La baisse des températures a incité les périgourdins à pousser les systèmes de chauffage à fond. Conséquence, les feux de cheminée et d'habitation se sont multipliés ces derniers temps
Rien de plus douillet par ces froides soirées d'hiver, qu'un bon petit feu de cheminée... à condition qu'il soit maîtrisé !
Une installation au poêle
Depuis quelques jours, et l'arrivée des grands froids, les 1700 pompiers de Dordogne multiplient les interventions chez les particuliers. Trois nouveaux feux se sont déclarés, deux ce week-end dans le ribéracois à Bourg-du-Bost, et au Bugue, un troisième à Coulaure ce mardi matin.
Souvent quand arrivent les grands froids, c'est le même scénario qui se retrouve : une cheminée mal ramonée, un poêle qui surchauffe, et c'est le drame. Le feu de cheminée se déclare lorsque qu'un conduit mal ramoné est brusquement sollicité par un feu important. Des accumulations de toiles d'araignées, poussière, suie ou bistre (suie qui a goudronné) peuvent alors prendre feu dans le conduit, causant un appel d'air qui amplifie le phénomène jusqu'à ce que les parties combustibles les plus proches s'enflamment à leur tour.
Une flambée des feux de cheminée
Entre 2020 et 2021 en Dordogne, les feux d'habitation ont augmenté de 12%, et ceux liés aux feux de cheminée ont augmenté de 28%. Près de 450 feux de cheminée l'an dernier, un chiffre non négligeable.
La bonne conduite du conduit
Raison pour laquelle le ramonage mécanique est obligatoire pour tous les appareils de chauffage à combustible chaudières au gaz, au charbon, au fioul, au bois ou multicombustibles. Sauf exception, un ramonage pour les appareils à gaz (inclus généralement dans l'entretien obligatoire) et deux pour les appareils à combustibles solides sont à faire.
Pour ce dernier, l'un des deux ramonage doit être effectué pendant la période de chauffe. Ces ramonages doivent être effectués par des entreprises spécialisées qui vous délivreront un certificat. À noter que le ramonage à l'aide de produits chimiques n'est plus suffisant comme il l'était à une époque.
Pas de feu sans fumée..
C'est petit, discret, pas trop cher, et surtout, ça peut vous sauver la vie. Les détecteurs de fumée sont obligatoires dans les habitations depuis le 8 mars 2015. Destinés à alerter les dormeurs si un incendie se déclenche la nuit, ils sont particulièrement recommandés pour les utilisateurs de poêles et cheminées à foyer ouvert. En cas de sinistre, leur absence est préjudiciable vis-à-vis des assurances. Ils doivent répondre aux normes en vigueur
Mais du gaz mortel sans fumée, c'est possible !
Autre danger malheureusement courant avec le froid, l'intoxication au monoxyde de carbone. Là aussi, des détecteurs de monoxyde de carbone alertent si un appareil à combustion, chauffage d’appoint, poêle, insert, chaudière, quel que soit le combustible, dégage ce gaz aussi incolore et inodore que mortel dans la pièce. Le réflexe étant de calfeutrer les arrivées d'air pour éviter que le froid pénètre, les appareils fixes ou d'appoint mal alimentés en air extérieur créent des drames chaque année.
L'étincelle qui met le feu aux poudres
Si les accidents liés aux appareils à combustible redoublent à cette époque, les installations électriques sont aussi à surveiller. Un nouveau feu d'habitation d'origine électrique s'est déclaré ce mardi matin dans le garage d'une maison à Coulaure.
Un risque augmenté l'hiver, avec le chauffage d'appoint branché sur la prise multiple, l'appareil mal isolé qu'on ressort du grenier, ou l'appareil trop puissant qui crée une surcharge électrique. Même avec le courant, la prudence est de mise avant de faire grimper le thermomètre.
Enfin, si malgré vos précautions vous vous faites surprendre et que vous n'arrivez pas à venir immédiatement à bout du sinistre, n'hésitez pas à appeler le plus tôt possible le 18 ou le 112. En cas de départ de feu, la moindre minute a son importance.