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Décès de l'avocat bordelais Gérard Boulanger à l'origine de l'affaire Papon

Son nom est indissociable de l'affaire Papon. En 1981, il avait déposé la première plainte  contre l'ancien Secrétaire Général de la Préfecture de Gironde, pour crime contre l'Humanité. Avocat, et militant des droits de l'Homme, Gérard Boulanger est mort ce matin, des suites d'un cancer.
Me Gérard Boulanger
Me Gérard Boulanger © France 3 Aquitaine
C'est un homme toujours souriant, affable, mais amaigri et visiblement fatigué qui était apparu en avril dernier pour présenter son dernier ouvrage "Les secrets du procès Papon" (Le Cherche-Midi, 2018).

Gérard Boulanger a consacré 23 ans de sa vie à cette affaire. Il s'est éteint ce vendredi, des suites d'un cancer.
Il avait 69 ans.

En 1981, jeune avocat au barreau de Bordeaux, c'est lui qui dépose la première plainte contre Maurice Papon, ancien Secrétaire Général de la Préfecture de la Gironde, pour crime contre l'Humanité.
Le dossier de sa vie.

Maurice Papon est alors Ministre du Budget du gouvernement de Raymond Barre sous la présidence de Valéry Giscard-D'Estaing.

Un long combat judiciaire s'engage, Combat qui aboutira 17 ans plus tard devant les Assises de la Gironde, au plus long procès de l'Histoire de la Justice française.
6 mois d'audience, et de multiples rebondissements. Maurice Papon sera condamné le 2 avril 1998, à 10 ans de réclusion criminelle pour crime contre l'Humanité.

Gérard Boulanger a consacré de nombreux ouvrages à cette période :

- "Maurice Papon, un technocrate français dans la collaboration" (Seuil, 1993),
- "Papon, un intrus dans la République (Seuil, 1997)"
- "Plaidoyer pour quelques Juifs obscurs victimes de Maurice Papon" (Calmann Lévy, 2005)...


Avocat à la cour de Bordeaux depuis 1977, Gérard Boulanger fut aussi un infatigable militant des Droits de l'Homme. Il fut d'ailleurs Président de la Fédération de Gironde de la Ligue des Droits de l'Homme de 1981 à 2007.

Un homme engagé. Membre du syndicat des avocats de France. Il en fut Vice-président, puis Président de 1985 à 1987. C'est dans ce cadre, qu'il obtiendra en 1986, la condamnation de Jean-Louis Debré (alors Ministre de l'Intérieur d'Alain Juppé) qui avait qualifié "tous les avocats" de "complices des terroristes."

Un engagement qui le conduira en mars 2010, à mener la liste du Front de Gauche à l'occasion des élections régionales en Aquitaine. Il siégera au Conseil Régional jusqu'à la fin de son mandat en décembre 2015.
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