Adamée, un trio de Bordeaux 100 % féminin et engagé pour les droits des femmes

Adamée est un trio vocal et percussions bordelais composé de trois chanteuses reprenant des titres engagés sur les droits des femmes. Leur dernier clip vient de sortir début septembre, tourné dans les rues de Bordeaux. Elles sont en concert ce dimanche 26 septembre.
Adamée, trio vocal bordelais
Adamée, trio vocal bordelais © Sarah Paulin / France 3 Nouvelle-Aquitaine

C'est un trio 100 % féminin. Margot, Mylène et Lisa, sont chanteuses, musiciennes et percussionnistes. Au travers des percussions, ces trois jeunes femmes proposent un répertoire varié sur des airs d'ici et d'ailleurs. Avec leur nouveau groupe, Adamée, elles proposent des reprises de chansons engagées sur la thématique du droit des femmes. 

Trois voix de femmes, une guitare et des percussions

Adamée

Les chansons dépassent les frontières et sont volontairement empruntées au répertoire du féminisme. “Nous sommes un trio vocal et percussions qui reprend des morceaux sur la thématique du droit des femmes et qui fait voyager les personnes un petit peu partout dans le monde au travers de cette thématique là” explique Mylène.
Un trio à découvrir dans leur premier clip scénarisé qui vient de sortir début septembre. 

La volonté de s'engager

Ces trois filles-là ne se sont pas trouvées par hasard. Elles sont chacune animées par les mêmes valeurs autour du droit des femmes. “Nous sommes toutes les trois féministes et quand nous avons décidé de former le trio nous en avons parlé et ça a raisonné en nous en fait.” explique Mylène.

C’était l’idée d’apporter notre personnalité à travers cette thématique là qui nous semblait très importante

Lisa, Adamée

À des degrés différents, elles ont toutes les trois vécues des expériences personnelles qui les amènent à s’engager dans le féminisme musicalement. “Nous avons toutes les trois une histoire autour de ça, alors cela coulait sous le sens d’allier l’artistique et le côté engagé” ajoute la musicienne.

Un milieu musical qui n’est pas tendre avec la gente féminine selon les musiciennes : “Le milieu de la musique est un milieu assez macho avec beaucoup d’hommes”.

Du harcèlement à la chanson

C'est finalement un milieu où elles ont su prendre leur place. Le chant et la musique sont des médiums qui permettent de véhiculer des idées sans trop heurter. “Amener le féminisme dans la musique car individuellement on a toutes vécu des choses qui nous ont toutes marquées en tant que femme et qu’il fallait qu’on puisse communiquer au travers d’un message assez simple et abordable pour ne pas tomber dans l'extrémisme” confie Margot.

Déjà confrontées dans leur quotidien au harcèlement, leurs expériences personnelles les ont poussées sur scène et c’est sans langue de bois que Margot se confie. “Personnellement je travaille depuis trois ans sur un marché de Bordeaux, je me fais régulièrement harceler au travail par différentes personnes et je le vis très mal. J’ai du mal à l’intégrer tous les jours et on me dit c’est comme cela et pas autrement”.

Ancrées dans la réalité, elles savent de quoi elles parlent et ce qu’elles chantent “j’ai travaillé dans les ressources humaines, j'avais fait un mémoire de recherche sur l'égalité entre les hommes et les femmes et au début je pensais qu’on avait plus ou moins les mêmes postes et les mêmes salaires. J’ai étudié les statistiques et c’était vraiment affolant” explique Mylène. Fortes de leur vécu respectif, c'est  une raison supplémentaire qui va les mener à s’engager ensemble.

C’est là que ma conscience féministe s’est réveillée et je me suis intéressée de plus en plus à cette question là, au travail ou dans la vie personnelle de tous les jours.

Mylène, Adamée

C'est une véritable prise de conscience. “C’est pour ça Adamée, c’est très important pour moi aussi pour pouvoir communiquer ce message largement” ajoute la musicienne bordelaise.

