En Dordogne, le nombre de familles à qui l'on retire la garde des enfants progresse de façon inquiétante. Le département qui prend en charge ces enfants placés fait face aux besoins avec son village d'enfant

Pays rural du bien vivre et de la qualité de l'environnement, on pourrait croire la Dordogne épargnée par les problèmes sociaux, il n'en est rien. Le niveau de vie y est bas, le chômage y fait rage, et le nombre de familles destructurées, paupérisées ou en difficulté sociale progresse. Les familles qui ne sont pas ou plus en capacité d'assurer l'éducation de ses enfants sont de plus en plus nombreuses depuis une quinzaine d'années.

Moins d'enfants en Dordogne, mais de plus en plus de placements

En 10 ans, le nombre d'enfants sortis de leur famille a plus que doublé, montrant l'ampleur du phénomène. De 600 enfants, nous en sommes actuellement à 1250 (sans compter les mineurs étrangers isolés qui sont aussi à la charge du département). Chiffres d'autant plus révélateurs dans un département où le nombre d'enfants scolarisés en primaire et en maternelle diminue de 300 à 500 chaque année.

L'Aide Sociale à l'Enfance de plus en plus sollicitée

Lorsqu'ils sont sortis de la cellule familiale, ces enfants sont sous la responsabilité du Département, et sous la responsabilité pénale de son Président. Pour faire face, l'Aide Sociale à l'Enfance de Dordogne (ASE) emploie un millier de personnels, techniques et administratifs, répartis dans les différentes structures et les besoins sont en constante augmentation.

Des besoins toujours plus grands pour faire face au nombre croissant d'enfants placés sous la responsabilité du Département de la Dordogne ©France 3 Périgords - Émilie Bersars & Anne-Laure Meyrignac

Un village de l'enfance dédié

Pour les cas extrêmes, lorsque les enfants sont placés par décision de justice, ils sont dirigés vers le Village de l'Enfance. Un centre ouvert chaque jour de la semaine, à toute heure du jour et de la nuit, pour répondre aux cas d'urgence. La structure a été créée en 1995 et n'a cessé de montrer son utilité depuis.

Répondre aux besoins d'urgence

Dans ce village, la première étape consiste à satisfaire ses besoins d'urgence les plus élémentaires. Nourriture, hygiène, repos, et repères affectifs. La présence d'un Doudou est particulièrement surveillée pour les plus jeunes. 

Période d'observation

Ensuite, les réactions et le comportement de l'enfant vont être observés, dans toutes les circonstances, selon son environnement et sa situation, qu'il se trouve en groupe ou isolé. C'est cette observation qui va permettre de l'orienter vers la structure qui lui sera la mieux adaptée. Ce pourra être un accueil collectif comme l'une des 11 maisons d'enfant à caractère social, dans une famille d'accueil ou un placement à domicile.

Ce temps d'observation moyen pour le passage dans le village d'enfant est d'ordinaire de trois mois, mais il peut se prolonger selon les cas. Il arrive assez fréquemment que des enfants restent de 6 à 8 mois, le temps de retrouver un certain équilibre et aussi de déterminer l'issue la plus profitable pour lui, voire de trouver un système de soins adapté lorsque son état le nécessite. 

Un accueil personnalisé et adapté

Il est complexe de trouver un accueil idéal car il n'y a pas toujours de "place" immédiatement disponible répondant aux besoins spécifiques des enfants dans les familles.

350 familles d'accueil sont réparties à travers le département. À chacune d'entre elle on demande un profil, une disponibilité, des capacités d'accueil et des qualités éducatives particulières adaptés à l'enfant, ce qui limite grandement les possibilités.

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