Denis Malvy, infectiologue et membre du conseil scientifique : "face au variant Omicron, il n'y a pas de raison de changer de stratégie"

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Écrit par Alice Robinet
Le professeur Denis Malvy, infectiologue et membre du conseil scientifique, photographié en mars 2020 à Bordeaux lors d'une conférence de presse.
Le professeur Denis Malvy, infectiologue et membre du conseil scientifique, photographié en mars 2020 à Bordeaux lors d'une conférence de presse. © LAURENT THEILLET / MAXPPP

Faut-il s'alarmer de l'émergence et de la circulation d'un nouveau variant du coronavirus ? Le professeur Denis Malvy, infectiologue et membre du conseil scientifique, fait le point sur la situation.

Pour le professeur et infectiologue bordelais Denis Malvy, l'apparition du variant Omicron, "n'est pas vraiment une bonne nouvelle".

Néanmoins, la communauté scientifique connaît pour l'instant tellement peu de choses sur cette mutation du coronavirus qu'il est impossible pour l'instant de prévoir sa dangerosité, tempère le membre du conseil scientifique. "On en saura plus d'ici 15 jours à trois semaines". 

Un variant très différent 

Ce que l'on sait déjà, c'est "que le variant Omicron présente une trentaine de mutations de la protéine Spike, alors que le variant Delta, qui était déjà très différent, n'en possédait que huit". 

Parmi ces mutations, certaines sont associées à sa transmissibilité. "Ce variant pourrait être cinq fois plus contagieux, ou cinq fois moins contagieux !" souligne Denis Malvy.

D'autres sont liées à l'efficacité de la réponse immunitaire. Mais là encore, impossible de prévoir si les vaccins actuels seront efficaces.  

"On ne peut pas transposer ce qu'il se passe en Afrique du Sud en France"

En Afrique du Sud, ce variant semble se propager rapidement. Mais "on ne peut pas tirer de leçons de ce qu'il s'y passe, parce que la population est très peu vaccinée, et n'a pas connu de vagues épidémiques majeures".

Alors qu'en France, nous connaissons actuellement la 5e vague, et que la couverture vaccinale est désormais importante. Impossible donc de transposer la situation sud-africaine à l'Europe.  

Miser sur la dose de rappel 

"Face au variant Omicron, il n'y a pas de raison pour l'instant de changer de stratégie" souligne l'infectiologue, davantage préoccupé par la 5e vague et la capacité du système de santé à prendre en charge tous les malades dans les trois semaines à venir. 

Pour lui, comme pour le conseil scientifique lors de ses dernières recommandations, l'important reste de généraliser la dose de rappel, et de maintenir les gestes barrières. D'autant plus que ce sont les mêmes armes qui permettront de limiter la propagation du variant Omicron. 

La dose de rappel crée une réponse immunitaire beaucoup plus rapide, riche et généreuse que le font l'infection ou les deux premières doses. 

Denis Malvy, infectiologue bordelais et membre du conseil scientifique

Pour l'instant, la présence du variant Omicron sur le territoire français n'est pas encore confirmée, "mais c'est sans doute une question d'heures", prévoit le médecin.

Il juge que la fermeture des frontières n'est pas une option réaliste pour lutter contre l'importation de ce vaccin. "De mon point de vue personnel, il faudrait réinstaurer les tests systématiques de tous les voyageurs aéroportuaires" souligne-t-il. 

Alors que l'année 2021 se termine avec l'émergence de cette 5e vague, l'infectiologue formule déjà ses vœux pour l'an à venir : "L'année 2022 doit être celle d'un sursaut de solidarité" afin que tous les pays fassent front commun contre l'épidémie, et que la couverture vaccinale soit suffisamment haute partout pour éviter l'apparition de nouveaux variants. 

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