyens pour sauver, alors oui on peut y arriver et sauver.
Des programmes de reproduction à Zoodyssée
Autre élément qui plaide en faveur de l'optimisme, le plan de reproduction lancé au zoodyssée de Chizé, dans les Deux-Sèvres. Le parc animalier a lancé un élevage conservatoire et a obtenu des petits depuis deux ans. Ils pourront à terme être réintroduits dans la nature. Cela a été le cas en Espagne et en Estonie par exemple et cela a plutôt fonctionné.
Un vision d'Europe en liberté dans un marais... l'image est sur le point de disparaître :