Fusillade aux Aubiers : les victimes étaient "aux antipodes des jeunes à problème"

Trois jours après la fusillade ayant causé la mort tragique de Lionel, 16 ans, tué à l'arme automatique aux Aubiers, Me Herrera, l'avocat de sa famille, veut faire taire les rumeurs et commentaires. Il souligne les parcours sans histoires des victimes.

La fusillade a eu lieu dans le quartier des Aubiers à Bordeaux
La fusillade a eu lieu dans le quartier des Aubiers à Bordeaux © MaxPPP / Bastien Munch

"Ils se trouvaient au mauvais endroit, au mauvais moment. Je n'aime pas cette expression, mais elle reste celle qui traduit le mieux la situation", résume Me Yann Herrera. Ils, ce sont les cinq victimes, visées à l'arme automatique, samedi 3 janvier dans le quartier des Aubiers.
Tous se trouvent sur la place Ginette Neveu quand un véhicule se présente à leur hauteur. Des tirs s'en échappent. Quatre personnes, dont trois mineurs, sont blessées et parviennent à s'enfuir. Lionel, 16 ans, n'a pas survécu.

Parce que le quartier est populaire et a déjà été le théâtre d'actes de délinquance, rapidement, des rumeurs ont évoqué des règlements de compte et des histoires de stupéfiants. Me Yann Herrera est l'avocat des familles de Lionel, qui a succombé à ses blessures, et de Guillain, hospitalisé mais hors de danger. Il dénonce les fausses informations qui ont rapidement circulé à leur sujet.

Lionel, qui venait de fêter ses 16 ans, a été tué le 2 janvier 2021 dans le quartier des Aubiers à Bordeaux.
Lionel, qui venait de fêter ses 16 ans, a été tué le 2 janvier 2021 dans le quartier des Aubiers à Bordeaux. © Avocat de la famille de Lionel

"Scolarité classique"

"Lionel était un enfant très impliqué dans la vie sportive, il jouait dans un club de foot du quartier, il suivait une scolarité classique, souligne l'avocat.
En classe de seconde au lycée des Chartrons, l'adolescent souffrait de dyslexie. Il a connu des difficultés à cause de ce trouble, et a dû redoubler d'efforts pour redresser ses notes. Il y est parvenu ", poursuit-il.

Egalement visé par les tirs, Guillain doit sortir très prochainement de l'hôpital. "C'est un jeune qui voulait initialement être boulanger pâtissier, mais qui finalement s'est dirigé vers un CAP restauration, poursuit Me Herrera. Il avait pris l'habitude de vendre des pâtisseries et des canettes en bas de chez lui".

Il voulait gagner de l'argent pour se financer son BSR (Brevet de sécurité routière) et pour partir au ski. Il tenait également à aider sa mère qui l'élève seule.

Me Yann Herrera, avocat de deux familles de victimes  

"Démonstration de force"

Des jeunes sans histoires, victimes d'une "profonde injustice" selon l'avocat. Les premiers témoignages, dont celui d'un policier intervenu le soir des faits, semblent attester qu'ils ont été visés au hasard.

© France 3 Aquitaine - Sylvie Tuscq-Mounet

 "Ils ne posaient aucune difficulté, ni dans leur vie, ni le soir des faits. Ils ont été victimes d'une démonstration de force de la part de personne qui veulent faire régner un état d'esprit de terreur, estime Me Herrera.

La mort de Lionel et la violence des faits ont choqué et endeuillé tout un quartier. Cinq personnes ont été placées lundi 4 janvier en garde à vue pour meurtre et tentative de meurtre en bande organisée.

Des fausses informations circulent sur les réseaux à ce sujet, qui disent notamment que tout le monde a été remis en liberté. Il en faudrait peu pour que ça explose, car l'injustice est grande. Les gens sont à fleur de peau, mais tout le monde a su se canaliser.

Me Yann Herrera

Dimanche soir 3 janvier, un rassemblement dans le quartier a réuni plusieurs centaines d'habitants afin de rendre hommage à Lionel. Une cagnotte a été lancée afin de soutenir sa famille et de financer les obsèques de l'adolescent.

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