Reprise du championnat : les clubs du Top 14 dans le flou

À moins de dix jours du lever du rideau du championnat de France, l'incertitude plane sur le bon déroulement de la compétition. Entre la gestion des cas positifs au Covid-19 et la limitation à cinq mille spectateurs dans les tribunes, les clubs sont contraints de s'adapter. 
Les joueurs de l'UBB réunis lors de la rencontre chez l'ogre Clermontois en février 2020.
Les joueurs de l'UBB réunis lors de la rencontre chez l'ogre Clermontois en février 2020. © Maxppp / Thierry Larret
Ces dernières semaines, les cas de Covid-19 se sont multipliés dans les clubs de Top 14, comme le Stade Français, Lyon ou Clermont, et en Prod D2 avec Béziers, Montauban et Grenoble. Plusieurs voix s'étaient alors élevées, dont celle du manager de l'UBB Christophe Urio, pour sanctionner d'un forfait avec match perdu à zéro point pour tout club qui ne pourrait pas jouer à cause des contaminations de ses joueurs. Les membres de la commission sportive de la Ligue Nationale de Rugby n'ont pas retenu cette ligne dure hier. Car d'une part, il faudrait prouver la faute du club et d'autre part les protocoles sanitaires mis en place par les ARS diffèrent en fonction des régions.

Match reporté si au moins 3 cas positifs 

À la place, l'instance du rugby professionnel a acté le principe du report du match si un club ne peut pas aligner une équipe sur le terrain notamment dès l'ouverture de la saison les 4,5 et 6 septembre. Autre décision importante, qui doit encore être entériné par la cellule ministérielle de veille sanitaire, il faudra désormais trois cas positifs, contre un seul jusqu'à présent, pour reporter un match. Les joueurs seront testés le mercredi précédant chaque rencontre, avec des résultats connus au plus tard le vendredi, ce qui laissera le temps de reporter une rencontre.
Ce protocole doit permettre d'assurer la continuité du championnat, tout en tentant d'éviter le plus possible le report des matchs dans un calendrier déjà surchargé.

 

Stade Français-UBB en question

La première inconnue par ordre d’apparition du calendrier c’est la rencontre inaugurale entre le Stade Français et Bordeaux-Bègles le vendredi 4 septembre. Après un stage préparatoire cet été, le club de la capitale a enregistré une importante vague de contaminations, quasiment une trentaine de cas positifs. À ce jour, le Stade Français n’a pas fait de demande de report et a repris l’entraînement. Ce sera à la commission médicale de la ligue de trancher. Mais si le match a bien lieu, il faudra tout de même s’interroger sur l’équité sportive entre une équipe privée d’entraînement collectif pendant trois semaines et l’UBB qui s’est préparée normalement.

5000 et pas un de plus

L’autre inquiétude du monde de l’ovale est cette fois-ci économique. 
Contrairement au football, les droits télévisés des clubs du Top 14 ne représentent que 20% des ressources. Le reste provient des partenaires et des recettes guichets les jours de match. Une jauge à 5 000 spectateurs compromet leur modèle économique si la situation sanitaire ne s’améliore pas.
Le SU Agen avait demandé une dérogation pour accueillir 8 000 personnes à Armandie lors de la réception de Castres le 5 septembre. Mais la préfecture du Lot-et-Garonne a refusé en raison de la situation sanitaire.
De son côté, l’UBB a suspendu jusqu’à nouvel ordre la vente de ses abonnements pour les rencontres à domicile, toujours en raison de cette fameuse jauge des cinq mille.
Six mois après l’arrêt de la saison dernière, le Top 14 va bien reprendre, mais dans un contexte très particulier.
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