Coronavirus : pour le Professeur Malvy de Bordeaux, "c'est l'électrochoc que nous attendions"

Les mesures inédites et le Stade 3 annoncés par le Premier ministre sont "l'électrochoc que nous attendions" pour le Professeur Malvy, infectiologue au CHU de Bordeaux et membre du conseil scientifique mis en place par le ministre de la Santé pour faire face à la crise sanitaire du coronavirus.
© NICOLAS TUCAT / AFP
Les mesures inédites et drastiques annoncées par le Premier ministre, comme la fermeture de tous les commerces hors alimentaires et pharmacies entre autre, sont parties du constat suivant : les mesures barrières nécessaires à l'arrêt de la propagation du virus n'étaient pas suffisamment respectées. 

Le professeur Malvy,  infectiologue au CHU de Bordeaux et membre du conseil scientifique national mis en place par le ministre de la Santé, ne jette pas la pierre à ses concitoyens. Les scientifiques qui ont apporté leurs analyses aux équipes ministérielles, et in fine au Premier ministre, ont  tout fait pour proposer les stratégies possibles. 

Nous savions qu'elles étaient les limites. C'est-à-dire le civisme de nos concitoyens ( ... ) Les mesures barrière n'étaient pas respectées.
Professeur Denis Malvy

Le Professeur Malvy veut faire passer un message apaisé et en appelle aux responsabilités de chacun pour protéger les plus fragiles.
 

Limiter l'impact au plus vite


Dans les faits, le virus est en train de circuler. Ce que ne se représentent pas les citoyens, c'est l'impact que peut avoir cette diffusion pour les services qui doivent accueillir les malades, notamment les services de réanimation. 
" Les services de réanimation vont être saturés, nous le savons " explique le Professeur Malvy. Il faut donc limiter au plus vite l'impact de la diffusion très contagieuse du virus. Les mesures de précaution, la "distanciation sociale " s'imposent donc urgemment et avec force selon les scientifiques.

Pour rappel, se tenir à un mètre des uns et des autres, s'abstenir de se retrouver dans un espace confiné, se laver les mains fréquemment et avec des solutions hydroalcooliques, en cas de rhume, porter un masque mais sans dévaliser inutilement les pharmacies. 

Stopper la propagation car le Professeur Malvy connait la situation des professionnels de santé. A Bordeaux, les lits sont prêts à accueillir les malades souffrant de défaillances respiratoires sévères. Les équipes ne sont pas encore débordées mais savent qu'elles peuvent l'être. " Il faut protéger nos personnels de santé "

Le Stade 3 a été anticipé au CHU de Bordeaux. Toutes les opérations qui n'étaient pas nécessaires, urgentes ou graves ont été déprogrammées. Tous les personnels hospitaliers savent qu'ils peuvent être rappelés et sont prêts à reprendre du service si besoin. 

Le directeur du CHU est aussi intervenu  chez nos confrères de France Bleu ce dimanche matin ►
Numéro vert pour les informations sur le coronavirus : le 0800 130 000.

 
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