En Limousin, la deuxième vague de froid fragilise un peu plus les vergers et vignobles

Alors que les producteurs français subissent les conséquences de l'épisode de gel de la semaine dernière, ils se préparent à une nouvelle vague de froid dans les prochains jours. Si certains ont pris leurs précautions, d'autres n'ont plus les moyens de faire face, faute de matériel.

Alors que leurs récoltes ont en été pour certains dévastées par le gel la semaine dernière, les producteurs de fruits s'apprêtent à affronter une nouvelle vague de froid prévue cette semaine partout en France.

Bruno Soulingeas, producteur de pêches à Voutezac, en Corrèze, estime ses pertes à environ 80 % de sa production totale. Il attend cette seconde vague de froid avec beaucoup d'appréhension, "ça va finir d'emporter le peu qu'il nous reste, nous espérons que les températures annoncées soient moins froides que prévu".

Entre -1 et -3°C, sont annoncés dans les prochains jours. Mais après avoir durement lutté contre le gel des dernières semaines, les moyens matériels commencent à manquer, "nous avons brûlé beaucoup de foin pour les pommes il y a quelques jours, à force, on n'en trouve plus, il n'y en a plus et ceux qui avaient des bougies, les ont déjà presque toutes utilisées". Bruno Soulingeas se dit "coincé" par les contraintes météorologiques.

Lui et ses confrères, comptent sur une aide de l'État pour pallier le manque de recettes cette année, "nous espérons que la calamité agricole va être demandée, ça pourrait nous donner une petite aide, ça ne sera pas grand chose mais ce sera au moins ça."

Un manque de matériel

La reconnaissance de calamité agricole n'est pas la seule revendication des producteurs.

Jean-Luc Soury, pomiculteur à Saint-Yrieix et directeur de la coopérative Limdor en Haute-Vienne, déplore un manque d'équipement pour les producteurs, "pour protéger un hectare de pommiers, nous avons besoin de 2000 m3 d'eau pour traverser 4 ou 5 nuits de froid, mais pour nous permettre de les avoir, il faut que les élus autorisent la création de bassins de retenue d'eau. Nous avons besoin d'eau."

Nous avons peur ce soir, nous avons peur jusqu'à la fin de la semaine.

Jean-Luc Soury, pomiculteur et directeur de la coopérative Limdor (87)

Les gelées blanches de cette semaine, moins violentes, n'arrangent en rien la situation, "quand une cellule végétale prend une secousse, ensuite, elle veut être tranquille, alimentée en eau et en nourriture. Là, ça fait bis repetita. Nous avons peur ce soir, nous avons peur jusqu'à la fin de la semaine. Il y a des régions en France qui vont être beaucoup plus touchées que nous...".

En attendant, Jean-Luc Soury tente de convaincre ses producteurs d'investir dans des dispositifs anti-gel : des tours à vent (grandes hélices qui aspirent l’air des couches supérieures pour l’envoyer au sol) ou des installations d'aspersion d'eau, "tout cela a un coût, j'essaie de les convaincre, mais la meilleure solution reste que le gouvernement nous autorise la création de retenues d'eau".

Mise en place de techniques pour protéger les cultures

Jean Mage, producteur de vin de paille à Brivezac (19), déplore 50% de perte sur son vignoble. Déjà bien impacté, il est surpris de voir ses cépages épargnés cette semaine, "ces dernières nuits, je me suis dit que je n'allais pas me lever, que le mal était déjà fait et en fin de compte, ça ne s'est pas passé. En revanche, pour ceux qui s'étaient sauvés la semaine dernière, une bonne partie a gelé".

Alors que cette période de froid dure depuis près de huit jours, Jean Mage réfléchit à des alternatives pour protéger ses récoltes, "je pense à l'irrigation ou à la mise en place de tours à vent, mais dans l'immédiat, j'envisage d'investir dans un système d'aspersion d'eau".

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