Girondins de Bordeaux : un club au régime sec

Paulo Souza, entraîneur de Bordeaux / © Yves SALVAT MAXPPP
Paulo Souza, entraîneur de Bordeaux / © Yves SALVAT MAXPPP

Les supporteurs ont attendu  une surprise de dernière minute, qui n’est jamais venue. Paulo Sousa s’était fait une raison. L’entraîneur bordelais avait fait part de son agacement sur ce premier marché des transferts estival version américaine, loin des promesses de sa direction.

Par Nicolas Morin et Christine Le Hesran

Avec Dijon et Brest, Bordeaux, censé avoir des ambitions élevées, est le club de Ligue 1 qui a le moins investi : 7 Millions d'euros, pour L.Koscielny et le sud- coréen Hwang Ui-Jo.  Les autres recrues de l’été, Benito, Mexer et Kwateng, sont arrivées libres ou en prêt, comme Aït-Bennasser.

Un club sous surveillance

Mais pouvait-il en être autrement pour un club sous étroite surveillance de la DNCG ( la direction nationale du contrôle de gestion ) ? Au mois de juin, le gendarme financier des clubs français avait fixé la feuille de route.
Pour réduire le déficit du club supérieur à 30 Millions d'euros, Bordeaux devait vendre pour environ 40 Millions d'euros et ne pas dépenser plus de 10 Millions d'euros en achat de joueurs.
Avec 35 Millions d'euros de ventes (Koundé, Lerager, Youssouf) et 7 Millions d'euros pour les recrues donc, les engagements ont été globalement respectés.

Plus de dépenses jusqu'à nouvel ordre

Sur les réseaux sociaux, les fans se déchaînent contre les propriétaires, et leur communication (trop) optimiste ces derniers mois. Mais Bordeaux n’est pas Nice, racheté par le milliardaire Jim Ratcliffe.
Aux Girondins, les patrons sont des fonds d’investissement, qui dépensent rarement des sommes élevées, ou qu’ils ne pensent pas récupérer rapidement.
 
Joe Da Grosa au Haillan, propriétaire des Girondins de Bordeaux (au moment de son arrivée à la tête du club) / © France 3
Joe Da Grosa au Haillan, propriétaire des Girondins de Bordeaux (au moment de son arrivée à la tête du club) / © France 3

De plus, selon nos informations, lors d’une réunion au Haillan mi-août, King Street, co-propriétaire du club avec GACP, a décidé de fermer le robinet des dépenses jusqu’à nouvel ordre. 
Résultat, à Bordeaux, on ne parle plus d’objectif européen pour cette saison, mais d’une place dans les dix premiers…

Le retour des lofteurs ?

Mis à l’écart du groupe professionnel depuis mi-juillet, les lofteurs du Haillan, Y.Sankharé, P.Baysse, T.Carrique et J. Cafu sont convoqués pour la reprise de l’entraînement jeudi après-midi.
Bordeaux n’a pas le choix sous peine de s’exposer à des sanctions.
En effet, la charte du football professionnel indique qu’au 31 août, les joueurs mis à l’écart en attente de transfert, doivent avoir réintégré l’effectif, ou qu’à défaut le club doit constituer un deuxième groupe d’entraînement comprenant au moins dix joueurs…
Comment Paulo Sousa, qui n’a jamais caché son intention de les voir partir, va-t-il travailler avec eux ? Dans quel état d’esprit seront les futurs ex-lofteurs ? Des négociations pour résilier leur contrat seront peut-être entamées. Mais elles s’annoncent très difficiles car les intéressés ne feront aucun cadeau financier à un club qui les a si peu considérés tout l’été.

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