Deux-Sèvres : un enfant de 4 ans gravement blessé attend 5 heures pour être opéré

Un enfant de 4 ans gravement blessé au pied par une tondeuse à gazon a attendu 5 heures avant de trouver un hôpital qui pouvait l'opérer.

L'histoire s'est assez bien terminée. Mais elle aurait pu très mal tourner. Samedi dernier à Rigné, près de Thouars dans les Deux-Sèvres, un enfant de 4 ans se blesse gravement au pied avec une tondeuse à gazon. Pris en charge très rapidement par les pompiers et le Samu, l'enfant doit absolument subir une intervention pour sauver son pied. C'est à ce moment là que les choses sont devenues très difficiles. Le médecin du Samu contacte l'hôpital d'Angers qui dispose d'un service de chirurgie pédiatrique. Mais la direction de l'établissement refuse l'enfant faute de place. Le médecin va alors essuyer de nombreux refus comme l'explique le maire de Thouars, Bernard Paineau, venu sur les lieux de l'accident 

Angers a dit non, Nantes a dit non, Poitiers a dit non, Tours a dit non, on a même appelé les urgences de l'hôpital Necker à Paris qui a dit non également

Bernard Paineau maire de Thouars

Et finalement, l'hôpital d'Angers, le premier appelé, a rappelé le médecin du Samu en disant qu'il avait réussi à faire de la place. Compte tenu de l'urgence, le Samu décide de faire le trajet en voiture. Escorté par des gendarmes des Deux-Sèvres d'abord puis par ceux du Maine-et-Loire ensuite, l'enfant arrivé en salle d'opération 5 heures après l'accident. "on m'explique que pour sauver un membre, il faut 6 heures maximum entre l'accident et l'opération. On a frôlé la catastrophe." déplore Bernard Paineau "il est temps de mettre des gros, gros moyens sur la santé en France. La santé c'est un droit !" assène-t-il un peu en colère.

Aujourd'hui, l'enfant va bien, il perdu son gros orteil, mais sa jambe a été sauvée et il devra encore subir de nombreuses interventions chirurgicales. Pour Bernard Paineau  l'essentiel, c'est que le petit garçon aille bien, mais la question des urgences et de la situation de l'hôpital public demeure selon lui " ce qu'il s'est passé, c'est un des symptômes de la maladie de l'hôpital. Le manque de moyens, d'investissements, de personnel Le système de santé en France a besoin d'un investissement colossal."

Du côté de l'hôpital d'Angers qui a d'abord refusé de prendre l'enfant en charge avant de finalement le recevoir, on essaye de comprendre ce qui s'est passé. La direction a lancé une procédure "d'événement indésirable entre établissements". Une enquête qui pourra peut-être expliquer les cinq heures que le petit garçon et ses parents ont   passé à attendre d'être dirigés vers un service de chirurgie pédiatrique?.