Insolite. Il a déjà sauvé des milliers de crapauds : le crapaudrome est de retour à Hourtin

Destiné à protéger les crapauds qui tentent de traverser la route lors de leur migration nuptiale, le crapaudrome d'Hourtin a été ré-installé par l'ONF et le département de la Gironde, le 5 janvier 2023. Il permet de sauver des milliers de bêtes chaque année depuis 2019.

C'est un petit rideau, dressé le long de la route départementale 547 à Hourtin, près de la Lagune de Contaut. Derrière lui, une quarantaine de seaux sont enfouis au ras du sol. Ce curieux dispositif, installé depuis le 5 janvier par l'ONF et le département de la Gironde, permet de sauver chaque année des milliers de batraciens qui tentent de traverser la route lors de leur migration nuptiale. 

Lorsque ces crapauds et grenouilles décident de se déplacer vers leurs lieux de reproduction, ils se retrouvent bloqués par le rideau et finissent par tomber dans les seaux. Les amphibiens sont ensuite récupérés chaque matin, puis relâchés de l'autre côté de la route. Ils arrivent ainsi à destination sains et saufs. 

Difficile de déterminer combien d'entre eux finissaient écrasés avant l'existence ce système, mis en place pour la première fois en 2019, mais celui-ci a protégé près de 2 000 crapauds et grenouilles en 2022, et 4 500 en 2021. La différence d'une année à l'autre s'explique par le gel tardif de 2022, qui a pu gêner le déplacement de ces batraciens. 

Un dispositif unique en Gironde

Il s'agit "de 96 à 98% de crapauds, ensuite principalement de grenouilles agiles, mais elles peuvent sauter le rideau", précise Bernard Devaux, technicien forestier notamment en charge de la réserve naturelle des Dunes et Marais d'Hourtin, à l'origine du dispositif.
S'il est unique en Gironde, on en compte entre 40 et 50 du même type sur tout le territoire français, selon Bernard Devaux. "Sur 100 départements en France, ce n'est pas énorme", estime-t-il. Il faut dire que la protection de ces bêtes est primordiale, tant leur rôle est essentiel pour la biodiversité.  

Ils nous libèrent d'énormément d’insectes qui proliféreraient, comme les moustiques. Tout ce qui prolifère doit être régulé. En plus, ce sont des bêtes qui respirent par la peau. Dans les zones humides dans lesquelles ils vivent, elles sont un bon indicateur de la pollution.

Bernard Devaux

à France 3 Aquitaine rédaction web

Des visites gratuites pour découvrir le dispositif

Autrement dit, en plus de nous épargner quelques piqures de moustiques, ces batraciens sont d'excellents indicateurs de la santé des milieux naturels. Bernard Devaux regrette d'ailleurs le manque de considération pour leur sort, lors de projets de construction en zone humide. 

Afin de sensibiliser le plus grand nombre, l'ONF propose jusqu'au 17 mars des visites gratuites d'une heure pour découvrir le dispositif, et observer les espèces recueillies à l'intérieur des seaux. Elles sont organisées en semaine à partir de 8h30, et les week-ends à partir de 9h30. L'inscription se fait par téléphone, au 06 17 78 12 94, ou au 06 12 38 92 12. 

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