Aquitaine : la tempête "Justine" annoncée ce samedi sur des terres détrempées

Après "Bella" et "Hortense", voici "Justine". La tempête hivernale s'accompagnera de fortes pluies, de neige sur les Pyrénées, et de vents pouvant dépasser les 100 km/h sur les côtes landaises et basques. Un abat d'eau annoncé sur des territoires déjà saturés dans les Landes ou le Lot-et-Garonne.

Tartas ce mercredi 27 janvier.
Tartas ce mercredi 27 janvier.

La tempête se situe ce jeudi 28 janvier encore sur l'Atlantique et devrait atteindre et le Golfe de Gascogne ce samedi avec des rafales atteignant 130km/h et une houle exceptionnelle de 12 mètres au large. C'est en soirée que les vents seront les plus forts.

Sur le littoral, on s'attend à des scores entre 90 et 105 km/h essentiellement dans les Landes et Pyrénées-Atlantiques, avec une surcote dans les baies et estuaires de plus d'un mètre avec des forts coefficients de marées (93, marée haute à 18h27 au Verdon/ 92, 17h59 à Bayonne, 92, 20h50 à Bordeaux).

De la Gironde aux Pyrénées, la forte houle est également attendue sur les côtes, pouvant passer samedi de quatre à huit mètres.

 

Des vents de 90 à 105 km/h sont attendus à Mimizan et Bayonne.
Des vents de 90 à 105 km/h sont attendus à Mimizan et Bayonne. © Météo-France

Landes et Lot-et-Garonne en alerte inondations

Depuis les derniers épisodes pluvieux, les crues des affluents de la Garonne et de l'Adour, les départements aquitains ont déjà souffert de gros dégâts endommageant des maisons, des routes et perturbant les activités. Cette tempête "Justine" interviendra sur des territoires déjà gorgés d'eau par les effets de Bella et Hortense, avec des cours d'eau très chargés.

Pour l'instant et jusqu'à vendredi 29 janvier matin, la vigilance crues n'est que jaune sur les départements aquitains mais pourrait changer de couleur au fil des heures et de l'arrivée de la dépression au cours de la journée de samedi.

Tartas dans les Landes s'attend à une nouvelle vague

Le département des Landes est encore en vigilance jaune risques de crues, et la Midouze est déjà, en ce moment, sortie de son lit pour la  quatorzième fois en un an. Mercredi 27 janvier, les rues de la commune landaise étaient encore une fois inondées. Vingt-quatre heures plus tard, même si le niveau a bien baissé, les territoires alentours sont saturés d'eau et seront, une fois de plus, peu capables d'absorber le surplus d'eau de la prochaine tempête.

Les habitants de Tartas sont usés par ce quotidien humide. A l'image de ce commerçant qui regarde le niveau de l'eau sous la passerelle installée provisoirement.

Y'en a ras le bol (...) C'est épuisant, fatigant. Moralement, j'en ai marre de voir de la flotte ! 

Patrick Duprat, commerçant à Tartas (40)

La ville surveillera, comme d'habitude, les prévisions de Vigicrues et Météo-France en regardant la montée des eaux ce week-end. En attendant, un million d'euros ont été débloqués par le conseil départementale des Landes pour venir en aide aux communes les plus touchées par les inondations de décembre dernier. La moitié sera consacrée à la réfection des routes et ponts endommagés par les intempéries, l'autre moitié aux communes, selon les aides du fonds de solidarité également.

Le reportage réalisé mercredi 27 janvier à Tartas d'Alexandre Perrin et Laurent Montieil >

Tartas : après les inondations, des aides

La commune landaise avait commencé l'année (voir post FB ci-dessous) à demi engloutie par les eaux de l'Adour et de la Midouze. Puis de nouveau à peine trois semaines plus tard. Un scénario qui risque de se répéter ce week-end car les cours d'eau sont déjà bien hauts... 

 

 

En Lot-et-Garonne, on reste vigilants

C'est aussi un département qui a connu quelques épisodes marquants ces dernières semaines et ces dernières années. Comme l'an dernier à Couthures-sur-Garonne qui, en ce moment n'a pas trop à se plaindre de la situation. Mais la commune en zone rouge pour ses risques d'inondations, a l'habitude, malheureusement, de ce type d'intempéries.

Le maire, Jean-Michel Moreau, l'enfant du pays, en est à son 5ème mandat, c'est dire s'il connaît le phénomène : "On est très attentifs. Mais on doit attendre que les événements se produisent pour enclencher notre plan communal de sauvegarde. Notre équipe est assez préparée". Pour l'instant "on est restés en zone jaune, on n'a pas trop été impactés" mais il explique qu'ils seront vigilants dans les heures à venir sur la graduation de la vigilance jaune qui passe parfois rapidement à l'orange... sachant que la commune est entourée d'un méandre de la garonne.

Car il s'inquiète également du contexte de l'arrivée de cette deuxième tempête hivernale de 2021 : "depuis plusieurs semaines il pleut, les fossés sont pleins, les terres saturées d'eau.."

Il explique également commence cela se passe dans son village qui a une population vieillissante. Depuis 2004, toutes les communes de France doivent élaborer un plan communal de sauvegarde communal avec une "réserve communale". C'est à dire, les moyens en ressources humaines et matériels mobilisables en cas de crise. Des gens qui connaissent leur territoire et ses habitants notamment les personnes vulnérables à secourir en priorité.

A l'échelle de Couthures-sur Garonne, il s'agit de répertorier, par exemple, les sauveteurs du village, l'agriculteur ou le pêcheur professionnel en capacité de fournir et manipuler un tracteur, un bateau... 

Pour Jean-Michel Moreau, même si la commune est habituée à être littéralement "isolée" en cas d'inondation traditionnelle (à 2,5km en bateau de la première route), il déplore un désengagement de l'Etat sur ce thème : "On nous demande de faire face à des situations exceptionnelles qui n'arrivent qu'une fois tous les trente ans". Il pointe tout de même l'inégalité face à de plus grosses communes en capacité financière de se doter de véhicules ou matériels de sécurité, de secours. "Nous c'est toujours le système D" et la solidarité...

 

 

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