Dordogne : les silures, ces monstres des rivières !

Manuel Boneau et le silure de 2,58 m attrapé le 15 juillet dans la Dordogne / © Manuel Bonneau
Manuel Boneau et le silure de 2,58 m attrapé le 15 juillet dans la Dordogne / © Manuel Bonneau

Les photos se multiplient dans la presse et les réseaux sociaux. On y voit des pêcheurs pas peu fiers de leur capture. La dernière en date : un silure de 2,58 mètres pêché hier lundi dans la Dordogne, près de Bergerac.

Par Sébastien Bouwy

Manuel Boneau aime la pêche au gros poisson. Depuis trois ans, ce charentais originaire de Chalais, s'adonne à la pêche sportive du silure. Ce lundi 15 juillet, près de Bergerac, il a battu son record personnel de prise avec un monstre de 2,58 mètres, pesant 100 kilos. 

"Comme à chaque fois, j'ai commencé la pêche au bord de l'eau, quand le poisson mord, je monte sur un petit bateau pour livrer le combat" explique Manuel. 

Ici, le combat aura duré près de 45 minutes. Une fois sorti et les photo prises, le silure a été relâché. 

 
Manuel Bonneau a battu son record personnel avec ce silure de 2,58m
Manuel Bonneau a battu son record personnel avec ce silure de 2,58m


Si la taille moyenne des silures est d'1,5 mètres de long, les specimens atteignant 2 mètres sont de plus en plus communs. Le record de prises a été établi dans le Tarn avec 2,74 mètres. 

Les silures sont les plus gros poissons de rivière. Les pêcheurs les appellent aussi "Glane". Il est fréquent de les trouver dans les grosses rivières et les fleuves. 


Réintroduction

Le poisson, qui existait déjà sur notre continent avant même que l'Homme n'y fasse son apparition, avait disparu de l'Europe de l'Ouest. Il a été réintroduit dans la Saône dans les années 70 par un particulier, et se retrouve désormais dans la majorité des cours d'eau en France hexagonale.
 

Un poisson cannibale…

Certains défenseurs de l'environnement aimeraient que le poisson, grand amateur de sandres et de brochets, soit classé en espèce nuisible.
De son côté, la fédération nationale de la pêche a mené une étude afin de déterminer si leur présence était néfaste aux poissons non migrateurs.

D'après leurs conclusions, si le silure est un grand prédateur pour ces espèces, il ne met pas en danger leur peuplement.

Dans le Rhône, le fleuve le plus colonisé par le poisson, le nombre de silures semble même en diminution. Une des raisons avancées par les chercheurs serait le cannibalisme : les gros silures ayant tendance à manger leurs plus petits congénères.

 

... et opportuniste


En 2012, une équipe de scientifique a filmé une scène peu commune sur les rives du Tarn à Albi. Des silures qui se précipitaient au plus proche des berges pour y manger… des pigeons.

"C'est une espèce au caractère très opportuniste, qui a trouvé une nouvelle source de nourriture et s'est adaptée pour aller capturer ces pigeons ", expliquait alors Frédéric Santoul, professeur d'écologie fonctionnelle à Toulouse dans un reportage de France 2.


 Regardez les images de silures s'attaquant à des pigeons
Un silure avale un pigeon à Albi

 

Objet de fantasmes

Le silure serait-il opportuniste au point de manger d'autres proies ? A ce sujet,  les  fantasmes ne manquent pas. On retrouve des rumeurs de silures mangeurs de chiens en France, et même d'enfants en Russie.

En 2015, un Ecossais affirmait même, après vingt ans de recherches, que le fameux monstre du Loch Ness n'était en réalité qu'un silure glane. Les premières photos de Nessie datent en effet des années 30, date à laquelle le silure aurait été réintroduit dans le lac, dont il a aujourd'hui disparu. 
Une hypothèse qui a fait couler beaucoup d'encre... mais jamais confirmée.





 

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