Gironde : baisse de la délinquance mais pas des cambriolages de commerces

Ce dimanche quatre hommes ont été mis en examen pour vols et tentatives de vol dans deux pharmacies de la Métropole. Si les officines sont régulièrement touchées pendant cette période de confinement, le reste de la délinquance est clairement en baisse sur Bordeaux et plus largement en Gironde.
 

© MaxPPP

Les cambriolages de commerces, notamment de pharmacies, se poursuivent en cette période de confinement. Mais les domiciles sont moins touchés, alors que l’année 2019 avait été marquée par une hausse très nette des cambriolages d’habitations. Des actes de délinquance « plus compliqués à commettre » en cette période, au même titre que le trafic de drogue.
 

La délinquance chute de près de 30%

De la bouche du colonel Olivia Poupot, commandant du groupement de gendarmerie de la Gironde, tous les indicateurs sont à la baisse. La délinquance fléchit « de 30% au mois de mars par rapport à mars 2019 ». Une diminution évidemment plus forte si on ne prend en compte que les quinze derniers jours de mars, c’est à dire les deux premières semaines de confinement. Moins de cambriolages mais aussi d'atteintes aux personnes et aux biens donc. Et selon le colonel Poupot cette tendance serait liée à la multiplication des contrôles et au quadrillage des zones qui auraient gêné les délinquants.
Même constat en zone police. Patrick Mairesse, Directeur départemental de la sécurité publique, annonce lui aussi des chiffres positifs. Il note pour le mois de mars une délinquance en baisse de - 27% avec moins de vols avec violence,  de vols à la roulotte, de dégradations, et de cambriolages.
 

Baisse des cambriolages d’habitations…

Une baisse notable des cambriolages d’habitations serait donc constatée sans qu’on sache précisément de qu’elle ampleur elle est, puisque les chiffres fournis sont globaux, et portent sur la délinquance en générale. Mais une chose est sûre on est loin de l’augmentation de 24% observée entre janvier et novembre 2019 par rapport à la même période l’année précédente en zone police.
 https://france3-regions.francetvinfo.fr/nouvelle-aquitaine/gironde/bordeaux/braquages-cambriolages-que-se-passe-t-il-metropole-bordelaise-1780181.html


…Mais persistance des cambriolages de commerces

En revanche un bémol est émis par la gendarmerie : une reprise des vols à main armée et des cambriolages de commerces depuis le début du mois d’avril a été observée, ainsi qu’un certain nombre de refus d’obtempérer. Le 4 avril dernier, un tabac de Galgon avait en effet été braqué par deux hommes armés. Ils seraient repartis avec près de 50 000 euros de cigarettes après avoir ligoté la vendeuse et menacé une cliente. Les deux hommes ont été interpellés, mis en examen pour vol aggravé et placés en détention provisoire.
Même constat du côté de la police qui a intensifié la vigilance, de jour comme de nuit, autour des commerces encore ouverts. Les tabacs bénéficiant, selon la police, d’un protocole avec les douanes seraient plus sécurisés. Ce seraient donc les pharmacies qui seraient les plus touchées par les cambriolages. Elles seraient ciblées non pas pour des vols de masques, gels hydro alcooliques ou autre matériel médical mais pour leurs fonds de caisses. Des fonds de caisse dont le montant serait bien souvent dérisoire, en tous les cas bien en deçà des dégâts causés par les contrevenants, explique la police judiciaire.
Des officines de Bègles, Villenave-d’Ornon, Talence, Bordeaux ont été touchées. Et ce dimanche quatre personnes ont à nouveau été mises en examen. Vendredi dernier, ces quatre jeunes hommes ont été arrêtés en flagrant délit par la brigade anti criminalité alors qu’ils tentaient de s’introduire dans une pharmacie de Talence. Selon le parquet leur empreintes correspondraient avec celles relevées dans d'autres pharmacies cambriolées précédement. Ils ont été mis en examen ce matin pour vols et ou tentatives de vols dans des lieux d'entrepot avec entrée dans les lieux par effraction ou escalade et avec les circonstances aggrévées de réunion. Des faits passibles de 10 ans d'emprisonnement. Sur ces quatre individus, deux sont majeurs, deux autres mineurs et seraient d'origine algérienne et marocaine. Ils ont pu être interpellés par la Bac ce vendredi car leur descritpion correspondait à celle faite par le propriétaire d'une autre pharmacie stiuée à Villenave d'Ornon et qui avait été cambriolée seulement une heure avant celle de Talence.
« La majeure partie des cambriolages de commerce réalisés en ce moment sont commis par des MNA (mineurs non accompagné) », nous confiait il y a quelques jours la police judiciaire. En temps normal ils sont aussi le fait de réseaux organisés relevant parfois du grand banditisme.
 

Trafic de drogue en berne

Police, justice, associations prenant en charge les personnes toxicomanes, tous s’accordent à le dire, le trafic de drogue est à la baisse. Les dealers qui disposaient encore d’un stock au début du confinement sont aujourd’hui à la recherche de marchandise. Difficile de s'aprovisioner lorsque le trafic transfrontalier est touché de plein fouet par le confinement et la fermeture des frontières. Les consommateurs, eux aussi confinés, consomment moins, sauf ceux qui réussissent à se faire livrer par leur fournisseur.
Au parquet de Bordeaux, le constat est clair : « de ce que je vois passer dans les comptes rendus quotidiens, la baisse est sensible, on a beaucoup moins d’affaires », nous confiait ce matin Olivier Etienne, procureur adjoint de Bordeaux. A titre d’exemple, « cette nuit nous avons eu un contrôle suite à un accident de la route, et dans la voiture ont été saisis 222g de cannabis, c’est pas grand chose », illustre Olivier Etienne, on est donc loin des grosses prises réalisées il y a encore quelques mois. « Il y a une baisse de la circulation et de la vente de marchandise c’est évident, mais nous avons encore quelques cas », explique le procureur adjoint. On se souvient notamment de cette saisie de 700 kg de cocaïne près de Bordeaux le 25 janvier dernier. la drogue était cachée dans une cargaison de bois située à Montussan. Trois personnes avaient été interpellées.
 

Violences conjugales

Selon les chiffres communiqués, entre le 17 et le 31 mars l’augmentation des interventions pour violences intrafamiliales seraient de 25% en zone police et de 28% en zone gendarmerie en Gironde. Gendarmerie, police, police judiciaire, parquet, tous tirent la sonnette d’alarme. Les violences intrafamiliales représentent une part non négligeable des affaires traitées. « Nous avons depuis quelques mois une politique publique plus ferme qui aboutit plus fréquemment à des présentations au parquet », explique Olivier Etienne. « Le nombre de dossiers traités est dû au confinement mais aussi à une politique de déferrement accrue », dit le procureur adjoint de Bordeaux. 
 
Ce dimanche12 avril à Saint-Médard-en Jalles, un homme a été placé en garde à vue. Il avait passé la nuit de samedi à dimanche rentranché après avoir tiré sur son neveu et sa femme avec qui il avait eu une dispute. La gendarmerie et le GIGN sont intervenus pour obtenir da rédition tôt ce matin.
Le 5 avril dernier, un homme avait également été arrêté en plein centre ville de Bordeaux, cours de l'Yser, une hache à la main. Peu de temps avant celui-ci avait frappé sa femme qui s'était alors retranchée dans la salle de bain. Il avait alors tenté de défoncer la porte à coup de hache. Jugé en comparution immédiate il a été condamné à de la prison avec sursis.
 


 
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