L’éclosion du trio

Malgré la période sanitaire qui confine la France en 2020, les filles bâtissent leur projet à distance. “Adamée est née il y a environ un an. Nous avons créé le groupe pendant le premier confinement. Nous avons commencé en visio. Nous avons travaillé sur tout ce qui est administratif et les fondements du groupe à distance et en fait nous n'avons pu nous voir qu’au déconfinement. C’était frustrant mais le travail a porté ses fruits” explique Lisa.

Restait à trouver le nom du groupe et là encore, portées par leur féminisme et l’osmose entre elles, les musiciennes ont su trouver leur identité commune. “Le nom du groupe, Adamée cela vient d’Adam et de Eve. Pour nous, cela va être le féminin d’Adam parce que si on n’avait pas eut une Eve pêcheresse dans notre culture commune, la femme ne serait peut-être pas perçue de la même manière et donc nous voulions partir sur une base d’égalité et donc Adam et Adamée” explique Margot.

Adamée lors de l'enregistrement de la première partie de leur clip
Adamée lors de l'enregistrement de la première partie de leur clip © Sarah Paulin / France 3 Nouvelle-Aquitaine

Les fondations sont désormais là et les valeurs communes permettent aux filles d’avancer ensemble.

Adamée, c’est une forme d’émancipation de la femme, à travers la musique et c’était important pour nous en tant que musiciennes et femmes

 Lisa, Adamée

Des rencontres décisives

Le trio est le fruit de plusieurs rencontres, d’abord entre les filles qui font connaissance à l’école de musique, mais aussi en parallèle avec le musicien folk bordelais Milos Asian qui les aide à se lancer.
 

Nous avons créé Adamée chez Milos dans le cadre d’un stage.

Margot

Milos Asian leur propose de travailler avec lui. “ Nous l’accompagnons sur ses titres en tant que choristes et percussionnistes et l’on va tourner avec lui cet été et l’année prochaine” explique la jeune chanteuse.

Des reprises et des créations

Parmi les chansons au répertoire, Adamée interprète l'Hymne des femmes. Chanson créée collectivement en mars 1971 par des militantes féministes de Paris, l'hymne du MLF, parfois appelé Hymne des femmes, ou encore Femmes debout, est devenue un emblème du Mouvement de libération des femmes (MLF) et plus généralement des luttes féministes francophones. 

 

Debout, femmes esclaves et brisons nos entraves

L’hymne des femmes, reprise Adamée

Si cette année le trio vocal reprend des morceaux “en les réarrangeant, en refaisant toute l’instrumentalisation” de nouveaux projets artistiques sont d’ores et déjà dans les tuyaux. “L’année prochaine nous avons vraiment envie de composer nos propres morceaux, d’écrire des textes en rapport avec le féminisme, avec notre propre histoire ou même raconter des témoignages d’histoires de femmes”  précise Mylène.

Tristement sur le devant de la scène, les atteintes aux droits des femmes sont nombreuses. Les sources d'inspiration ne manqueront malheureusement pas aux trois artistes tant il y a à dire sur la cause féminine et la défense du droit de ces femmes.

Le féminisme, c’est très large, donc il y a beaucoup de choses à dire et c’est ce qu’on aimerait faire l’année prochaine, porter ce message.

Mylène, musicienne

Retrouvez en intégralité l'interview du groupe Adamée lors du tournage de leur nouveau clip ►

Le trio vient de sortir son premier clip vraiment scénarisé. Un premier enregistrement qui s'est déroulé sur la scène de leur école de musique bordelaise, le CIAM (l’école de musique et technique du spectacle vivant) de Bordeaux. Au programme, une reprise de No me toques mal de la Muchacha. Une deuxième partie a été tournée en août à Bordeaux dans les rue du quartier Saint-Michel, notamment autour d’un marché local.

Voir cette publication sur Instagram

Une publication partagée par ADAMÉE (@adamee_music)

Les trois musiciennes sont sur scène ce dimanche 26 septembre au collège Fieffé à Bordeaux et pour quelques autres dates ces prochaines semaines à Bordeaux et alentours.

Poursuivre votre lecture sur ces sujets
musique culture femmes société