Coulées de boue à Coursac (24) : coincé entre précipitations orageuses et lenteurs administratives, le maire passe outre

Furibond, Pascal Protano. Le maire de ce petit village proche de Périgueux réclame depuis des années la construction de bassins de rétention pour se protéger des orages. Nouvel orage hier, nouvelle coulée de boue, une de plus, c'était une de trop !
Ce 9 juin, les employés municipaux s'activent pour dégager les évacuations d'eau saturées par les derniers orages
Ce 9 juin, les employés municipaux s'activent pour dégager les évacuations d'eau saturées par les derniers orages © France 3 Périgords - Philippe Niccolaï

Gilles Brun est à la tête d'une petite entreprise à Coursac. Une usine qui fabrique des machines de conditionnement pour l'agroalimentaire. Et le problème de Gilles, c'est que son entreprise est dans un vallon. Et qu'à chaque fois qu'il pleut un peu fort, son entrepôt est menacé.

L'entreprise de Gilles Brun, au fond d'un coteau, à nouveau victime d'une coulée de boue à Coursac
L'entreprise de Gilles Brun, au fond d'un coteau, à nouveau victime d'une coulée de boue à Coursac © France 3 Périgords - Philippe Niccolaï

Comme ce fut le cas la soirée dernière, vers 18h30. Une pluie trop forte, trop concentrée en peu de temps, et c'est la boue qui dévale. Cette fois, plus de peur que de mal, l'eau boueuse est restée assez basse pour ne pas submerger trop les stocks et le contraindre à recourir au chômage technique. Par les temps qui courent, c'est pas le moment.

Eurotech les pieds dans la gadoue... une nouvelle fois
Eurotech les pieds dans la gadoue... une nouvelle fois © France 3 Périgords - Philippe Niccolaï

L'atelier était vraiment inondé, rempli de flotte et tout !

En attendant, les dégâts sont tout de même là. Et, un brin fataliste, Gilles Brun se souvient que l'an dernier, en fin d'année, ça avait été pire. Les locaux avaient été carrément submergés, les ateliers envahis.

Chadourne envasé

Un peu plus loin, c'est encore pire. Le fabricant de mobilier d’agencement Chadourne a du lutter toute la nuit pour chasser l'eau boueuse qui a envahi son site de 2 500 m2. Du personnel, les pompiers, les agents municipaux, un tractopelle, et beaucoup d'huile de coude pour venir à bout de la boue. Il y a deux ans, c'était la même situation, gros dégâts. Cette fois, la direction espère pouvoir reprendre son activité au plus tard en début de semaine prochaine. N'empêche, ça énerve.

Dans l'entreprise Chadourne, ce mardi 9 juin encore, la valse des ballets pour venir à bout de la vase qui s'est infiltrée partout
Dans l'entreprise Chadourne, ce mardi 9 juin encore, la valse des ballets pour venir à bout de la vase qui s'est infiltrée partout © France 3 Périgords - Philippe Niccolaï

La goutte d'eau...

Un autre pour qui la pression monte particulièrement, c'est Pascal Protano. Le maire de cette commune rattachée au Grand Périgueux se retrouve systématiquement en première ligne à chaque montée des eaux qui fait déborder les vases de ses administrés.  Cette fois, en plus des deux entreprises, c'est une dizaine de maisons, le centre de loisirs et la mairie qui ont été touchés.

Les entreprises ont déjà pas mal dérouillé en 2018. Et c'est les mêmes qui sont touchés aujourd'hui ! Pascal Protano

Des collecteurs de bassin d'orage, c'est la solution au problème. Il les réclame depuis des années. Deux ans que le projet est à l'étude. Les bacs de rétention permettraient de réguler l'arrivée massive pour pouvoir l'évacuer par les fossés en place.

Les dégâts à l'usine Eurotech
Les dégâts à l'usine Eurotech © France 3 Périgords - Philippe Niccolaï

100 000 €uros la pièce

Il faudrait trois bassins pour faire face, soit un total de 300 000 €uros de travaux. Des travaux auxquels la commune aimerait adjoindre une digue pour protéger plus particulièrement le bas de la zone des Brandeaux où se trouve l'entreprise Chadourne.

La précipitation orageuse... et la lenteur administrative !

Sur le principe, et devant l'évidence, le Grand Périgueux a accepté que les travaux se fassent. Ils auraient même du commencer au début de l'année  Oui mais voilà, le temps qu'il fait n'est pas le temps de l'administration, et il ne faut pas confondre précipitation orageuse et rapidité administrative. Le dossier traîne, en attente notamment d'actes notariés. 

Pour Pascal Protano, c'en est trop, pas question d'attendre les bras croisés une nouvelle catastrophe orageuse. Il annonce qu'il va démarrer les travaux dès la semaine prochaine. Le temps est à l'orage.

À Coursac, le maire veut accélerer la construction de bassins de rétention ©France 3 Périgords

 

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