Bassin d'Arcachon : vers une réhabilitation des friches ostréicoles

Poches, tables en ferraille, autant de déchets ostréicoles cachés au fond de l'eau mais bien visibles à marée basse et qui portent atteinte à l'environnement et à l'activité ostréicole. Un plan de nettoyage sur 15 ans a été lancé l'année dernière. Aux Jacquets, les résultats sont déjà visibles.
Les opérations de réhabilitation sont situées entre l'île aux oiseaux et Les Jacquets.
Les opérations de réhabilitation sont situées entre l'île aux oiseaux et Les Jacquets. © drone Midiprod - SIBA

   Tout est parti d'une alerte lancée en 2016 par le Comité Régional Conchylicole au préfet et aux élus. En cause : l'état du Domaine Public Maritime. Un essai a été réalisé en 2018 sur 6 hectares situés aux Jacquets, plus précisément entre l'estey des Jacquets et le chenal d'Arès. Différentes techniques ont été testées.

   En 2019 l'opération a été poursuivie et les moyens ont été mutualisés entre le Comité Régional Conchylicole, le Syndicat Intercommunal de Bassin d'Arcachon, et le conseil départemental de la Charente-Maritime. En janvier et février 21 hectares supplémentaires ont ainsi été nettoyés aux Jacquets. Les travaux ont été réalisés sur dix marées.

   Au total cet hiver aux Jacquets près de 30 tonnes de déchets qui ont été ramassées : des poches remplies d'huîtres seules (2 tonnes), et de la ferraille (plus de 26 tonnes).  Ce sont des vestiges de l'activité ostréicole entassés au fond du bassin depuis plus de dix ans. Ces friches ostréicoles s'étendent sur plus de 1000 hectares sur le bassin d'Arcachon. On comprend bien alors que ce nettoyage ne va pas se faire rapidement. Le plan de réhabilitation est donc étalé sur 15 ans.

A l'issue de cette période 75% des friches devraient être nettoyées puis pour certaines parcelles réhabilitées. Ces opérations se font en trois temps. D'abord on enlève les déchets. Puis la vasière est nivelée pour permettre une réimplantation des parcs ostréicoles sur une partie de la zone. Enfin deux techniques seront testées pour "limiter le captage sur la zone".

Protocole de suivi des travaux

Selon les différents protagonistes, un protocole strict de suivi des travaux a été mis en place. L'évolution de la macrofaune benthique sera suivi durant les travaux. L'Ifremer réalisera une "étude spécifique sur les zones d'herbiers susceptibles d'être impactées".
La qualité des eaux sera elle aussi étudiée grace à deux sondes de turbidité.
Enfin, l'évolution topographique de la zone sera surveillée à travers un état des lieux réalisé avant, pendant, et après les travaux.

Voyez le reportage de Maria Laforcade et Pascal Simon dans lequel interviennent Aurélie Lecanu (directrice du pôle maritime et cours d'eau au Syndicat intercommunal du bassin d'Arcachon), François Deluga (vice-président du Syndicat intercommunal du Bassin d'Arcachon). Certaines images sont signées Midiprod - SIBA
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