Retour tardif de la bronchiolite en Aquitaine

La bronchiolite fait son grand retour en ce début de printemps. Les années précédentes, le pic de contamination avait lieu en hiver, mais l'application des gestes barrières pourrait avoir modifié la donne

© France 3 Aquitaine

C'est une des conséquences de la crise sanitaire que nous traversons depuis maintenant un an : la bronchiolite du nourrisson arrive, mais avec du retard. "On avait l'habitude de les voir entre novembre et mars. C'est cette semaine que j'ai reçu des appels pour des soins de ce type", note Mathieu Delorme,  kinésithérapeute spécialisé en soins respiratoires à Martillac en Gironde. Il le reconnaît : cet hiver, contrairement aux années précédentes, il n'a vu passer quasiment aucun cas de bronchiolite. 

Un relâchement dans l'application des gestes barrières ?

L'épidémie de maladie hivernale a, selon l'ARS, été décalée par l'application des gestes barrières. Masques, distances physiques et gel hydroalcoolique ont permis de contenir le virus pendant quelques temps. Le meilleur moyen de s'en protéger reste le lavage des mains réguliers, éviter la promiscuité, porter un masque ou encore aérer la maison. Mais ces gestes barrières, s'ils sont désormais connus de tous depuis la pandémie de Covid-19, restent difficiles à appliquer en présence d'un nouveau-né.

"Déjà l'an dernier avec le confinement, on a eu très peu de cas bronchiolites qui nous ont été adressées, poursuit Mathieu Delorme.

Le port du masque quand on a un nourrisson et en bas âge et qu'on est à la maison, ce n'est pas facile. Il faut aérer les pièces, mais on n'est pas à l'abri d'une contamination par un grand frère qui va à l'école par exemple.

Mathieu Delorme, kinésithérapeute

"Ce n'est pas impossible, aujourd'hui, que les mesures barrières soient un peu moins respectées, parce que les gens commencent à se lasser. Mais ça ne reste qu'une hypothèse ! En réalité on ne sait pas vraiment".

La Nouvelle-Aquitaine en stade épidémique

La bronchiolite est une infection liée à un virus, potentiellement dangereux pour les bébés et les personnes âgées. La Nouvelle-Aquitaine est passée depuis le 17 mars en phase épidémique. Plus de 6 % des consultations concernant des patients de moins de deux ans sont effectués pour des bronchiolites. Un taux qui reste, pour l'instant, encore bien moins élevé que celui atteint lors des pics hivernaux des années précédentes :  fin décembre 2018, ce même taux atteignait 14% des consultations chez les moins de deux ans.

"L'épidémie est encore assez freinée. On a pris en charge 26 nourrissons sur l'ensemble de l'Aquitaine ce week-end. C'est une augmentation sensible par rapport au week-end précédent, mais on est quand même loin des pics épidémiques qui ont pu être atteints des hivers précédents", confirme Marik Fetouh, directeur du réseau AquiRespi, et invité du 12/13 de France 3 Aquitaine.

Voir l'interview de Marik Fetouh, invité du 12/13 de France 3 Aquitaine

Retour de la bronchiolite : Marik Fetouh, directeur du réseau AquiRespi, invité du 12/13

Quelle différence avec la Covid-19 ?

Un virus, des symptômes du rhume des gestes barrières à respecter... La bronchiolite pourrait, en apparence ressembler au virus de la Covid-19. Pourtant, les deux sont facilement identifiables, poursuit Marik Fetouh. "La bronchiolite, ça commence par une rhinopharyngite qui va ensuite descendre sur les poumons. La Covid, c'est un syndrome qui est plutôt d'emblée pulmonaire".

La fièvre est aussi plus forte dans la Covid que dans la bronchiolite. Mais surtout la question primordiale, c'est de savoir si une personne dans l'entourage est positive au Covid, auquel cas il faudra emmener l'enfant faire un test.

Marik Fetouh, directeur du réseau AquiRespi

Quel traitement ?

Les parents qui suspectent une bronchiolite doivent, en premier lieu, emmener leur enfant chez le médecin qui évaluera la gravité du cas. "Dans 95% des cas, l'enfant est géré en médecine de ville, avec le fractionnement de repas, le lavage de nez et parfois de la kinésithérapie respiratoire quand le médecin juge que c'est utile ", précise Marik Fetouh.

En Aquitaine, des gardes de kinésithérapie respiratoires sont assurées les week-end et les jours fériés au moins jusqu'à la fin du mois d'avril. Les familles en recherche d'un kinésithérapeute de garde peuvent se connecter sur le site bronchiolite.org ou appeler le numéro suivant 0 820 825 600  (coup de l'appel : 0,06 € / minute)

Voir le reportage de France 3 Aquitaine

Avec quelques mois de retard, la bronchiolite fait son retour en Nouvelle-Aquitaine

 

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