Union Bordeaux Bègles : des alternatives à l'étude après le refus du "naming" du stade Chaban-Delmas

Le président de l’UBB, avait besoin de ce "naming" pour renflouer les caisses de son club. Il n’est pas parvenu à trouver un accord avec le maire de Bordeaux. Laurent Marti annonce que « La Bourse de l’Immobilier » aurait du coup été contactée pour le naming d’un autre stade.

« Je ne souhaite plus m’exprimer sur le sujet, mais je vous donne juste une information », nous annonce ce mercredi 1er septembre Laurent Marti, le président de l’UBB.
 

Benjamin Salah (Bourse de l’Immobilier) a été contacté hier, dès l’annonce du rejet du naming, par une autre grande ville afin de lui proposer le naming d’un stade municipal abritant une équipe de Top 14 !

Laurent Marti - président de l'Union Bordeaux Bègles -


« Le stade en question est exploité directement et exclusivement par le club concerné, c’est toute la différence », répond Mathieu Hazouard, adjoint au maire de Bordeaux en charge des sports, qui rappelle que le stade Chaban-Delmas est en exploitation directe par la Ville.  

Le projet était sur la table depuis des mois. La mairie de Bordeaux a beau annoncer qu’elle souhaite « poursuivre les échanges dans l’intérêt du club », il semble bien que le torchon brûle entre Pierre Hurmic et Laurent Marti, le président de l’UBB. Différents arguments sont mis en avant par les protagonistes pour expliquer cet échec : manque de soutien politique à la mairie, nécessité de passer par un appel d’offres, questions légales. Ce sujet d’ordre financier et sportif est clairement devenu politique. Pour la mairie de Bordeaux, des solutions alternatives existent depuis le début et la discussion reste ouverte.

►Crise financière à l’UBB : le stade Chaban-Delmas va-t-il changer de nom ?

Le naming juridiquement impossible ?

C’est ce qu’affirme la mairie de Bordeaux. « Aujourd’hui, les modalités juridiques ne nous le permettent pas. Car la gestion du stade telle qu’elle est actuellement, c’est-à-dire en exploitation directe par la ville, ne nous le permet pas », explique Mathieu Hazouard.
L’argent tiré du naming serait directement parti dans les caisses de la Ville.  « Les redistributions au club, les reversements de ces subventions sont encadrées », précise donc l’adjoint au maire. « Par ailleurs, le naming doit être la résultante d’une procédure de marchés publics liés à des modalités, c’est-à-dire des appels d’offres. Et il n’y aurait aucune garantie pour Human (La Bourse de l’Immobilier, ndlr) de le remporter ».

Divergences politiques ?

A nos confrères de Sud Ouest, Laurent Marti affirme que le maire de Bordeaux « a avancé trois raisons ». « La première », dit-il « c’est qu’il ne serait pas voté favorablement en conseil municipal ». " Je lui ai dit que Thomas Cazenave (LREM) avait déclaré publiquement que son camp voterait pour, que Nicolas Florian (Les Républicains) m’avait informé qu’il voterait pour, que Guillaume Chaban-Delmas était ouvert au débat."

J’en conclus que c’est la majorité qui n’aurait pas voté pour. Ce n’est pas neutre. C’est lourd de responsabilité.

Laurent Marti

La mairie, de son coté, avance d'autres pions. "Si vous voulez,  je peux vous procurer les deux interventions de Nicolas Florian en conseil municipal (par la voix de Fabien Robert et de Guilaume Chaban-Delmas) : il avait affirmé son opposition totale au projet », réplique Mathieu Hazouard.
Contacté, Nicolas Florian affirme qu’il aurait voté pour. Il dit ne pas savoir si tous les membres de son groupe « auraient voté pour mais une majorité oui ». « Guillaume Chaban-Delmas, lui, était contre », conclut l’élu aujourd’hui dans l’opposition.

Quelles alternatives ?

Au-delà des divergences politiques au sein même du conseil municipal, le projet de naming voulu par Laurent Marti semble au point mort. Et la mairie affirme qu’elle n’a pas changé de position depuis le début des discussions engagées avec le club.

Pierre Hurmic a toujours dit que le principe du naming lui causait problème. Mais il est totalement prêt à voir avec le club quelles sont les possibilités et comment faire évoluer les modalités du naming.

Mathieu Hazouard

Pami les alternatives étudiées, le montant des subventions que verse la Ville au club. « Actuellement, elles sont de 500 000 euros par an », détaille Mathieu Hazouard.
En France,  la somme que peut recevoir un club sportif de la part des collectivités territoriales est encadrée, limitée. 
« L’article R 113-1 du code du sport prévoit que le montant maximum des subventions versées par l’ensemble des collectivités territoriales et leurs groupements ne peut excéder 2,3M€ par saison sportive », précise le ministère des Sports. A Bordeaux, on est donc loin de ces montants.

Je ne connais pas beaucoup de collectivités qui sont au taquet des 2,3 millions d’euros de subventions.

Mathieu Hazouard - adjoint aux sports de la mairie de Bordeaux -

Pour autant, il concède que « juridiquement il est possible d’augmenter cette subvention ». Cette hypothèse fait-elle partie des alternatives proposées par la Ville de Bordeaux à l'UBB ? « Nous attendons », explique l’adjoint au maire, « nous vous présenterons nos alternatives ».

« Je suis de ceux qui pensent qu’il faut travailler jusqu’au bout avant de mettre tout sur la place publique et communiquer par presse interposée", poursuit l'élu.
"Nos propositions tournent autour de la visibilté des partenaires dans le stade. Nous sommes sur un sujet qui semble sensible ou, en tous cas, qui cristallise un certain nombre de choses. Les relations entre la Ville et le club ne se sont jamais arrêtées". Mathieu Hazouard et Laurent Marti se sont parlés au téléphone ce matin. « Moi, je sens qu’on a des gens qui se parlent et qui sont dans le même objectif », conclut l’adjoint aux sports.

Poursuivre votre lecture sur ces sujets
union bordeaux-bègles rugby sport économie politique société