Bordeaux : les studios Asobo récompensés pour leur jeu-vidéo sur la peste

Les studios bordelais Asobo récompensés par 6 "Pégase". David Dedeine, co-fondateur des studios/ creative director. / © Patricia Mondon
Les studios bordelais Asobo récompensés par 6 "Pégase". David Dedeine, co-fondateur des studios/ creative director. / © Patricia Mondon

Rien à voir avec le coronavirus et pourtant, le jeu vidéo "A Plague Tale" remporte le premier Pégase du meilleur jeu vidéo français, l'équivalent des "César" du cinéma. Une résonnance involontaire avec l'actualité internationale même si le jeu est sorti au mois de mai dernier.

Par CB et AFP

C'est l'Académie des arts et techniques du jeu vidéo, représentant les professionnels du secteur en France, qui décernait ces récompenses.
Le Syndicat national du jeu vidéo (SNJV) est l'instigateur de cette première cérémonie des "Pégase" qui a rassemblé plus de 500 personnes, ce lundi soir au Théâtre de la Madeleine (Paris 8e).

Asobo, un studio bordelais

Nommé dans sept catégories, le titre "A Plague Tale: Innocence" du studio bordelais  Asobo et édité par Focus Home Interactive, en a remporté six, dont celles de l'excellence visuelle, du meilleur univers sonore, du meilleur
personnage, et donc le Pégase du meilleur jeu vidéo.

    Sorti en mai 2019, le jeu permet d'incarner un frère et une soeur vivant au XIVe siècle, qui tentent de survivre, pourchassés par l'Inquisition, alors qu'une épidémie de peste noire ravage un royaume de France infesté de rats.
 
Les studios bordelais Asobo récompensés par 6 "Pégase" pour le jeu-vidéo "A plague tale : innocence", qui plonge le joueur au coeur du Moyen-age, à Bordeaux, en pleine épidémie de la peste. / © Studios Asobo
Les studios bordelais Asobo récompensés par 6 "Pégase" pour le jeu-vidéo "A plague tale : innocence", qui plonge le joueur au coeur du Moyen-age, à Bordeaux, en pleine épidémie de la peste. / © Studios Asobo

Une histoire, des personnages et des ambiances qui avaient déjà séduit la critique. Le thème de la peste noire en Europe, et ici en Aquitaine très touchée à l'époque, résonne aussi avec la crainte qu'inspire actuellement l'épidémie 
mondiale de coronavirus. Le livre, d'ailleurs, d'Albert Camus connaît quelques rééditions...

    "Le jeu raconte surtout le passage de l'enfance à l'âge adulte. Il y a quelque chose d'allégorique dans la représentation de la peste", qui représente "la peur et l'imaginaire des enfants", a déclaré  le co-gérant et directeur créatif d'Asobo, David Dedeine.

Pour une structure comme la nôtre, un tel investissement pour créer vraiment à partir d'une feuille blanche c'était une prise de risque. Et trois ans plus tard, revenir avec tous ces trophées... C'est beaucoup d'énergie! Et un peu de pression pour la suite...


    L'industrie du jeu vidéo pèse plus de 110 milliards d'euros de chiffre d'affaires annuel dans le monde, selon le centre de réflexion Idate, et la France en représente près de 5 milliards.

Regardez le reportage de Patricia Mondon et Sylvie Tuscq-Mounet .   
 
Bordeaux : les studios Asobo récompensés pour leur jeu-vidéo sur la peste
Rien à voir avec le coronavirus et pourtant, le jeu vidéo "A Plague Tale" remporte le premier Pégase du meilleur jeu vidéo français, l'équivalent des "César" du cinéma. Une résonnance involontaire avec l'actualité internationale même si le jeu est sorti au mois de mai dernier.

 
A plague tale : innocence jeu vidéo studios Asobo



Des phénomènes du jeu en ligne (comme Fortnite) et les succès des grands studios (jeux dits "AAA") dominent le marché en Occident. Mais l'un des enjeux de la cérémonie, qui doit se répéter chaque année, est de donner de la visibilité à des jeux moins connus et aux studios, environ 500 en France, en quête de notoriété pour accéder
plus facilement aux investissements.
   
    Au total, 120 jeux ont été soumis au vote des membres de l'Académie. Leur point commun: avoir été commercialisés en 2019 et majoritairement réalisés en France, sauf pour trois catégories récompensant des jeux étrangers.

  Bordeaux et la peste

Le thème de la peste, s'il semble évocateur de notre actualité, renvoie à l'histoire du Sud-ouest à l'époque de la grande peste noire au 14è siècle qui s'abat en 1348, sur une population qui a déjà subit les désastres de la guerre (de 100 ans contre les Anglais) et des inondations... 

D'après Christian Block, conservateur du patrimoine, responsable des collections médiévales et modernes au Musée d'Aquitaine:

C'est une pandémie qui se répand à travers l'Asie, le moyen-orient et l'Europe occidentale, jusqu'aux confins de l'Ecosse, en partant de l'Espagne. Une peste qui va rentrer en Europe en arrivant à Marseille le 1er novembre 1347 et qui atteind Bordeaux en juillet 1348.
Sur la totalité de l'Occident 30 % de la population aura disparu.

Et Bordeaux sera particulièrement touchée. Les chroniqueurs de l'époque disent que sur les 30 000 bordelais, "le nombre de morts dépasse celui des vivants...", que "la peste avance plus rapidement qu'un homme qui marche à pieds..."

On imagine avant tout que c'est une punition divine...
On accuse les juifs, les lépreux, tous les étrangers les mendiants, d'être responsables de l'empoisonnement des puits...

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