Bordeaux profite du passage à l’heure d’été pour appuyer plus tôt sur l’interrupteur

A Bordeaux, les monuments seront éclairés moins longtemps. La municipalité écologiste veut aussi inciter les commerçants à éteindre les lumières des vitrines plus tôt

La ville entend profiter du passage à l’heure d’été ce samedi 27 mars et du "Earth Hour", événement mondial, lancé par la WWF il y a une quinzaine d'années, pour lequel les citoyens sont invités à éteindre symboliquement leurs lumières à 20h30 pendant une heure, afin de réduire la consommation d'énergie à travers le monde au même moment. Ce jour-là, une dizaine de bâtiments comme la porte de Bourgogne ou la place de la Bourse participeront à ce rendez- vous. 

Favoriser un usage rationnel de la lumière en ville

Une action symbolique qui accompagne un dispositif plus large pour favoriser un usage rationnel de la lumière en ville. Depuis la mi-mars, les 120 monuments municipaux, comme les fontaines, les façades et les lieux remarquables sont éclairés moins longtemps.

 Je ne serai pas un empêcheur d’éclairer

Laurent Guillemin, adjoint mairie de Bordeaux

Les sites, qui jusqu’à présent étaient éteints à minuit en hiver et à 1 heure en été, sont désormais allumés en même temps que l’éclairage municipal et fermés à partir de 22 heures en hiver et 23 heures en été.

Laurent Guillemin, est adjoint au maire, chargé de la sobriété dans la gestion des ressources naturelles. L’élu fait une distinction entre les sites municipaux et les sites touristiques Pour le moment, avec la crise sanitaire, la politique est la même pour tous, mais elle pourrait évoluer en fonction de la situation.

" Je ne serai pas un empêcheur d’éclairer. Aujourd’hui il n’y a pas de touristes, donc on reste comme ça. Mais quand l’activité reprendra, alors nous nous interrogerons sur ce que nous devrons faire sur les sites emblématiques. La valeur lumineuse, elle s’entend. Je  ne vais pas éteindre la façade la place de la Bourse au cœur de l’été à 23 heures si on est au cœur battant de la période touristique".    

Les commerçants invités à faire des efforts

Alors que le couvre-feu est toujours en vigueur, la municipalité espère ainsi inciter les commerçants à faire de même avec les 7 800 enseignes et vitrines de la ville.

Et de rappeler que le décret de 2013, visant à demander aux commerces l’extinction de leurs équipements (à minuit en hiver et à 1 heure en été pour les enseignes, une heure après la fin de l’activité pour les vitrines) n’est pas respecté. A Bordeaux, 50 % des commerçants ne respectent pas la loi dans ce domaine, souligne Laurent Guillemin.

Bruno Tripon préside l’association des commerçants des Grands hommes et du Triangle d’or à Bordeaux. Il aimerait que ses confrères aillent dans ce sens et ne voit pas d’intérêt à allumer les enseignes en pleine nuit quand les rues sont désertées. Lui a installé une minuterie dans son magasin. Ainsi, l’éclairage s’allume et s’éteint automatiquement.

"On n’a aucun intérêt écologique à griller de l’électricité. Faire des économies d’énergie c’est  bon pour la planète, c’est bon aussi pour le portefeuille !. C’est tellement évident. Un commerçant raisonnable ne doit pas avoir besoin d’écouter un politique quel qu’il soit. Il devrait le faire naturellement pour des raisons économiques et environnementales."

La ville, elle, a déjà fait ses comptes. A Bordeaux, l'éclairage urbain représente 38 000 points de lumière pour une facture annuelle de 2,5 millions d'euros.

Appliqué à l'ensemble de tous les acteurs du territoire bordelais, le gaspillage d'énergie est estimé à près de 20 millions d'euros par an.

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