VIDÉO. Bordeaux questionne les habitants pour lutter contre les îlots de chaleur et tenter de faire baisser la température

Les riverains sont invités à répondre à un questionnaire du 7 août au 15 septembre en scannant les QR codes répartis sur onze îlots de chaleur identifiés dans la métropole bordelaise. Objectif : améliorer la lutte contre les impacts du réchauffement climatique.

Patins à roulettes aux pieds, une jeune femme est venue s'exercer au skate-park des Chartrons à Bordeaux. Il est à peine 11 heures, mardi 8 août, mais elle a déjà très chaud. "Je pense qu'il fait pas loin de 30 degrés ici", lance-t-elle. Pourtant le thermomètre pointe à peine 23 degrés. 

Le soleil n'est pas encore au zénith, mais sur les quais sur berges en bordure de Garonne, la réverbération est à l'œuvre sur le béton, et accentue les phénomènes de chaleur.

durée de la vidéo : 00h01mn42s
Intervenants : Ingrid Norville, habitante de Bordeaux Bastide; Yann Mareschal, chargée de mission "usages émergeants et durables". ©Reportage : Gladys Cuadrat et Pauline Juvigny. Montage : Florian Dumont.

Qu'est-ce qu'un îlot de chaleur ? 

Car l'îlot de chaleur urbain est un effet de dôme thermique, créant une sorte de microclimat urbain où les températures sont significativement plus élevées : plus on s'approche du centre de la ville, plus il est dense et haut, et plus le thermomètre grimpe.

Mais le ressenti de la température n'est pas forcément le même pour tous. 

Pour mesurer cette perception de la chaleur au plus près des sensations de chacun et de façon très localisée, une enquête a été lancée. Du 7 août au 15 septembre, les habitants sont invités à répondre à un questionnaire en scannant les QR codes répartis sur onze îlots de chaleur identifiés dans la métropole bordelaise. 

Alors que les températures remontent en Nouvelle-Aquitaine - mercredi 9 août devrait être la journée la plus chaude de la semaine avec 34 degrés à Bordeaux - les îlots de chaleur viennent empirer la situation. Ces phénomènes urbains entraînent une concentration de la chaleur, absorbée par le béton et les bâtiments.

Faire les bons choix d'aménagement

"Ce sont des questions sur l'environnement où on se trouve et comment on se sent", explique une habitante qui a accepté de se plier à l'exercice du questionnaire. De quoi dépend ce ressenti ? Quels facteurs peuvent influencer la sensation de chaleur ou de fraicheur ? Voici ce que l'enquête devrait permettre de découvrir.

L'usager d'un lieu est l'expert de son propre confort. Ce ne sont pas des capteurs de températures ou d'humidité à eux seuls qui vont permettre de prendre les meilleures décisions pour l'utilisateur du lieu.

Yann Mareschal, chargée de mission usages émergeants et durables

France 3 Aquitaine

L'objectif pour la métropole de Bordeaux est de combiner les mesures thermiques objectives et les données sur le ressenti subjectif pour orienter la stratégie d'aménagement"Sur un espace public, il faut pouvoir installer pleins d'équipements, détaille Yann Mareschal, des pistes cyclables, des endroits piétons, des arbres, des lampadaires, tout ça doit se combiner. Les informations collectées vont directement aider les métiers de la métropole à opérer les bons choix."

Quels arbres planter ? 

Pour lutter contre les îlots de chaleur, la végétalisation et la désimperméabilisation des surfaces sont des solutions efficaces, selon le CNRS. L'orientation des rues peut aussi permettre de faire baisser le mercure. 

"On constate par exemple un rafraichissement optimisé jusqu’à 7,5°C d’écart sur une rue est / ouest végétalisée par rapport à une rue nord / sud non végétalisée, assure la métropole de Bordeaux dans un communiqué.

A contrario, une place minérale claire produit une hausse de température de 2°C en moyenne et peut aller jusqu’à 6°C de plus.

Bordeaux Métropole

Pour savoir quel arbre sera le plus efficace, elle a lancé des travaux de recherche ces deux derniers étés. L'objectif est d'évaluer "le potentiel de rafraichissement des arbres en fonction de la morphologie des lieux sur lesquels ils sont plantés, de leur niveau de stress hydrique et de leur type d’essence"