Elections régionales : pas d'émergence de personnalités politique, selon Dominique Breillat

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Quelle sera l'influence des futurs conseillers régionaux du Poitou-Charentes dans la future assemblée régionale ? Que penser du vote FN dans notre région ? Qui sort renforcé ou affaibli de ce scrutin ? Les réponses de notre politologue Dominique Breillat.

Par Bernard Dussol

Est-ce que le nombre d'élus du Poitou-Charentes présents dans la future grande région est satisfaisant ?

- Théoriquement, l'effectif global des élus de la grande région était de 112 conseillers pour l'Aquitaine, 30 pour le Limousin et 65 pour le Poitou-Charentes. En réalité, en raison du mode de scrutin, les représentants du Poitou-Charentes seront un peu moins. Nous perdons 1 élu pour les Deux-Sèvres, 2 dans la Vienne et le nombre reste stable pour les deux Charentes. Cela veut dire que nous serons un peu moins bien représentés que prévu.
 

Comme ailleurs en France, le Front National n'a pas décollé sur le deuxième tour : une explication ?

- On sait que le premier tour a souvent valeur d'avertissement et qu'au second, on revient dans les normes de vote habituelles. C'est le cas à Poitiers, par exemple. Pour le FN, je remarque que même si on constate une diminution en pourcentage du nombre de suffrages exprimés, le nombre de voix recueillies augmente au 2e tour. Mais en même temps le FN ne bénéficie pas de suffisamment d'électeurs supplémentaires entre les 2 tours pour pouvoir prétendre gagner une élection.

Est-ce que les bons résultats de la gauche dans les villes de Niort, Angoulême ou Rochefort fragilisent leurs maires de droite ?

Pas forcément. A Parthenay aussi, le maire Xavier Argenton (UDI) a dû constater que le vote socialiste battait la liste de droite dans sa ville. Pour autant ça ne limite pas sa marge de manoeuvre dans le cadre d'une politique municipale. S'ils étaient eux-mêmes candidats aux élections régionales, comme Hervé Blanché à Rochefort, on peut penser que la candidature de ces maires a pu "irriter" un électorat réticent au cumul des mandats.

Est-ce que des personnalités politiques ont émergé à l'occasion de ce scrutin en Poitou-Charentes ?

- Franchement, non, à l'exception peut-être de Nathalie Lanzi, la tête de liste PS et qui a obtenu 42,50 % des suffrages exprimés dans le département des Deux-Sèvres. Elle a fait une campagne intelligente en étant désignée par tous les courants du PS dans les Deux-Sèvres, ce qui est déjà étonnant. Elle obtient un très bon résultat mais il faut se souvenir qu'elle n'avait échoué que de 28 voix aux dernières élections sénatoriales. C'est sans doute la personnalité politique qui est en train d'émerger à Niort.

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