Bègles : terrain squatté par des Bulgares, quel avenir pour le projet de centre commercial ?

© Gilles Coulon
© Gilles Coulon

Depuis quatre ans des familles bulgares occupent un terrain devenu bidonville insalubre. Le propriétaire du terrain sollicite la préfecture pour que son projet de zone commerciale puisse voir le jour.

Par C.O


​​​​Tous s'accordent à dénoncer l'insalubrité dans laquelle vivent ces familles que ce soit la mairie de Bègles ou porteur du projet de zone commerciale. De nombreux enfants vivent ici avec leurs parents, sur ce terrain vague situé rue Denis Papin aux Rives d'Arcins. 

"On perd énormément d'argent, mais ce n'est pas ce que je veux mettre en avant, explique Gerardo Pariente,
président du groupe CTI. "Je veux mettre en avant le fait sanitaire du site. Je suis responsable de ce qui pourrait se passer. C'est à dire que si un gamin demain inhalait de l'amiante et qu'il y avait un problème de santé pour les occupants du site, c'est notre responsabilité. Donc c'est ce qui nous inquiète aujourd'hui".


Ce terrain de 28 000 m2 a été acheté en 2014 par le groupe Chambéry Transactions Investissement. Il doit accueillir une quinzaine d'enseignes et générer selon son propriétaire plus de 400 emplois. Le retard du chantier aurait déjà couté près de 3 millions d'euros. Le propriétaire des lieux sollicite la préfecture pour que les décisions de justice, en l'occurrence quatre ordonnances d'expulsion, soient appliquées.

"L'explication je l'ai demandée au ministère de l'intérieur dans le courant de l'année 2017 pour dénoncer cette situation inextricable de décisions de justice qui n'étaient pas mises en application par la préfecture. Le ministère de l'Intérieur m'a indiqué se rapprocher du préfet pour avoir une réponse que j'attends toujours", explique Henri-Michel Gata, avocat du groupe CTI.


Clément Rossignol Puech, maire de Bègles, appelle lui "à une mobilisation de tous les services, en particulier de l'Etat, pour trouver des solutions durables de mise à l'abri des personnes avant toute opération d'évacuation du site".

« La Ville Bègles a multiplié les efforts et les démarches auprès de ses partenaires associatifs, services de l’Etat et collectivités locales afin d’activer le plus de solutions d’hébergement ou de relogement possibles", précise Clément Rossignol Puech. "L’enjeu est celui de la dignité des personnes, de la protection des mineurs et des familles. Les solutions doivent faire l’objet d’un dialogue constructif et d’un débat serein au-delà de toute tentative de récupération politique.» 


L'élu met en avant une situation qui "évolue positivement à Bègles" et "qui a connu une diminution du nombre de squats" passant, selon lui, d'1/3 des squats de la métropole sur sa commune à moins de 15% aujourd'hui. La mairie met en avant une politique de soutien aux personnes vivant dans des squats pour améliorer leurs conditions de vie en leur donnant accès à l'eau tout en les protégeant en parallèle de risques électriques sur les sites occupés. Soulager un quotidien mais aussi réfléchir l'insertion sociale de ces populations pour qu'elles aient accès à un emploi et à un logement digne.
 
© Gilles Coulon
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Voyez le reportage de Gilles Coulon et Nocolas Pressigout dans lequel interviennent  Gerardo Pariente(président du groupe CTI), et Henri-Michel Gata (avocat du groupe CTI) :
Bègles : terrain squatté par des bulgares, quel avenir pour le projet de centre commercial ?

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