Cour d'Assises de la Gironde : une femme jugée pour avoir tué son compagnon violent

La cour d'Assises de Bordeaux. Photo d'illustration. / © France 3 Aquitaine
La cour d'Assises de Bordeaux. Photo d'illustration. / © France 3 Aquitaine

Ce vendredi s'ouvre le procès de Betty Desbrueres, jugée pour avoir tué son compagnon en décembre 2016. Selon les avocats de la défense, la victime avait battu et violenté sa compagne à plusieurs reprises avant sa mort. 

Par MK avec CB

Betty Desbrueres avait-elle l'intention de donner la mort à son compagnon ? S'agissait-il d'un acte de légitime défense ? La cour d'Assises de la Gironde se penche sur ce dossier ce vendredi.
 

Un coup de couteau fatal

Les faits remontent au mois de décembre 2016, mais ne sont pas datés précisément. Ils seraient situés entre le 10 et le 20 décembre.  Le jour du drame, Betty Desbrueres a planté un couteau dans le buste de son compagnon, Patrice Urieta. La blessure lui aura été fatale. Mais le corps de la victime n'a été découvert que plusieurs jours après le drame, par des proches du défunt, d’où l'imprécision sur la date des faits. 

D'après Maître Novion, avocat de l'accusée, au moment du drame, Patrick Urieta s'était emparé d'un balai et menaçait de tuer sa cliente. Celle-ci dit avoir attrapé un couteau in extrémis pour se défendre d'un nouvel assaut. 

Elle était dans un état constant de légitime défense
Me Alexandre Novion, avocat de l'accusée

Betty Desbrueres avait déjà déposé plainte pour violences contre ce dernier quelques semaines avant le drame assure son avocat. Le conseil décrit une femme empêtrée dans une relation avec un homme "extrêmement violent".
"Elle était dans un état constant de légitime défense. Des témoins vont venir à la barre. Ils ont été entendus dans le cadre de l'enquête, et vont confirmer la violence au quotidien de la personne qui est décédée", assure Alexandre Novion.
 

Lourd passif

Du côté de la partie civile, on veut dresser un portrait plus nuancé des deux protagonistes.  "Monsieur Urieta n'était pas quelqu'un de très gentil, c'est incontestable. Mais sa partenaire du moment ne l'était pas davantage", assure de son côté Me Magret, avocat de la mère, du frère et de la fille de la victime.

"Le rapport d'autopsie du médecin légiste dit que c'est un coup fort qui a été porté, même si cela ne veut pas dire que l'intention de donner la mort était présente", reconnaît-il

Betty Desbrueres a cependant un lourd passé derrière elle. Enfant de l'Adass, elle a été adoptée par une famille par la suite. "C'est une femme instable affectivement et professionnellement", résume Me Novion, l'avocat de l'accusée.

Pour autant, le casier judiciaire de Betty Desbrueres fait déjà mention de plusieurs condamnations pour agressions et menaces d'ex-conjoints avec un couteau. 

Le procès qui s'est ouvert ce matin doit se tenir devant la Cour d'Assises de la Gironde jusqu'à mardi. Lundi, ce sont les personnalités des deux protagonistes qui seront étudiées, afin de trancher sur l'intention de tuer de Betty Desbrueres. 

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