Émeutes : les buralistes fermés au moins trois jours toucheront une aide de 10 000 euros

Le député de Gironde et ministre en charge des Comptes public, Thomas Cazenave, en déplacement à Talence, a insisté sur la nécessité pour ces commerces de proximité de rouvrir au plus vite.

Les flammes ont laissé des traces. La façade de ce bureau de tabac, situé à Talence, est toute noire, impossible de distinguer les écritures. La boutique a été vandalisée pendant les émeutes qui ont suivi la mort de Nahel en juin. Les dégâts, trop importants, n'ont pas permis à son propriétaire de rouvrir.

Pour soutenir ces commerçants, l'État propose une aide de 10 000 euros aux buralistes les plus gravement touchés. Pour en bénéficier, les débits de tabac doivent avoir "subi des dégradations, destructions, vols, à l'occasion des émeutes urbaines, ayant entraîné une fermeture d'au moins trois jours consécutifs", précise le décret daté du mercredi 2 août. 

Une enveloppe de deux millions d'euros

"C'est très important de ne pas les laisser tomber", a déclaré le ministre en charge des Comptes publics, Thomas Cazenave, en déplacement à Talence jeudi 3 août, pour présenter cette mesure. Également député de Gironde, Thomas Cazenave chiffre la mesure à "un peu plus de deux millions d'euros"

"C'est un commerce de proximité, ça fait partie de la vie de nos villes et du lien social. C'est important d'être à leurs côtés et de leur permettre de redémarrer dans les meilleures conditions possibles."

Thomas Cazenave , ministre des Comptes publics

Une mesure bienvenue pour le buraliste que nous avons rencontré à Talence. "Sans cette aide, sur les mois et années qui arrivent, ça va être très très compliqué", confirme le gérant. 

Où trouver les artisans ? 

Le commerçant espère rouvrir "le plus tôt possible", mais pour l'instant, tous les devis ne sont pas encore réalisés et son dossier n'est donc pas encore bouclé auprès de son assurance. Ensuite, la réhabilitation, chiffrée entre 110 000 et 140 000 euros, pourra commencer. 

Mais en plein mois d'août, difficile de trouver les entreprises pour réaliser les travaux. "Aujourd'hui, un sujet se pose : où trouver les matériaux et où trouver les artisans ? Cela occasionne un retard à la reprise d'activité", reconnaît le président de la Confédération nationale des buralistes, Philippe Coy.

En Gironde, une quinzaine d'établissements ont été touchés, dont deux sévèrement à Talence et à Lormont, selon la Confédération nationale des buralistes.