Le blues des sages-femmes face au manque de (re)connaissance de leur métier

Leur mission va bien au-delà des accouchements. Sage-femme, une profession mal connue et souvent sous-estimée à leurs yeux. La profession appelle à manifester ce mardi 26 janvier. 

On dénombre plus de 23 000 sages-femmes en France aujourd'hui.
On dénombre plus de 23 000 sages-femmes en France aujourd'hui. © AFP

Quel que soit leur statut, c’est un sentiment partagé. Libérales ou hospitalières, les sages-femmes ont le sentiment que leur métier est aussi méconnu que dévalorisé. Une crise de confiance récurrence. En 2013 déjà, la profession avait été marquée par un mouvement de grève.

Sage-femme, « ça existe encore ? »

Par manque de connaissance de leur champ de compétences, les sages-femmes se sentent sous-exploitées. Lorsque Valérie Paris, qui exerce en Dordogne, évoque son métier, elle entend parfois, « ça existe encore ? ». Une méconnaissance de son savoir-faire difficile à vivre. Car sa mission va bien au-delà de l’accouchement. Et selon elle, beaucoup de femmes l’ignorent. Les sages-femmes peuvent en effet accompagner leurs patientes de l’adolescence jusqu’à la ménopause.

Du suivi et des dépistages avec des délais raccourcis

Aurélie Devilleger est elle aussi sage-femme en Dordogne. « On est là pour faire du suivi de contraception, du dépistage, parce qu’on fait aussi du dépistage du cancer du sein, cancer du col de l’utérus, pareil pour les IVG », dit-elle. 

Y’a des femmes, ça fait des années qu’elles n’ont pas eu de suivi, des années qu’elles n’ont pas eu de dépistage, ce n’est pas normal et tout ça parce qu’il y a une méconnaissance de notre profession. Alors qu’elles le sauraient, elles prendraient rendez-vous avec une sage-femme, les délais sont moins longs.

Aurélie Devilleger

Pour l’instant, le choix de consulter une sage-femme se fait parfois, selon elles, soit par défaut soit presque par hasard. « Au niveau de mon activité libérale, la non reconnaissance, je la perçois quand les femmes m’appellent (…), et qu’elles viennent de découvrir que la sage-femme peut aussi faire le suivi gynécologique parce que la secrétaire de leur gynécologue n’a plus de place pour les prendre », raconte Valérie Paris.

Le burn out de ces "oubliées" 

Alors que le pays traverse une crise sanitaire sans précédent, les sages-femmes ont le sentiment d’avoir été les oubliées du Ségur de la Santé. Comme en 2013, elles dénoncent le manque d’effectifs et demandent toujours à être reconnues comme personnel médical. Les sages-femmes demandent également une revalorisation de leur salaire et une meilleure indemnisation des heures de nuit. En juin dernier, une enquête réalisée par le Conseil national des sages-femmes dressait un bilan préoccupant. « Le nombre de sages-femmes françaises souffrant de syndrome d’épuisement émotionnel – burnout – est significatif puisque plus de 40% des cliniciennes salariées, 31% des cliniciennes libérales et 37,5% des enseignantes en sont victimes », peut-on lire dans ce rapport.

Appel à manifester partout en France

En novembre dernier, la maternité Aliénor-d’Aquitaine, au CHU de Bordeaux, avait été frappée par un mouvement de grève.

Quelques avancées avaient été obtenues, mais insuffisantes aux yeux de certains syndicats. Cette semaine, c’est à un mouvement national qu’ont appelé la CGT, et l’ONSSF. A Paris une manifestation est prévue devant le ministère de la Santé. En province, les grévistes sont invités à se rassembler à 14h devant leur Agence régionale de santé.

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