Redécoupage des régions : "Revenir en arrière, ce n'est pas très sérieux !" s'inquiète le président de la Nouvelle-Aquitaine

Le Chef de l'État réfléchirait à un nouveau découpage des quatre plus grandes régions françaises, dont la Nouvelle-Aquitaine. L'idée fait bondir Alain Rousset, le président de région qui y voit une manœuvre politique. "Le vrai débat pour les régions est ailleurs" selon le politologue Jean Petaux.

Huit ans après la fusion des régions françaises et le grand chamboulement institutionnel qu'elle a engendrée, Emmanuel Macron réfléchirait à redécouper les quatre plus grands territoires de France métropolitaine : la Nouvelle-Aquitaine, l'Occitanie, l'Auvergne-Rhône-Alpes et le Grand Est.
Selon une information parue dans les colonnes de la Dépêche, le chef de l'État en aurait fait part à ses prédécesseurs, le 3 février, lors d'une réunion privée avec François Hollande, puis le 7 février avec Nicolas Sarkozy. 

"Le Président de la République ne nous a jamais reçus pour parler de cela !", confie, agacé, Alain Rousset, déjà alerté de l'éventualité d'un tel projet.

Car l'idée d'un retour à l'avant 2015 inquiète le président socialiste de la Nouvelle-Aquitaine et ancien patron de l'ex-Aquitaine :

C'est assez fou au moment où la France a besoin de décentralisation. Politiquement, c'est un leurre en plein débat sur les retraites.

Alain Rousset, président de la Région Nouvelle-Aquitaine

à France 3 Aquitaine

Selon le président de la troisième plus grande région de France avec six millions d'habitants, ce redécoupage ne serait pas crédible :

"On a fait réussir la grande région. Moi-même, je n'étais pas sûr en 2015 (au moment de la fusion). Mais on a assuré une présence physique sur le terrain, on a assuré la transition écologique, la réindustrialisation, la montée en puissance dans le ferroviaire... tous les acteurs ont aujourd'hui l'habitude de travailler avec une seule région", détaille Alain Rousset ce mercredi 8 février. 

Revenir en arrière, ce n'est pas sérieux, on remettrait du bazar pour éparpiller les pouvoirs publics.

Alain Rousset

à France 3 Aquitaine

Une réforme des institutions sur la table ?

Ce redécoupage des quatre plus grandes régions serait mené dans le cadre d'une plus vaste réforme institutionnelle promise durant la campagne présidentielle par le Chef de l'État.

Selon plusieurs sources, relayées notamment dans les colonnes du journal Le Monde, ce chantier institutionnel comporterait une réflexion sur la réduction du nombre de parlementaires, sur la réforme des modes de scrutin ou sur le retour du septennat.

L'Élysée réfléchirait aussi à fusionner les fonctions de conseiller régional et de conseiller départemental. Le Chef de l'État souhaiterait aussi réfléchir au découpage territorial et imaginer supprimer l'échelon régional, peut-on lire dans les colonnes du journal Le Monde.

"Cette réforme institutionnelle à répétition, c'est le mal français !"

Ce projet de défusion des régions interroge le politologue bordelais Jean Petaux : "si cette idée est crédible, elle est regrettable", explique-t-il, ajoutant que cette impossibilité à stabiliser les choses ne se retrouve nulle part ailleurs en Europe.

"Cette réforme institutionnelle à répétition, c'est le mal français. Quand vous avez conçu un projet de fusion des régions en 2015, il faut cinq ans pour stabiliser les institutions. Et il faut du temps pour construire une culture commune."

Le vrai débat sur les régions est ailleurs : c'est celui sur leurs compétences, leurs moyens et leur capacité à intervenir dans la vie quotidienne

Jean Petaux, politologue

à France 3 Aquitaine

Quel sera l'avenir des régions et en particulier des quatre plus grands territoires nés de la fusion de 2015 ? Impossible de le savoir pour l'heure, mais le débat commence à agiter la scène politique régionale.

Le big-bang institutionnel pourrait être lancé dans la foulée de la réforme des retraites. Après François Hollande (qui n'a pas donné suite à notre demande d'interview à ce sujet) et Nicolas Sarkozy, ce sera au tour de Gérard Larcher, président du Sénat d'être reçu à l'Élysée le 13 février. Il sera suivi le lendemain de son homologue de l'Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet.

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