Changement de direction, enseignants convoqués au rectorat… à Bordeaux, le lycée François Mauriac est en grève ce lundi

Les enseignants du lycée François Mauriac sont en grève ce lundi 23 novembre. Ils dénoncent l'attitude du rectorat, qui annonce des sanctions contre les professeurs s'étant opposés à la réforme du bac.
Les enseignants du lycée François Mauriac en grève ce lundi
Les enseignants du lycée François Mauriac en grève ce lundi © DR
Les discours du jour sur la "sérénité" et la "confiance retrouvée" n'ont pas suffi à désamorcer la situation. Ce lundi 23 novembre 2020, une nouvelle équipe de direction s'est installée au lycée François Mauriac de Bordeaux. Elle fait déjà face à un mouvement de grève. 

Les enseignants grévistes, plus de 50% des professeurs de l'établissement selon les syndicats, dénoncent l'attitude du rectorat envers ceux qui se sont opposés à la réforme du bac, les fameuses E3C. 
 


Procédure disciplinaire contre trois enseignants

Ce n'est que vendredi, à 15 heures 20, qu'ils ont appris par mail le changement de l'équipe de direction. Dans le même temps, trois enseignants apprenaient par un courrier du rectorat qu'ils allaient faire l'objet d'une procédure disciplinaire. 
Après le choc, une Assemblée générale était organisée ce lundi dès 7h30. Un comité de soutien pour les enseignants se met en place, de nombreux cours ne sont pas assurés. 
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Réaction aux sanctions visant des enseignants au lycée Mauriac

"Neuf enseignants de la Gironde ont reçu un courrier en début d'année, annonçant de possibles sanctions. Près de dix mois plus tard, sur ces neufs enseignants, il y en a trois pour qui les menaces ont été mises à exécution", relate une professeure qui dénonce la "violence" du procédé, et souhaite conserver l'anonymat.

Les trois enseignants concernés par la mesure, tous syndiqués chez Sud Solidaires, encourent des sanctions allant du simple blâme au déplacement d'office. "Ce n'est pas par un rite sacrificiel que nous allons retrouver la sérénité", remarque la professeure.
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Soutien intersyndical

"Ce qui est reproché à nos collègues ? S’être mobilisé-e-s pour faire barrage à la mise en œuvre de la réforme du bac Blanquer, affirme Sud Education dans un communiqué. 
Encore une fois, l’administration cherche à réprimer celles et ceux qui, engagé-e-s dans l’action syndicale, s’opposent à la politique ministérielle".

Le syndicat n'est pas le seul à défendre les enseignants convoqués. "Nous leur apportons évidement tout notre soutien, assure Catherine Dudes, co-secrétaire départementale du Snes FSU. C'est un véritable changement de ton envers des enseignants qui ont juste exercé leur droit de grève." 

Les syndicats vont décider à la mi-journée de la poursuite du mouvement de grève. Ils espèrent également organiser d'ici la fin de la semaine une manifestation devant le rectorat.

Le rectorat relève des "manquements aux obligations professionnelles"

De son côté, le rectorat de Bordeaux assure que les reproches adressés aux enseignants convoqués vont "bien au delà de l'ordre syndical" et évoque des "manquements aux obligations professionnelles et au respect de l'autorité hiérarchique". 

Les trois enseignants sont convoqués individuellement dans la semaine. "Ils vont pouvoir apporter des éléments de réponse et de contradiction", précise le rectorat qui rappelle qu'une fois la décision de l'administration arrêtée, elle pourra toujours être constestée par un recours hiérarchique ou une procédure devant un juge.

Quant au changement de l'équipe de direction en cours d'année, il est qualifié de "procédure d'urgence". "Ce n'est pas une procédure classique, admet le rectorat. Elle intervient lorsqu'on estime que des défaillances ont été constatées et que l'année ne peut se poursuivre dans les mêmes conditions".

Mobilisation contre les E3C

Depuis début 2020, des épreuves continues sont mises en place pour l'examen du baccalauréat, avec un calendrier propre à chaque établissement. 
En janvier, lycéens et enseignants s'étaient mobilisés dans toute la France contre cette réforme, notamment au lycée Mauriac, très engagé contre la réforme, où des épreuves avaient dû être reportées.  

A Melle, dans les Deux Sèvres, quatre enseignants ont été sanctionnés pour avoir "perturbé" le passage des épreuves du baccalauréat". 
 
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