Suspension de toutes les audiences au tribunal de Bordeaux, les avocats sont en grève

Le tribunal de Bordeaux. Photo d'illustration.
Le tribunal de Bordeaux. Photo d'illustration.

Le conseil de l'ordre du Barreau de Bordeaux a voté la suspension de toutes les audiences ce lundi. Journée de mobilisation des professions libérales pour défendre leurs régimes de retraite. Une centaine d'avocats bordelais est partie rejoindre la manifestation parisienne prévue à 13 heures.

Par CA

Pas d'avocat dans les tribunaux bordelais aujourd'hui, sauf pour les affaires liées à la détention et à la liberté.

Ce lundi 16 septembre ils seront dans la rue pour interpeller le gouvernement. Ils sont 104 à avoir pris le TGV vers Paris, d'autres vont se rassembler à 13h30 devant le tribunal de Grande Instance de Bordeaux.

Ils refusent d'entrer dans le régime de retraite universel à point qui les obligerait à fusionner leur caisse avec toutes les autres. Une injustice profonde scandent-ils.
 

Une caisse excédentaire


Car les avocats ont réussi à se constituer une caisse excédentaire au fil des années grâce à "une pyramide des âges inversée dans la profession, à savoir un retraité pour quatre actifs" nous explique Jérôme Dirou, le bâtonnier du Barreau de Bordeaux.

"Nous sommes 70 000 cotisants pour moins de 15 000 retraités, c'est une équation largement bénéficiaire et notre caisse accumule depuis plusieurs années d’importants capitaux propres".

Fusionner les caisses, comme le préconise Jean-Paul Delevoye, en charge de la réforme des retraites, "augmenterait sensiblement nos cotisations" s'inquiètent les avocats.

"On passerait de 1700 euros par trimestre à presque 2700 pour une retraite de base qui serait diminuée de 300 euros". 
 

Une très forte mobilisation annoncée


Pour Jérôme Dirou il s'agit d'éviter à tout prix cette réforme. "Notre position est radicale" affirme t-il. 

"La profession ne cédera pas le fruit de son travail et d’années d’efforts pour compenser des régimes déficitaires".

"On contribue déjà à aider les régimes déficitaires, par le biais de la grande compensation. On verse 700 à 800 euros par avocat chaque année, nous ne voulons pas aller au-delà" ajoute le bâtonnier.

"D'autant que les causes sont en général liées à des politiques gouvernementales passées défectueuses ou des gestions imprudentes".

Des avocats de toute la France vont faire passer le message aujourd'hui lors d'un rassemblement qu'ils annoncent massif à Paris aux côtés des autres professions libérales.

SUIVEZ LA MOBILISATION EN DIRECT 

 

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