VIDÉO. L214 dénonce les conditions de vie de poules pondeuses d'un élevage de la société Pampr'oeuf dans les Deux-Sèvres

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Écrit par Romain Bizeul

L214 dévoile une enquête sur un élevage de l'entreprise Pampr'œuf situé à Pamproux, dans les Deux-Sèvres. Entassées dans des cages, les poules subissent les mauvaises conditions sanitaires et même parfois la violence des employés. L'association appelle à la fermeture de l'élevage et souhaite relancer le débat sur l'élevage en batterie, en vue de l'élection présidentielle.

Les images sont insoutenables. L’association de protection animale, L214, publie ce jeudi 16 décembre une vidéo édifiante. Elle dénonce la maltraitance de poules pondeuses au sein d’un élevage de Pamproux, dans les Deux-Sèvres. Celui-ci appartient au groupe Pampr’œuf qui produit et commercialise 20 % du marché français des œufs à coquille.

Pampr'œuf, seule entreprise à ne pas avoir pris d'engagement dans la filière

Des poules frappées, d’autres laissées mortes avec leurs congénères…, les preuves qu’apportent L214 sur la maltraitance dans l’élevage de Pamproux sont difficiles à regarder. L’association a porté plainte contre la société pour maltraitance et actes de cruauté auprès du parquet de Niort et saisi la Commission européenne. L214 demande également la fermeture de l’élevage et l’interdiction de production d’œufs par des poules pondeuses en cage.

Le groupe Pampr’œuf produit plus d’un milliard d’œufs par an. Un acteur plus qu’important du secteur qui, jusqu’à ce jour, est "le seul à ne pas avoir publié d’engagement officiel excluant l’élevage en cage de l’ensemble de ses activités d’ici 2025", comme le précise L214. L’association protectrice des animaux est allée voir dans quelles circonstances sont élevées les poules pondeuses du site de Pamproux. Par l’intermédiaire d’une vidéo présentée par le magicien et humoriste, Éric Antoine, elle livre un diagnostic inquiétant sur les conditions de vie de ces poules qui ne voient pas la lumière du jour.

Dans des cages au sol grillagé, les poules survivent. Elles sont 200.000 entassées dans l’entrepôt. Parmi elles, 23.560 meurent prématurément. Soit une mortalité de près de 12%, un chiffre élevé qui interroge. La réponse se trouve dans les pratiques de l’entreprise Pampr’œuf. En plus d’être entassées dans des cages, les poules sont tenues éloignées des œufs pondus par des clôtures électrifiées. L214 dénonce la non-conformité de l’élevage et des conditions dans lesquelles vivent les poules. Le manque d’hygiène et le bruit assourdissant ne permettent pas aux animaux de vivre de manière satisfaisante. Comme le montre la vidéo (voir ci-dessous), certaines poules sont totalement déplumées. D’autres sont laissées mortes dans les cages, en état parfois avancé de décomposition. Mais le plus glaçant reste le comportement de certains employés filmés. On les voit notamment, bâton à la main en train de frapper les poules qui tenteraient de s’échapper. Un individu va même jusqu’au coup de pied dans une poule qui vole. Avant de s’esclaffant de rire auprès de ses collègues.

Des images qui ne proviennent pas de nos élevages.

Communiqué de Pampr'oeuf, se défendant des accusations de L214.

Enfin, L214 alerte sur la manière dont sont emmenées les poules à l’abattoir. Ces dernières sont entassées brutalement dans des cages de transport "inadaptées", selon l’association, par des agents qui ne disposent pas des équipements nécessaires (gants, masques et combinaisons). Suite à ce constat alarmant, L214 lance une pétition pour faire fermer l’élevage et inviter la société Pampr’œuf à prendre des dispositions – à l’image de ses concurrents – pour faire cesser l’élevage de poules pondeuses en batterie. "Pour mettre fin aux atrocités de l’élevage en cage, il est essentiel que Pampr’œuf s’engage publiquement pour la fin des cages", déclare Sébastien Arsac, cofondateur de l’association L214.

VIDÉO. L'enquête de L214. (Attention, certaines images peuvent heurter la sensibilité de certains !)

Contacté, le dirigeant de Pampr’œuf, Stéphane Nérault a répondu dans un communiqué unique adressé à la presse. "Nous affirmons avec force que les comportements dénoncés ne correspondent absolument pas aux pratiques de nos collaborateurs. Nos équipes utilisent des méthodes respectueuses du bien-être animal. Elles sont régulièrement contrôlées. Nous leur faisons totalement confiance", est-il indiqué. Pampr’œuf dénonce les méthodes de L214 et affirment que les images de la vidéo "ne proviennent pas de [ses] élevages". Elle réclame ainsi que les vidéos non floutées soient transmises à la justice afin que "lumière soit faite". Ce qu’a déjà fait l’association L214.

L214 appelle les candidats à la présidentielle à se positionner

Celle-ci profite de l’approche de l’élection présidentielle pour relancer le débat sur l’élevage de poules pondeuses en cage. Un engagement qu’avait pourtant pris Emmanuel Macron, en février 2017, à la veille de son élection.

"Le président de la République et les candidats à l'élection présidentielle de 2022 doivent quant à eux répondre à cette demande sociétale et organiser la sortie de ce mode d’élevage en fixant au plus vite son interdiction pour 2025", soutient le cofondateur de L214, Sébastien Arsac. Pour inciter les candidats à se positionner, l’association s’appuie sur un sondage Ifop sur le bien-être animal. Ce dernier montre que 81% des Français sont favorables à l’interdiction de l’élevage des poules pondeuses en cage, tous bords politiques confondus. Un sujet sur lequel les Français vont attendre des engagements de la part des candidats à la présidentielle.

CARTE. L'élevage Pampr'oeuf à Pamproux, dans les Deux-Sèvres.