Les espaces de co-working et les tiers-lieux du Limousin affaiblis par le reconfinement

Déjà en difficulté lors du premier confinement, les tiers-lieux et les espaces de coworking ont eu du mal à surmonter le mois de novembre et le reconfinement. Notamment dans le Limousin, où différentes salles ont notamment pointé du doigt le statut "hybride" de leur espace.
Illustration. Lors de ce reconfinement, des espaces de co-working du Limousin n'ont pas pu recevoir leurs clients habituels.
Illustration. Lors de ce reconfinement, des espaces de co-working du Limousin n'ont pas pu recevoir leurs clients habituels. © StartupStockPhotos/Pixabay
"Ce reconfinement, j'ai l'impression de l'avoir davantage subi que le premier", estime Adrien Boisdevesy, gérant du Phare. Pendant le mois de novembre, l'espace de coworking situé boulevard Gambetta a fermé ses portes sauf pour ses "résidents", des habitués qui ont besoin de la salle pour continuer leur activité.

"Nous avons assuré un service minimum avec des réservations obligatoires. Mais, nous n'avons pas pu accueillir le grand public comme à l'accoutumée. Nous n'étions pas considérés comme un commerce essentiel", regrette-t-il avant de poursuivre :

​​​​​​Mais des personnes, des travailleurs dépendent de notre salle. Nous n'avons jamais trop su où nous situer, ce que l'on pouvait faire. Alors que, pendant le premier confinement, les choses étaient claires.

Adrien Boisdevesy


Toujours est-il que la fréquentation du Phare a nettement baissé lors de ce dernier mois. Seuls 3, voire 4, personnes étaient présentes dans les locaux par jour. "Financièrement, cela a été difficile. Nous avons enregistré une perte sèche de 18 000 euros rien que sur le mois de novembre."
 
Lors du premier confinement, l'espace de co-working limougeaud La Giraffe avait dû mettre la clé sous la porte. "Ma formule, avec à la base des abonnements très simples et très souples, débutant à bas prix, ne m'a pas permis de faire vivre ce lieu", avait alors expliqué le gérant, Didier Pouget. 

"Loin de nos objectifs"

Toujours à Limoges, Adrien Boisdevesy n'est pas le seul à avoir perdu une part importante de ses clients. "La trésorerie en a pris un coup", lâche volontiers Matthieu Tanty, de l'espace de co-working, Le Cantou. Ici, la situation est identique : seuls quelques résidents ont eu accès aux locaux. Mais tout ce qui touche au fonds de commerce, à savoir l'accueil du grand public, les animations collectives ou encore les salles de réunion était fermé.
 
Matthieu Tanty, comme Adrien Boisdevesy du Phare, n'a pas pu profiter des aides de l'Etat :

Il fallait avoir des pertes fortes par rapport à son chiffre d'affaires de l'année dernière. Ce qui n'a pas été notre cas parce que nous sommes toujours une entreprise en développement. L'année dernière, nous étions tout juste en train de nous faire connaître. Notre perte n'était pas assez forte, on ne rentrait pas dans les critères.

Matthieu Tanty, gérant du Cantou

Depuis le 28 novembre dernier, les espaces de co-working ont pu rouvrir leurs portes. Du moins les entrouvrir. Les consignes sont strictes : même si ces lieux sont des espaces de travail, ils doivent respecter une jauge d'une personne tous les 8 mètres carrés, comme dans les autres commerces "non-essentiels".

"On ressent l'ouverture, les nouvelles mesures. Mais nous sommes encore loin de nos objectifs", confie Matthieu Tanty.

Les tiers-lieux sont restés ouverts

D'autres espaces de travail partagé sont restés ouverts pendant le reconfinement. A l'instar des tiers-lieux comme la Quincaillerie, située à Guéret.

Après consultation avec la préfecture, le lieu porté par l'agglomération du Grand Guéret est resté ouvert pour les professionnels : "C'était des télétravailleurs, comme des indépendants. Nous demandions juste une réservation au préalable", explique Baptiste Ridoux, coordinateur de l'espace.
 
"Cela s'est bien passé pour nous. Mais, nous sommes avant tout un lieu de vie et nous avons perdu cet aspect-là. On ne peut pas faire d'animation collective, qui est un point fort de notre espace. Et nous ne savons pas quand nous pourrons en refaire", poursuit-il.

Baptiste Ridoux n'a pas subi le couperet financier. Son espace est subventionné par les services publics. Ses missions sont assimilées à des actions de service public.

"On attend le 15 décembre"

Les Bains Douches de Tulle ont été dans la même situation. Ils ont pu ouvrir pendant le mois de novembre. Une partie des activités de ce tiers-lieu consiste à accompagner le public dans des démarches administratives, donner des formations numériques ou encore mettre à disposition des outils numériques.
 
"En terme de fréquentation, nous avons reçu 60 % de ce que nous avons l'habitude de recevoir, hors Covid-19", précise Maxime Hourtoule, animateur aux Bains Douches. Les trois salariés de l'espace corrézien attendent le 15 décembre et la levée d'autres restrictions.

"Nous attendons mi-décembre. Tant que toutes les mesures du déconfinement ne seront pas levées, cela sera contraignant pour nous. On ne pourra pas recevoir de groupes." Comme pour les autres espaces de travail partagé, il faudra prendre son mal en patience.
 
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