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“L'envie” n'est plus là : Alain Juppé fait ses adieux aux Bordelais

Alain Juppé très ému lors de ses adieux aux Bordelais car " l'envie me quitte " a-t-il expliqué / © Cendrine Albo
Alain Juppé très ému lors de ses adieux aux Bordelais car " l'envie me quitte " a-t-il expliqué / © Cendrine Albo

En six minutes, Alain Juppé a expliqué la fin de son histoire avec Bordeaux et la vie politique. Très ému, la gorge nouée, il a expliqué sa crainte du mandat de trop et la tournure actuelle de la vie publique et politique. Il avoue " L'envie me quitte ". 

Par Christine Le Hesran et Sandrine Papin

Séquence émotion, Alain Juppé a fendu l’armure... En six minutes intenses, où il n' a pas pu cacher son émotion, le maire de Bordeaux a expliqué ce "crève coeur" : quitter sa ville. " Je vais essayer de garder mon sang froid "
Deux raisons l'ont conduit à accepter de partir en cours de mandat, après presque un quart de siècle passé à ses commandes : 

La volonté qui m'anime depuis longtemps de ne pas faire le mandat de trop (.. ) Je sens le besoin de renouvellement qui monte ici et là. 

Alain Juppé ne donne pas l'impression d'avoir pris cette décision de gaieté de coeur. Sa gorge est nouée, des sanglots étouffés, quand il semble presque regretter : 

J'ai ou j'avais.. ( silence )  tant de projets en tête. 
 

Et pourtant, c'est un arrachement, il n'a pas pris sa décision de gaieté de coeur. Alain Juppé évoque un vieux couple entre lui, sa ville et son peuple. A ce moment, là, Alain Juppé a beaucoup de mal à poursuivre, il demande de l'aide ! 
 

C'est un arrachement de me séparer de qui j'ai tant aimé, à qui j'ai tant donné, et qui m'a tant donné... Allez aidez moi

L'envie n'est plus là


Plus surprenante de la part d'un homme politique, et c'est la deuxième raison. " La vie politique est un combat. Je l'ai fait pendant plus de 40 ans."

L'envie me quitte tant le contexte change.

C'est donc l'atmosphère ambiante dans le pays, et notamment dans sa ville Bordeaux, qui a été un élément déclencheur. Le mouvement des Gilets Jaunes a mis en lumière un rejet des élites par une partie de la population et Alain Juppé semble en être marqué. Bordeaux est devenu samedi après samedi une sorte d’épicentre depuis le début du mouvement de contestation. 

" L'esprit public est devenu délétère, la montée de la violence sous toutes ses formes, verbale et physique, de discrédit des hommes et femmes politiques réputés tous pourris, la stigmatisation des élites dont le pays a tant besoin. " Alain Juppé rejette ce climat général " infecté par les mensonges et les haines que véhiculent les réseaux sociaux. "

Alain Juppé quitte la politique pour servir le pays autrement, " dans un environnement de travail plus serein, le Conseil constitutionnel m'en donne la chance "

Démission début mars


Le calendrier va s'accélérer dans les jours qui viennent pour une entrée en fonction début mars. Et donc : 

Je démisisonnerai début mars.

Alain Juppé dit avoir pris sa décision en 24 heures lorsque la proposition de rejoindre le Conseil constitutionnel lui a été faite. 

Alain Juppé n'a pas voulu désigner publiquement le successeur qu'il imagine, que ce soit à la tête de la ville ou de la métropole. 

Il a fini ses six minutes d'adieux au Bordelais avec cette formule :

Bordeaux la Belle, je te souhaite bon vent !

Hasard du calendrier, aujourd’hui, jour de la Saint-Valentin, Alain Juppé se prépare à quitter la ville qui l’a élu le 18 juin 1995. L’auteur du «  Dictionnaire amoureux de Bordeaux » promet tout de même d’y revenir.


► Voici l'intégralité de la conférence de presse d'Alain Juppé où il a expliqué les raisons de sa démission :
 

 

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