Présidentielle : le parrainage des candidats, un casse-tête pour les élus aquitains

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Écrit par MK avec Stéphanie Deschamps
Les candidats à la présidentielle doivent réunir 500 parrainages.
Les candidats à la présidentielle doivent réunir 500 parrainages. © JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN / AFP

En cette période pré-électorale, les élus sont très sollicités par les candidats à la présidentielle en recherche de parrainages. Qui choisir, et quelles seront les conséquences sur leur mandat local ? Nombreux sont les maires à peser soigneusement le pour et le contre avant de s'engager.

C'est une promesse qui a fait couler beaucoup d'encre. A Salaunes, commune de 1 200 habitants dans le Médoc, le maire Jérôme Pardes a choisi de parrainer Eric Zemmour pour la présidentielle. Un choix assumé, expliqué dans une vidéo diffusée sur Twitter et largement relayée par les soutiens du polémiste candidat.

Une décision personnelle

"Il n'est pas acceptable qu'un candidat qui rassemble près de 15% des intentions de vote, qui est à la tête d'un parti en pleine expansion, soit privé d'élection présidentielle, faute de parrainages, alors que d'autres qui ne réunissent pas 5% des intentions de vote les auront sans difficulté", explique l'élu face caméra. Jérôme Pardes, qui refuse depuis de s'exprimer dans la presse à ce sujet, se défend ensuite d'être "un extrémiste de droite, un fachiste, un homophobe, antisémite ou encore un intégriste", et assume une décision "personnelle", qui "n'engage pas son conseil municipal".

Ce dernier, pas de cet avis, a toutefois fait part de son mécontentement, dans un communiqué, obligeant le maire à réunir son conseil à huis clos le 11 janvier.

Des élus très sollicités

A l'image de cette situation médocaine, la question du parrainage ou non, d'un candidat à la présidentielle, est parfois épineuse. En cette période pré-électorale, les maires, députés, sénateurs, présidents de conseils métropolitains, ou encore conseillers départementaux ou régionaux sont particulièrement sollicités. Tous les candidats à l'élection présidentielle doivent être en mesure de présenter 500 signatures, et ce avant le 4 mars.

Au Pays basque, Isabelle Pargade, la maire d'Hasparren, a déjà reçu une dizaine de demandes. "Elles viennent de grands partis politiques comme de gens complètements inconnus, assure l'élue, avant de détailler : Europe Ecologie les Verts, Emmanuel Macron, Arnaud Montebourg, Jean Lassalle, Eric Zemmour en plusieurs exemplaires, le Parti animaliste ou encore, juste ce matin, une jeune femme attachée au RIC, le Référendum d'initiative citoyenne".

Face à ces nombreuses sollicitations, l'élue déplore la multiplication des candidatures qui "contribuent à créer un climat peu propice à la clarté du débat". "Je suis plutôt dans une position où je ne vais pas parrainer de petits candidats qui ne seraient pas adossés à un parti politique", avance-t-elle.

Voir le reportage de France 3 Euskal Herri

Eviter les confusions

Isabelle Pargade reconnaît avoir conscience d'un risque. "Il peut y avoir une confusion entre le fait de parrainer un candidat, et d'être considérée comme étant inféodée à ce candidat et son parti politique. Au regard de notre fonctionnement, je ne suis pas favorable à l'idée de parrainer un candidat"Une décision discutée avec son équipe municipale. "Nous sommes une équipe plurielle avec plusieurs tendances politiques. Notre engagement, il est pour la ville d'Hasparren", rappelle-t-elle.

A une quinzaine de kilomètres d'Hasparren, Jean-Marie Iputcha, le maire d'Espelette, est, lui aussi ,peu enclin à accorder son parrainage, malgré les "six ou sept demandes" reçues. "On sent qu'on a les mêmes qui reviennent, qui ont du mal à avoir les 500 signatures. Mais moi je ne réponds à personne", prévient-il.

On est dans un petit village, avec une équipe de 19 personnes. Nous, on n'a pas d'étiquette politique. Moi, je ne fais pas de politique.

Jean-Marie Iputcha, maire (sans étiquette) d'Espelette

France 3 Euskal Herri

Pléthore de candidats

"Cette décision ne peut être que personnelle, estime de son côté Bernard Lauret, maire de Saint-Emilion et président de l'association des maires de Gironde.

Le gros souci, c'est qu'il y a une pléthore de candidats. Mais ça reste un choix personnel. C'est le maire qui signe et qui s'engage. A lui ensuite de voir s'il veut, ou pas, en parler à son conseil au préalable.

Bernard Lauret, président de l'association des maires de Gironde

France 3 Aquitaine

Lui-même reconnaît "ne pas avoir encore fait de choix" pour l'échéance de 2022. "Je ferai un choix et j'en parlerai à mon Conseil municipal. C'est lui qui m'a mis en place, et je lui dois des comptes", prévient-il.

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