Il reçoit des PV de stationnement de la mairie de Paris alors qu’il n’a jamais roulé avec sa voiture dans la capitale

En l'espace de huit mois, Guy Rondeau a reçu neuf forfaits de post-stationnement (FPS) de la mairie du XIIIe arrondissement de Paris. Alors que sa voiture reste enfermée dans sa grange, il estime être victime d’une arnaque.

Depuis toujours, Guy Rondeau vit dans un petit village au sud des Deux-Sèvres, à Valdelaume. Bientôt âgé de 84 ans, il menait une petite retraite bien paisible. En juillet dernier, cet ancien charpentier couvreur reçoit un courrier de la mairie de Paris. Il s’agit d’un avis de paiement, plus précisément d’un forfait de post-stationnement (FPS, nouveau nom donné au PV de stationnement depuis 2018, NDLR) d’un montant de 50 euros. 

“Je me suis tout de suite dit que c’était une arnaque” 

Au début, Guy Rondeau ne comprend pas l’arrivée de cette lettre. "Il y a mon nom sur les PV, mais je me suis tout de suite dit que c’était une arnaque, je ne suis pas en tort". Pourtant, c’est bien la plaque d’immatriculation de son véhicule qui est inscrit sur l’avis de paiement. Une situation ubuesque qui l’interroge. "Je ne suis pas allé à Paris depuis l’armée. Depuis le mois de juillet, elle est peut-être sortie trois ou quatre fois, parce que je roule avec une autre voiture d’habitude". 

Les mois se succèdent et ce retraité reçoit plusieurs forfaits de post-stationnements dans sa boîte aux lettres. Au total, il en reçoit neuf courriers lui demandant à chaque fois de payer la somme de 50 euros. Face à ce problème, il décide de faire appel à "sa femme de confiance", sa nièce. Angélique Rollin pense au début qu’il s’agit d’une usurpation de la plaque d’immatriculation du véhicule de son oncle.  

En faisant appel à la mairie de Paris 13, l’histoire prend une tout autre tournure. Ce sont les radars mobiles qui sillonnent la capitale qui sont à l’origine de cette erreur. Après avoir porté plainte à la gendarmerie et reçu l’annulation du premier FPS, Angélique Rollin et son oncle pensaient être tirés d’affaire, en vain. "J’ai appelé le commissariat du XIIIe arrondissement de Paris, la société Moovia (entreprise en charge d’assurer le contrôle du stationnement payant, NDLR)... Pour eux, ça ne les concerne plus."

Des mois de démarches sans résultat 

Après avoir effectué plusieurs recherches, Angélique Rollin se rend compte que le véhicule contrôlé par la société en charge d’assurer le contrôle du stationnement s’est trompé d’une lettre. “Lorsqu’il se gare dans la rue du Patay (située dans le XIIIe arrondissement de Paris, ndlr), Moovia passe et flashe le véhicule. Leur système inscrit la plaque qui commence par DD, celle de mon oncle, alors que son véhicule commence par DQ”, révèle-t-elle. 

Je voudrais que ça se termine, heureusement que j’ai ma nièce pour m’aider. Je suis un peu stressé à cause de ça, je ne dors pas toujours bien.

Guy Rondeau

Victime

L’unique moyen de contester un FPS est de déposer un Recours administratif préalable obligatoire (RAPO). Après les annulations de ces FPS, les procédures juridiques s’enchaînent. “Il y a quelques mois, mon oncle a reçu une majoration d’un des FPS, alors qu’il avait été annulé. On se retrouve dans une procédure judiciaire immense." 

Guy Rondeau et Angélique Rollin sont à bout. Ils ne veulent qu’une seule chose, c’est que cette affaire s’arrête. Je suis infirmière à l’hôpital de Niort, je travaille de nuit... J’aurais bien aimé ne pas m’occuper de ces conneries”, confesse-t-elle, énervée. “Ce qu’ils font, c’est de la maltraitance à personne âgée. C’est une atteinte psychologique, physique et psychique à son intégrité. Tout le monde n’est pas à même de pouvoir s’occuper de cette erreur, de se dépatouiller de tout cela. Mon oncle aurait probablement payé sans mon aide et avec sa petite retraite, il aurait peut-être plus eu les moyens de manger. Le nombre de personnes qui se font arnaquer à ce sujet, ça doit être énorme. 

Angélique Rollin envisage de déposer plainte pour délit de concussion et maltraitance à personne âgée. Méconnu, le délit de concussion correspond au fait, par un acteur public, de faire entrer dans les caisses publiques des sommes qui n’ont pas vocation à y figurer. L’unique solution pour mettre un terme à ce cauchemar serait de faire changer la carte grise du véhicule de monsieur Rondeau. Un nouveau combat qu’ils viennent tout juste d’entamer.

Contactées, la mairie du XIIIe arrondissement de Paris et la société Moovia n'ont pas répondu à nos sollicitations.