Démission d'Alain Anziani à Bordeaux Métropole : qui pour lui succéder ?

Pour des raisons de santé, Alain Anziani, président de l'agglomération Bordeaux Métropole, démissionne ce lundi 4 mars. Il aimerait voir Christine Bost, vice-présidente et maire d’Eysines prendre la suite. La collectivité devra voter d'ici le 15 mars.

"Je ne vois qu'une seule personne, c'est Christine Bost". Alain Anziani annonce, ce lundi 4 mars, dans Sud-Ouest, vouloir quitter la présidence de la métropole de Bordeaux, affaibli par deux cancers et la maladie de Parkinson. Et pour lui succéder, l'élu est sûr de lui. "Elle a beaucoup de qualités, elle a toutes les compétences, elle est prête", dit le maire de Mérignac qui va rester à ce poste.

Ce matin sur Facebook, et au nom du groupe socialiste, Christine Bost a rendu un hommage appuyé au travail effectué. "La présidence d’Alain Anziani aura été un moment fort pour Bordeaux Métropole"

La continuité de l’action métropolitaine sera la meilleure reconnaissance de son action.

Christine Bost

Vice-présidente de BM et présidente du groupe socialiste

Si Christine Bost n'est pas très connue, elle a une solide expérience politique en Gironde. Âgée de 50 ans, elle a grandi à Eysines, dans la banlieue nord de Bordeaux où elle a été élue maire depuis 2008. Elle est mariée et a deux enfants, apprend-on sur sa page de biographie sur internet. 

"Baignée dans un environnement familial dont les valeurs et les idées sont ancrées à gauche, je décide à l’âge de 20 ans de militer auprès du Parti Socialiste" souligne-t-elle. 

"C'est Pierre Brana, l'ancien maire d'Eysines qui lui a mis le pied à l'étrier, elle a été formée à différentes strates de la vie d'élu puis s'est retrouvée en solo sur le canton" se rappelle Jean Petaux, politologue bordelais.

Relations avec les maires

"C'est aussi une spécialiste des collectivités territoriales après un diplôme de management des organisations et entreprises publiques" complète-t-il.

Depuis 2008, Christine Bost est également vice-présidente de la métropole, actuellement chargée de l'aménagement urbain et naturel.

Elle tient surtout le poste stratégique des relations avec les différents maires des 28 communes.

Jean Petaux

Politologue

Un exercice d'équilibriste qui ne semble pas faire peur à l'élue. "Elle peut apparaître réservée et distante, mais c'est surtout une vraie bosseuse qui n'est pas dans la surface des choses", complète le politologue. 

La maire d'Eysines est aussi première vice-présidente du département de la Gironde, en charge, là aussi, de l'aménagement territorial.

"Si elle était élue présidente de la métropole, cette expérience au département lui permettrait de développer davantage de relations avec la troisième couronne de Bordeaux, les communes rurales et néorurales. Elle pourrait faire le lien, peut-être davantage qu'à l'heure actuelle", précise Jean Petaux qui ajoute aussi : "elle serait dans la lignée d'Alain Anziani avec une co-gestion retrouvée, en associant les maires de droite aux décisions du bureau de la Métropole". 

Discussions à gauche

Après la démission d'Alain Anziani, présentée au préfet de Gironde, un conseil exceptionnel doit se tenir à la métropole d'ici au 15 mars, confirme l'établissement public.

Des discussions vont s'engager cette semaine entre les socialistes et les écologistes, en force à la métropole, avec 31 élus dans chaque groupe, mais sans majorité.

Le groupe de droite et du centre, "métropole commune (s)" compte pour sa part 33 élus.

"Nous aurons une réunion de groupe ce lundi soir", indique Fabien Robert, conseiller métropolitain Modem. "Alain Anziani a un courage infini. Il va désormais peser de tout son poids pour l'élection et être à la manoeuvre. Il n'y a plus de co-gestion à la Métropole et le vote sera décisif sur l'état d'esprit que veut renvoyer la gauche". 

La collectivité compte aussi 4 élus Renaissance, 3 élus communistes et deux non-inscrits.

Si Christine Bost est élue, elle aura en tout cas la lourde tâche de gérer une collectivité au budget de 2 milliards d'euros de budget. "Un énorme paquebot avec des difficultés de manœuvre", dit Jean Petaux.

La maire d'Eysines devrait quitter son poste de vice-présidente au département pour ne pas cumuler les mandats. Alain Anziani a également indiqué qu'il allait demeurer maire de Mérignac, deuxième ville de Gironde, jusqu'à la fin du mandat, en 2026.