Ecoliers et collégiens: questions sur un vrai retour de tous à l'école

"Obligatoirement", les écoliers et collégiens devaient prendre le chemin des classes ce lundi 22 juin. Chaque établissement, à Bordeaux comme Périgueux par exemple, doit conjuguer ses effectifs d'encadrement avec un nombre plus important d'élèves et des contraintes sanitaires allégées.

© B.Lasseguette

L'objectif réaffirmé par le ministre de l'Education nationale, Jean-Michel Blanquer, c'est le retour de 100% des écoliers et collégiens. Il rappelle la notion républicaine française : l'école est obligatoire, pour les filles et les garçons jusqu'à 16 ans (depuis la loi Jules Ferry du 28 mars 1882, l'instruction est obligatoire/ Depuis 1959 jusqu'à 16 ans révolus)... 

Dimanche dernier, le président Emmanuel Macron avait annoncé que la reprise se ferait lundi "de manière obligatoire et selon les règles de présence normale", à l'exception des lycées. Sur tout le territoire français, alors que la reprise avait été amorcée le 11 mai dernier, seul 1,8 million d'écoliers (selon les derniers chiffres du ministère sur un total de 6,7 millions) y sont retournés, mais rarement à temps complet. Au collège, ils étaient jusque là 600.000 sur 3,3 millions.

Du côté des professeurs, le ministre estime que 90% des enseignants seront dans leur classe.

Un retour motivé par la volonté de rattrapper les "décrocheurs" mais aussi facilité par un allègement des protocoles sanitaires.
Pourtant, pour raisons de santé ou organisation trop complexe pour les familles, certains ne reprendront pas ce 22 juin non plus. Dans un des lieux de reportages de nos équipes ce jour, le chiffre des "absents" avoisinne les 20%.

© BL

En Nouvelle Aquitaine

En cette quatrième rentrée finalement de cette exceptionnelle année scolaire, c'est aujourd'hui, d'après les chiffres du rectorat, 100% des écoles qui sont ouvertes et accueillent les élèves:

 

Retrouver un cadre à l'école

À Périgueux, dans cette classe de CE1 de l'école primaire Maurice Albe, la maîtresse est heureuse d'avoir retrouvé presque tous ses élèves (un ou deux absents sur une vingtaine). Fini les 4m² de rigueur: tous les enfants ont pu entrer dans la classe qui a tout de même dû être aménagée autrement, encore.

Comme ces enfants de 7-8 ans, l'enseignante a besoin de reprendre en douceur, avec la lecture d'une histoire au titre évocateur en ce jour de reprise: "Nous avons rendez-vous". L'histoire d'une famille qui se lève dans la nuit, on ne sait pour quel motif et qui découvre, émerveillée le lever (le retour ?) du soleil... tout un symbole!

Les enfants restent à distance même en classe où, comme dans la cour, le masque n'est pas obligatoire.
Les enfants restent à distance même en classe où, comme dans la cour, le masque n'est pas obligatoire. © BL

Ici, pas de masque obligatoire pour les enfants. Quant à la maîtresse, elle en porte dans la cour, mais peut l'enlever, une fois à son bureau et à distance des enfants de sa classe. Les portes restent ouvertes pour permettre l'aération, mais aussi pour éviter de toucher les poignées. Et les mains sont lavées avant de sortir en récré et au retour en classe. Une opération, ici facilitée par la présence, devant chaque classe, d'un évier.

Le masque est obligatoire pour tous au collège St Joseph de Périgueux.
Le masque est obligatoire pour tous au collège St Joseph de Périgueux. © B.L.

Masque obligatoire pour les plus de 11 ans

Au Collège St Joseph à Périgueux, le masque est obligatoire pour tous, adultes comme adolescents. Dans cet établissement qui accueille habituellement lycéens et collégiens, on a pu étaler les effectifs vers les salles du lycée (car les lycéens ne reprennent pas ). On a même préféré investir les salles de sciences qui, avec leurs paillasses, permettent de distancier les élèves plus facilement.
Ici, contrairement à d'autres collèges, la cantine reprend aussi aujourd'hui sans doute avec son lot de recommandations, tant pour la file d'attente, le nombre de service et sens de circulation.

Recréer le lien avec les collégiens décrocheurs

Au Collège Jacques Ellul à Bordeaux, dans le quartier populaire de la Benauge, 80% des adolescents ont repris le chemin mais 20% manquent à l'appel, soient 64 élèves. Mais pour le Principal, c'est un bon chiffre au mois de juin, par rapport à d'habitude.
Pourtant, il s'agit de rattraper ces élèves absents ou décrocheurs dont, pour certains, professeurs ou CPE, n'ont plus de nouvelle... Des appels téléphoniques sont adressés aux familles pour reprendre le lien.

Cette rentrée du 22 juin au collège J. Ellul à Bordeaux
Dans cette classe de troisième durant le cours de physique ce lundi, 7 élèves sur 21 manquent à l'appel.
Dans cette classe de troisième durant le cours de physique ce lundi, 7 élèves sur 21 manquent à l'appel. © JCLacoste

 

Quinze jours de point avant la rentrée de septembre

Désormais, selon un nouveau décret publié lundi qui décrit un nouvel assouplissement des protocoles sanitaires, il n'y aura plus de règles de distanciation physique en maternelle.
En élémentaire, une distance d'un mètre entre les élèves est simplement recommandée. C'est au collège que les règles sont plus strictes, sauf la règle des 4m² abolie et permettant le retour des classes presqu'entières. 
Malgré le caractère obligatoire de cette reprise, le ministère a laissé entendre qu'il n'y aurait pas de sanctions envers les familles récalcitrantes. "On est d'abord dans une posture de compréhension, d'aide et d'appui", a précisé Jean-Michel Blanquer.

L'absentéisme pourrait notamment être important parmi les collégiens, anticipe Philippe Vincent, secrétaire général du SNPDEN, premier syndicat des chefs d'établissement. "Les conseils de classe sont terminés, dans certains endroits les manuels ont été rendus", souligne-t-il.

"De nombreuses familles ne prendront pas le risque de renvoyer leurs enfants au collège" pour cette reprise qui pourrait, selon lui, ne pas être "massive". 

Des vacances apprenantes, c'est aussi le dispositif mis en place pour l'été. Pour les Collège Jacques Ellul de Bordeaux, c'est une version plus musclée en matières scolaires de leurs stages d'été. Car l'établissement fait déjà partie de ce qu'on appelle "les écoles ouvertes" accueillant des jeunes l'été pour leur proposer un programme éducatif et culturel. Il y aura donc une semaine en juillet et une autre en août.

La rectrice précise les conditions de cette rentrée particulière et la suite, vacances apprenantes et rentrée de septembre :

La rectrice de l’Académie de Bordeaux à propos de cette rentrée particulièer

Reste à espérer que les vacances d'été susciteront à nouveau l'envie des enfants de reprendre le chemin de l'école, d'apprendre. Ne serait-ce que pour retrouver un cadre social auprès de leurs camarades et professeurs.

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