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Le sort du contournement de Beynac sera tranché le 9 avril

Au Tribunal Administratif de Bordeaux, les pro et anti contournement de Beynac ont l'occasion d'exposer une ultime fois leurs arguments / © France 3 Périgords - Emilie Bersars
Au Tribunal Administratif de Bordeaux, les pro et anti contournement de Beynac ont l'occasion d'exposer une ultime fois leurs arguments / © France 3 Périgords - Emilie Bersars

Le Conseil Départemental porteur du projet et les opposants qui ont déjà gagné une bataille en faisant suspendre le chantier ont défendu leur cause aujourd'hui. Le Tribunal Administratif de Bordeaux se prononcera le 9 avril. La rapporteur publique s'est prononcé pour le maintien des travaux

Par Pascal Faiseaux

Beynac devant le tribunal administratif de Bordeaux
Les pro et anti-contournement se sont retrouvés pour exposer leurs arguments. Le Conseil Départemental, forcé à l'arrêt des travaux par le Conseil d'Etat a été encouragé par la rapporteur publique qui a mis à mal les arguments des opposants. - France 3 Périgords - Emilie Bersars & Pascal Tinon
 
Bien sûr, le feuilleton ne connaîtra pas d'épilogue ce mardi 26 mars, le tribunal s'est laissé jusqu'au 9 avril pour trancher. Mais le moment était crucial ce matin pour les deux camps opposés. Il s'agissait en effet de faire valoir la validité de leurs arguments face à un tribunal administratif qui les étudiera sur le fond.
Germinal Peiro et l'avocat du Département Maître Xavier Heymans / © France 3 Périgords - Emilie Bersars
Germinal Peiro et l'avocat du Département Maître Xavier Heymans / © France 3 Périgords - Emilie Bersars
Or, d'un côté comme de l'autre, ces arguments ne manquent pas.

Pour Germinal Peiro, président du Conseil Départemental les travaux sont plus que jamais nécessaires pour désenclaver le secteur. Et l'argent déjà investi dans le chantier depuis un an de travaux (20 millions selon lui) justifie qu'on les achève au plus vite pour le développement et la sécurité de Beynac, Castelnaud et des zones environnantes.

Un argument qui avait convaincu en son temps la préfecture de Dordogne qui avait autorisé le lancement des travaux. Aujourd'hui le Département a à nouveau déposé un dossier complet sur la sécurité, la protection de l'environnement la santé publique et les questions économiques de nature selon lui à convaincre les juges.

Et ce matin à Bordeaux la rapporteur publique du dossier, Patricia Prince Fraysse a longuement abondé dans ce sens, estimant qu'il n'y avait pas lieu d'annuler l'autorisation préfectorale accordée au chantier. Une position en contradiction avec celle du Conseil d'Etat. 
 
Au premier plan, Michel André et les autres opposants au projet viennent fort / © France 3 Périgords - Emilie Bersars
Au premier plan, Michel André et les autres opposants au projet viennent fort / © France 3 Périgords - Emilie Bersars

Le 28 décembre dernier le Conseil d'État avait suspendu  l'arrêté préfectoral d'autorisation. Une décision motivée par les arguments des opposants : un intérêt public majeur insuffisant et une forte atteinte à l'environnement. Pour le vice-président de l'association pour la protection de la vallée de la Dordogne, le propriétaire du château de Castelnaud Kléber Rossillon, la victoire finale ne fait pas de doute.

Enfin, les deux camps revendiquent pour eux l'adhésion de l'opinion publique. Il est vrai que chacun a prouvé qu'il était soutenu par une partie des habitants, commerçants, riverains, personnalités locales politiques ou autres, et même, pour le camp des opposants, par quelques personnalités et "people" nationales, Stéphane Bern en tête.

La décision du tribunal administratif devrait être connue le 9 avril, sauf événement toujours possible dans de feuilleton. Quelle qu'elle soit, elle fera nécessairement des vainqueurs et des vaincus, et le long combat laissera des traces visibles pendant longtemps, tant sur le paysage, que dans les finances ou dans l'esprit du public 
 
Visiblement pris à contre-pied par les propos de la rapporteur de la République, l'association Sauvons la Vallée Dordogne a envoyé un communiqué de presse aux rédactions.

