VIDEO. Face à la crise de l'énergie, ce moulin à eau se transforme pour fabriquer de l'électricité

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À côté du barrage de Tuilières à St Capraise de Lalinde, un particulier a racheté un moulin pour en faire une centrale électrique, il compte revendre l'électricité à EDF ©France 3 Périgords - Norbert Evangelista & Pascal Tinon

À côté de l'imposant barrage de Tuilières en Dordogne, un particulier a acheté un vieux moulin pour le transformer en micro centrale électrique. Après travaux, il compte revendre l'électricité produite à la centrale d'EDF

À Saint-Capraise de Lalinde, les deux sites sont si proches qu'on pourrait penser qu'ils font partie tous deux du site d'EDF. Pourtant, la longue bâtisse jaune qui jouxte l'imposant barrage de Tuilières appartient à un particulier. Philippe Gualerzi a racheté le site en décembre dernier avec une idée en tête, le transformer en centrale électrique.

Petite production non-invasive

L’idée n’est pas nouvelle, mais elle n’est pas mauvaise non plus. Contrairement aux barrages, qui créent des retenues d’eau artificielles, les micro-centrales n’ont besoin que d’un bief, un canal dédié qui amène l’eau au bâtiment et de turbines transformant la gravité de l'eau en énergie, selon le bon vieux principe des moulins à eau. Si la production est entièrement dépendante des niveaux d'eau naturels, elle est aussi moins impactante pour l'environnement.

10% de la production hydroélectrique nationale

En France, la PHE, ou Petite Hydroélectricité, ce sont environ 2 700 installations produisant une moyenne annuelle de 6 TWh/an, soit environ 10% de la production hydraulique nationale. Ces installations mini, micro ou pico hydraulique sont d’une puissance inférieure à 10 MW (10 000 kW). La pico-centrale produit moins de 20 kW, la micro-centrale moins de 500 kW et la minicentrale moins de 2 MW.

Réhabilitation

Des unités dont la production peut suffire aux besoins domestiques, à l'échelle d'une entreprise ou d'un petit village, ou bien venir en complément d'une centrale plus importante. C'est le pari de Philippe Gualerzi. En achetant le site fermé depuis 25 ans l'hiver dernier, il avait cette idée en tête.

Première étape, nettoyer le bief, envasé depuis des décennies. 400 mètre-cubes de vase à évacuer, souligne Philippe. Reste ensuite à adapter le moulin, prévu pour moudre le grain, afin qu'il puisse alimenter des turbines électriques. Bref, du grain à moudre pour apporter de l'eau à son moulin et pouvoir enfin faire son beurre.

On va démonter la grosse turbine qui est là-bas, on va la reculer, la descendre dans le puits, de façon à utiliser les 13,40 mètres de chute, et là on va faire de l'électricité !

Philippe Gualerzi

Ma petite entreprise

C'est qu'il faut assez de force pour alimenter la turbine jusque-là destinée à moudre son grain. L'objectif, d'ici à deux ans, est de délivrer 70 kWh. Deux millions de fois moins que le barrage de Tuilières voisin, mais assez pour faire tourner les affaires de son petit moulin.

Passe à poissons

Pour toutes ces opérations, Philippe doit remplir un cahier des charges strict afin de ne pas perturber l'environnement, et notamment la migration de la faune. Pas de souci, affirme Philippe, car chez lui, les poissons sont face à un mur, et se retrouvent forcés de passer par le barrage, qui lui est déjà équipé d'une échelle à poissons comme d'autres barrages du département.

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