A Bordeaux, le courant national des Juppéistes apporte son soutien à Nicolas Florian

Alain Juppé lors de l'hommage à Jacques Chirac à l'Assemblée nationale le 1/10/2019. / © STEPHANE DE SAKUTIN / AFP
Alain Juppé lors de l'hommage à Jacques Chirac à l'Assemblée nationale le 1/10/2019. / © STEPHANE DE SAKUTIN / AFP

Comment continuer sans Alain Juppé, officiellement en retrait de la politique? Le courant national des Juppéistes organisait  les "Vendanges" à Bordeaux. C'était la troisième édition. La première sans leur chef naturel.  
 

Par Hélène Chauwin avec l'AFP

Rassembler autour d'un socle commun, "faire vivre les idées qui lient les "amis d'Alain Juppé", au-delà des trajectoires et des choix personnels."
Le communiqué de presse rappelle l'objectif de cette réunion annuelle qui s'est  tenue pendant deux jours à Bordeaux. Une nouveauté fera pourtant de cette cuvée un millésime à partAlain Juppé ne pouvait officiellement y participer. Depuis qu'il siège au Conseil constitutionnel, l'ancien Premier ministre est tenu à un devoir de réserve en vertu du décret du 13 novembre 1959 qui "interdit [à tout membre] notamment d'occuper pendant la durée des fonctions tout poste de responsabilité ou de direction au sein d'un parti ou groupement politique".

Nul doute que l'ancien maire de Bordeaux n'était pas bien loin. En témoigne cette "photo de famille " postée par Maël de Calan, conseiller départemental du Finistère. 
 


Mais quel sens donner à ces "vendanges", héritage d'Alain Juppé jusque dans le nom de cette réunion et le lieu , Bordeaux, où elle se tient ? 
 
Quelle place occupée entre la droite traditionnelle et le courant macroniste? Et qui pour l'incarner à quelques mois des municipales. Une trentaine de "amis d'Alain Juppé" ont participé à cette édition. 
 

Des amis de Juppé qui ont fait bloc autour de son héritier à Bordeaux. 



L'ex-ministre de droite Dominique Bussereau, a critiqué les "mauvaises manières" de LREM qui a investi un candidat aux municipales face à Nicolas Florian, héritier de l'ancien édile de Bordeaux.

A titre personnel, je considère quelque part qu'on lui fait de très mauvaises manières, et en lui marquant aujourd'hui notre soutien, nous lui faisons de bonnes manières...Je crois qu'il y a une mauvaise décision qui a été prise

Le président de l'Assemblée des départements de France (ADF)  et ancien ministre de 2002 à 2010 s'est exprimé à l'issue d'une conférence de presse au côté de Nicolas Florian, à distance de LR et allié au MoDem, de l'eurodéputée Fabienne Keller (Agir), de Geneviève Darrieussecq, secrétaire d'État auprès de la ministre des Armées et de l'ex-Premier ministre Jean-Pierre Raffarin.
    
    Ces "Vendanges" se tenaient  dans un contexte singulier, après la décision d'investir le "marcheur" Thomas Cazenave pour affronter le successeur d'Alain Juppé sur ses anciennes terres. Interrogés sur cette épineuse situation, les participants ont affiché leur "fidélité" à Nicolas Florian, et renouvelé, selon Jean-Pierre Raffarin, "une confiance affirmée et revendiquée" à son égard.
    
Membre du gouvernement d'Emmanuel Macron, Geneviève Darrieussecq a pour sa part indiqué être "aussi venue lui apporter un témoignage d'amitié et de soutien".
    "On ne change pas d'amitié par saison", a insisté M. Raffarin, tout en se défendant de la moindre "malice" visant La République en Marche. "On est très intéressés par le président de la République, quand il y a un sujet difficile comme celui des retraites et qu'il va en discuter avec les Français à Rodez", a glissé Jean-Pierre Raffarin, en guise de bon point.

    Au cours de ces Vendanges, le club des amis d'Alain Juppé a notamment débattu de la nouvelle gouvernance européenne et de la décentralisation. Sur ce dernier point, certains amis juppéistes comme Dominique Bussereau se sont dit en revanche "déçus" après le discours du premier ministre Edouard Philippe mardi au congrès des régions.


 

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