Contournement routier de Beynac : le patrimoine culturel et naturel périgourdin devant le Tribunal Administratif de Bordeaux

 
Aujourd'hui, devant le Tribunal administratif de Bordeaux, défenseurs du patrimoine et de l’environnement ont plaidé pour l’annulation définitive du projet routier du Conseil départemental de la Dordogne qui, s’il était mené à son terme, défigurerait à jamais la Vallée de la Dordogne, classée réserve de Biosphère par l’UNESCO et bordée de six célèbres châteaux.
 
Le projet avait d’ores et déjà été suspendu par le Conseil d’Etat qui, le 28 décembre dernier, a jugé que « le bénéfice attendu de cette déviation apparaît limité en l’état de ce dossier eu égard, d’une part, à la circonstance que l’accroissement de la circulation automobile à Beynac pendant la période estivale est essentiellement dû au nombre important de touristes qui se rendent dans cette commune pour le visiter, d’autre part, aux travaux déjà réalisés par cette commune qui ont permis de réduire l’encombrement de la route qui la traverse grâce à un élargissement de la voie existante ».
 
Le Conseil d’Etat avait ainsi jugé qu’il y avait un doute sérieux sur la légalité de l’arrêté préfectoral d’autorisation des travaux, et que le projet de contournement routier du village de Beynac ne répondait pas à « une raison impérative d’intérêt public majeur » qui est une condition nécessaire pour pouvoir détruire les espèces protégées de la vallée de la Dordogne.
 
De manière surprenante, le Rapporteur Public du TA de Bordeaux a conclu ce matin à la légalité de l’arrêté en mettant en avant le risque sécuritaire à Beynac. Ne s’appuyant sur aucun chiffre et se fondant sur un chantage à la peur, il s’est placé en opposition totale avec le Conseil d’Etat qui avait pourtant souligné qu’ « aucun accident notable n’a jamais pu être imputé à la configuration de la traversée de Beynac et que les autres risques mis en avant, notamment les risques d’éboulement, sont purement théoriques et peuvent être traités par d’autres mesures ». 
 
La mairie de Beynac, soucieuse de répondre tant aux problématiques de transports qu’à celles de sécurité, a déjà procédé à l’élargissement de sa chaussée et à la construction d’un cheminement piétonnier sécurisé. Les problèmes de trafic ont ainsi été résolus et la limitation à 30km/h réduit considérablement les risques accidentels. La mairie de Beynac dénonce une manipulation du Président du département qui a organisé le 7 février 2019, soit après le jugement du Conseil d’Etat, des encombrements factices à Beynac avec un car scolaire rempli d’employés de la collectivité. La mairie a porté plainte pour entrave à la circulation.

 
Le projet du Conseil départemental implique la construction d’une route de 3,4 km, de deux ponts métalliques traversant la vallée de la Dordogne et d’un passage sous la voie de chemin de fer, pour un coût estimé entre 32 et 50 millions d’euros, financé exclusivement par l’endettement du Département. Ce projet avait déjà été rejeté à 85% lors du complément d’enquête d’utilité publique mené entre le 21 août et le 17 octobre 2017. L’affaire a pris une tournure politique nationale avec la publication, vendredi dernier, d’une tribune demandant l’arrêt des travaux, signée par des personnalités politiques, des intellectuels, artistes et écologistes de premier plan tels que Stéphane Bern, Yann Arthus-Bertrand, Eva Joly, Yannick Jadot, Franck Dubosc, Alexandre Gady, Allain Bougrain-Dubourg, Adrien Goetz, Jean de Lambertye, Corinne Lepage et Alain de la Bretesche.
 
A la sortie de l’audience, les représentants des requérants (ASVD, Sepanso, Demeure Historique et certains riverains) ont rappelé que « d’une part, l’élargissement de la chaussée de Beynac rend sa traversée parfaitement sûre et que, d’autre part, contrairement à ce qu’avance le département, les travaux de contournement effectués ne sont pas irréversibles. Il suffirait de 410.000 euros pour enlever les quelques piles de pont déjà réalisées. La fin du projet fera donc économiser beaucoup d’argent aux contribuables de Dordogne ». Le tribunal devrait rendre son jugement le 9 avril.
 

 

Les opposants au projet réagissent aux propos de la rapporteur de la République

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