Les bateliers du Marais poitevin pourront-ils encore embarquer plus de six personnes lors des balades guidées ?

Les bateliers du Marais poitevin tirent la sonnette d'alarme alors que la préfecture doit rendre sa décision sur l'application des jauges réduites à six dans les barques avec guide.

 

Les promenades en barque à plus de six personnes seront-elles interdites ?
Les promenades en barque à plus de six personnes seront-elles interdites ? © Christian Watier - MaxPPP

Les professionnels de la Venise verte sont inquiets. L'interdiction des rassemblements de plus de six personnes à l'extérieur va-t-elle impacter les 13 entreprises du marais poitevin qui organisent des promenades en barque ?

La question pourrait être tranchée ce mercredi 31 mars par les Préfectures des Deux-Sèvres et de la Vendée.

En attendant Emmanuel Mercier tire la sonnette d'alarme.

Le président du Syndicat des bateliers du marais avertit que cette mesure pourrait pénaliser les promenades en barque avec guides si la préfecture décide d'appliquer cette restriction à la principale attraction du marais. Selon le syndicat, l'interprétation du texte n'est pas équivoque. 

"Il s'agit là d'activité de transport public fluvial et dans le cadre de l'arrêté qui a été pris en octobre 2020, il n'y a pas de restrictions sur le nombre de passagers. Il y a un tiers des barques qui naviguent avec des guides en pleine saison soit une centaine de bateaux sur les 300 qui pourraient être impactés par ces restrictions", se désole Emmanuel Mercier.

L'interprétation du texte devrait être tranchée ce mercredi par la préfecture. Une décision très attendue par une profession en souffrance depuis un an. Emmanuel Mercier, gérant des Embarcadères Cardinaud et Prada a dû réduire la voilure suite à la crise sanitaire.

Il y a deux ans mon entreprise employait au total 120 personnes au plus fort de la saison. L'an dernier, nous n'étions que 80 et cette année, nous serons 50.

Emmanuel Mercier,  président du Syndicat des bateliers du marais

Une famille de Tours qui prend le bus puis le train...

Pourtant avec le retour des beaux jours, le Marais a attiré du monde, de nombreux bateaux ont été loués le week-end dernier selon les bateliers. Un bon présage pour les professionnels qui attendent une reprise dans le marais. Le président du syndicat n'est pas à court d'argument pour tenter de convaincre les autorités de l'Etat. Il n'a de cesse de relater cette petite histoire qui pourrait avoir valeur de démonstration. 

Prenez l'exemple d'une famille de Tours qui n'est pas confinée aujourd'hui. Elle prend le bus pour rejoindre la gare de Tours, elle monte alors dans un train dans lequel il n'y a pas de limitation du nombre de passagers comme c'était le cas dans le bus, Ils prennent à nouveau un bus pour rejoindre le Marais dans lequel il n'y a toujours pas de limitation du nombre de passagers. Lorsque la famille arrive à Coulon, on lui dit que pour monter dans un bateau de transport public fluvial, il y a là une limite alors que pour cette activité, ils sont en plein air, le bateau est désinfecté entre chaque promenade et chacun porte le masque, la question se pose de la cohérence de vouloir réduire la jauge à bord de nos bateaux.

Emmanuel Mercier, président du Syndicat des bateliers du marais

Les aides de l'Etat ne compensent pas totalement les pertes

Pour l'heure, les touristes peuvent toujours embarquer pour une promenade en bateaux avec guide dans le Marais, les conditions des balades n'ont pas changé "parce que le décret d'octobre ne le prévoit pas" estime le président du syndicat.

Le printemps marque le début de la saison touristique dans le marais poitevin mais la crise sanitaire pourrait jouer les troubles fêtes en raison des mesures de confinement d'autant que le bassin parisien est le premier pourvoyeur de clientèle de la Venise verte. Les bateliers ont aussi perdu les tours opérateurs. La clientèle des cars qui sillonnent le Marais poitevin représentent 40 à 50% du chiffre d'affaires des entreprises pendant la période creuse. Ce marché a été stoppé net avec la crise sanitaire.

Le syndicat des bateliers constate que les aides de l'Etat ne compensent pas totalement les pertes. "Chaque mois, il nous manque entre la réalité de nos charges et le montant des aides, environ 10 à 15% de notre chiffres d'affaires", déplore Emmanuel Mercier.

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