Violente altercation entre la CGT et le Président de la Région lors de la réouverture de la ligne Périgueux-Brive

Habituellement, l'inauguration d'une ligne SNCF restaurée fait consensus. Mais cette fois, la CGT a saisi l'occasion pour critiquer violemment Alain Rousset, Président de la Région Nouvelle Aquitaine. Coup de sang de l'élu qui a répondu pied à pied, avant de quitter les lieux

Un cheminot CGT profite de l'inauguration pour faire entendre les revendications et inquiétudes de la profession, face aux élus de Dordogne et d'un Alain Rousset agacé. / © P.Niccolaï
Un cheminot CGT profite de l'inauguration pour faire entendre les revendications et inquiétudes de la profession, face aux élus de Dordogne et d'un Alain Rousset agacé. / © P.Niccolaï © France 3 Périgords - Philippe Niccolaï

Cette cérémonie d'inauguration signait la fin de 6 mois de travaux intensifs sur la ligne Bordeaux-Périgueux-Brive. Un chantier interrompu un temps par le confinement. Pendant cette demi-année,  un train usine a opéré le renouvellement des  rails, traverses et ballast, en ayant recours à 150 personnes au plus fort des travaux.

Cette petite portion de 4,5 kilomètres de voies, aura tout de même coûté 6,8 millions d'euros financés à 63 %  par SNCF Réseau et 37 % par la région Nouvelle-Aquitaine.

Il s'agissait essentiellement de rénover la portion entre Brive-la-gaillarde et Saint-Pantaléon-de-Larche pour permettre au TER qui circulait auparavant à 40 km/h de passer à 110 km/h d'ici la fin de l'année. Le gain de temps sur le parcours sera de 10 minutes

Le TER Périgueux-Brive va donc pouvoir retrouver ses 12 trajets du lundi au jeudi et 15 le vendredi. 
 
Le TER Bordeaux-Brive qui bénéficie d'une rénovation peut désormais circuler à 110 km/h au lieu de 40
Le TER Bordeaux-Brive qui bénéficie d'une rénovation peut désormais circuler à 110 km/h au lieu de 40 © France 3 Périgords - Philippe Niccolaï

Alain Rousset très attendu

De quoi se réjouir, donc. Sauf que la journée ne s'est pas passée comme prévu. Les élus locaux, responsables SNCF et usagers s'étaient donné rendez-vous à la gare de Terrasson... où attendait également une délégation CGT de cheminots qui souhaitait interpeller le Président de la région Nouvelle-Aquitaine. Mais le train finira par partir sans Alain Rousset. Au dernier moment, il avait pris la voiture pour rejoindre les officiels à Brive. 

Qu'à cela ne tienne, les cheminots avaient également fait le déplacement... Entre conditions de travail, nécessité d'un rail écologique, démantèlement du Service Public au profit du privé, manque d'investissements, suppression de postes de contrôleurs et grogne des usagers, ils ont alors énuméré une longue liste de griefs devant Alain Rousset.

"Mascarade", "manque de courage politique", "incapacité", Alain Rousset va laisser passer le gros des accusations. Mais là où les choses ont dégénéré, c'est lorsque la CGT a dénoncé le manque de courage politique de la région en termes d'investissements ferroviaire.
"Non mais, vous rigolez Monsieur ! C'est des mensonges !" Réponse agacée du Président de la Région Nouvelle Aquitaine aux reproches de la CGT
"Non mais, vous rigolez Monsieur ! C'est des mensonges !" Réponse agacée du Président de la Région Nouvelle Aquitaine aux reproches de la CGT © France 3 Périgords - Philippe Niccolaï

Car si Alain Rousset reconnaît que le désengagement de l'État est très dommageable depuis trente ans, il rétorque que la Nouvelle-Aquitaine est la région française qui a le plus investi dans le ferroviaire jusqu'alors.

"Si, Monsieur, vous trafiquez la vérité !"


Et après les accusations, viennent les réponses, cinglantes d'Alain Rousset. Rappelant son investissement massif dans les lignes ferroviaires, il martèle que la Région va permettre d'augmenter de 25 % le trafic Brive-Périgueux, qu'elle s'investit dans des chantiers qui ne sont pourtant pas de sa compétence, et qu'elle vient de rénover la totalité du matériel.
Inauguration de la ligne Périgueux-Brive rénovée ©France 3 Périgords

Finissant par quitter les lieux très énervé, le Président partira en lançant un dernier " ah, bah je suis un peu sanguin, moi" devant un parterre médusé et des syndicalistes légèrement décontenancés par une réponse aussi directe. Il y a des fois où il vaut mieux que les choses soit dites en toute franchise.
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