Deux-Sèvres : la cimenterie Calcia d'Airvault bloquée par des salariés du groupe venus d'Ardèche

Une cinquantaine de salariés de Calcia venus de Cruas en Ardèche a manifesté ce jeudi 26 novembre devant la cimenterie d'Airvault. Ils ont roulé toute la nuit pour venir protester contre la fermeture de leur usine alors que celle des Deux-Sèvres va bénéficier d'importants investissements.
Des salariés de l'usine de Cruas, en Ardèche, ont manifesté ce jeudi 26 novembre devant le site d'Airvault dans les Deux-Sèvres.
Des salariés de l'usine de Cruas, en Ardèche, ont manifesté ce jeudi 26 novembre devant le site d'Airvault dans les Deux-Sèvres. © Alain Darrigrand - France Télévisions
Opération coup de poing des salariés de Cruas en Ardèche, venus manifester leur mécontentement devant le site d'Airvault dans les Deux-Sèvres. Ils protestent contre la politique du groupe Calcia, leader du marché français et filiale à 100 %, depuis 2016, de HeidelbergCement, deuxième cimentier mondial.
Calcia, qui possède onze cimenteries en France et emploie 1.332 salariés, a décidé de fermer deux de ces unités alors que les autres vont bénéficier d'importants investissements. 162 fermetures de postes sont également prévues. L'usine d'Ardèche est appelée à fermer ainsi que celle des Yvelines, celle-ci pourrait cependant être reconvertie.

300 millions d'investissements à Airvault

Ciments Calcia a annoncé 400 millions d'euros d'investissements destinés, notamment, à améliorer le bilan écologique des usines et répartis sur les sites d’Airvault dans les Deux-Sèvres, de Bussac-Forêt en Charente-Maritime, de Couvrot dans la Marne et de Beaucaire dans le Gard.
La cimenterie d'Airvault est celle qui va recevoir la majeure partie de cette somme d'argent avec près de 300 millions d'euros d'investissements. Le site a été ouvert il y a plus d'un siècle, en 1919, dans le nord des Deux-Sèvres et emploie aujourd'hui 129 salariés. L'usine va être entièrement restructurée alors que les syndicats avaient dénoncé un manque d'entretien des bâtiments et avaient, récemment, exigé de meilleures conditions de travail. Trois accidents du travail y ont été enregistrés en dix mois et un bâtiment s'est écroulé, en cours d'année. 
Le site de Bussac-Forêt en Charente-Maritime, ouvert en 1978, va lui aussi bénéficier d'investissements. Estimés à 40 millions d'euros, ils sont sans commune mesure avec ceux consentis à Airvault. 
En France, le groupe HeidelbergCement, auquel appartient Calcia, emploie actuellement 3.500 personnes.
Les salariés du site Calcia de Cruas devant la cimenterie d'Airvault ce jeudi 26 novembre 2020.
Les salariés du site Calcia de Cruas devant la cimenterie d'Airvault ce jeudi 26 novembre 2020. © Alain Darrigrand - France Télévisions

"En France, nous ne sommes pas assez rentables"

Les salariés de l'usine Calcia de Cruas sont venus manifester ce matin leur incompréhension en bloquant le site d'Airvault. Les syndicats jugent la décision du groupe inacceptable alors qu'il affiche d'importants bénéfices.

Il faut que personne ne reste sur la touche. Il faut que l'accompagnement des personnes concernées soit de qualité parce qu'on a un groupe qui a les moyens, qui a énormément de moyens, ces sont des milliards d'euros de chiffre d'affaires.

Bertrand Moreau, délégué syndical CGT Calcia Airvault

Les salariés de Cruas estiment être sacrifiés sur l'autel de la recherche du profit et de la rentabilité.

Il y a 162 suppressions de poste parce que notre groupe estime qu'en France, nous ne sommes pas assez rentables. Nous avons un pourcentage de rentabilité de 4% alors que le groupe en désire huit. Ce n'est pas parce qu'on perd de l'argent que des postes sont supprimés mais parce qu'on n'est pas assez rentables.

Patrice Vigouroux, délégué syndical CGT Calcia Cruas en Ardèche

Ce matin, la direction de Calcia n'a pas souhaité répondre à notre sollicitation. Un appel à la grève a été lancé dans tous les sites du groupe et celui d'Airvault va rester bloqué pour toute la journée.
 
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