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Bordeaux : expulsés des squats de la métropole, ils occupent les locaux de la Bourse du Travail

Plusieurs dizaines de personnes occupent les lieux et demandent un hébergement d'urgence / © DR
Plusieurs dizaines de personnes occupent les lieux et demandent un hébergement d'urgence / © DR

Dénonçant une situation humanitaire critique après l'évacuation de plusieurs quats sur la métropole, les associations Ovale Citoyen, Médecins du Monde et Attac occupent depuis ce lundi matin les locaux de la Bourse du Travail à Bordeaux.

 

Par Maïté Koda

"On n'est pas là pour faire de la politique, on est dans une démarche humanitaire", prévient d'emblée Jean-François Puech. Le président de l'association Ovale Citoyen, occupe depuis ce lundi matin les locaux de la Bourse du Travail.

A ses côtés, des représentants de Medecins du Monde, d'Attac, et des migrants expulsés des squats de la métropole pendant l'été. Tous demande une solution d'hébergement d'urgence pour les dizaines de sans abri expulsés ces derniers jours.



Expulsions estivales

Le 11 juillet, une centaine de personnes, dont des familles avec enfants, a été expulsée de la Zone du Dehors à Saint-Médard en Jalles.
Le 9 juillet, c'est une soixantaine de personnes qui a été évacuée d'un squat du quartier Saint Michel à Bordeaux.

Comme souvent en période estivale, les expulsions se multiplient à Bordeaux comme dans de nombreuses villes de l'Hexagone. Seulement, déplorent les associations, aucune solution pérenne n'est apportée à ces personnes qui pour beaucoup, se retrouvent à la rue.
 

Il s'agit de demandeurs d'asile, ils ont des droits, et ils dorment dehors.


"Qu'on ferme des squats, très bien, estime Jean-François Puech, certains sont dans un tel état qu'ils méritent d'être fermés. Mais derrière, qu'est-il prévu pour mettre ces personnes en sécurité?

Le président d'Ovale citoyen l'assure, les personnes concernées ont des droits; "On ne parle pas de  personnes sous le coup d'une Obligation de quitter le territoire français (OQTF). Il s'agit de demandeurs d'asile, ils ont des droits, et ils dorment dehors."

 



"Drame sanitaire"

Sans eau, par temps très chaud - une trentaine de degrés en moyenne - la situation est critique déplore Jean-François Puech, qui parle de "drames sanitaires". "On a des cas de gale, d'infections, des furoncles,  on a des personnes diabétiques…"



Un gymnase, avec un accès à l'eau

Les associations demandent une intervention d'urgence. "Il faut qu'on ait au moins gymnase, avec un accès à l'eau" poursuit le militant associatif. Ovale citoyen et Médecins du Monde, joignables via leurs pages Facebook, relaient régulièrement des appels aux dons pour des packs d'eau, des produits d'hygiène, des antiseptiques ou encore des sous-vêtements

 
 

Quelques soutiens


Ce lundi matin, le député Loïc Prudhomme était également sur place. Un message de la CGT, locataire des lieux, en soutien à l'occupation a été relayé par Philippe Poutou sur les réseaux sociaux.


De son côté, selon les associations, la préfecture a proposé un diagnostic social pour les demandeurs d'asile. Une démarche approuvée par les associations, qui néanmoins  s'inquiètent. "On ne nous a pas donné de délai. Le 115 est déjà débordé.  D'ici là, qu'est ce qu'on fait?"
 

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