La délinquance à la hausse en Gironde en 2019

Cambriolages, vols de voiture, les chiffres sont à la hausse. La Préfète de la Gironde a présenté ce mercredi 29 janvier 2020 le bilan de la sécurité dans le département aux côtés de Frédérique Porterie, nouvelle procureur de la République de Bordeaux. 

Les cambriolages et vols de voitures sont à la hausse en Gironde.
Les cambriolages et vols de voitures sont à la hausse en Gironde. © Jean-Luc Flémal MAXPPP
Voilà des chiffres qui étaient attendus. Car les signaux indiquaient bien ces derniers mois qu'il y a une recrudescence des faits de violence. Les chiffres 2019 en Gironde sont contrastés.
Les cambriolages de logement ont fait un bond de 20 % par rapport à l'an dernier avec 8559 faits enregistrés, davantage en zone police, donc urbaine qu'en zone gendarmerie. Les vols à l'intérieur des véhicules aussi : + 15% , plus fortement présents en zone urbaine. Les vols de véhicules sont en augmentation de 11 %. A noter aussi que les vols violents sans arme connaissent une progression de + 10 %. 
 
Cette année 2019 affiche également une augmentation très nette des violences sexuelles avec une progression de +16,3 %. Reflet de la situation au plan national avec une augmentation de +12% en 2019. La préfecture indique qu'elle " trouve sans doute une partie de son explication à travers la libération de la parole et le mouvement « Meetoo »."

En baisse

Les homicides enregistrent une " légère baisse ".  Le département a connu 20 homicides sur l'année 2019 ( contre 24 en 2018 ) et dans le détail 12 en zone police c'est-à-dire urbaine et 8 en zone gendarmerie, c'est-à-dire hors de la métropole bordelaise et d'Arcachon. 
Les vols à mains armés sont aussi à la baisse. Le département a enregistré 152 faits en 2019 contre 167 en 2018.

Les raisons invoquées

Pour expliquer l'évolution de cette délinquance, la Préfète Fabienne Buccio met en avant l'augmentation significative de la population en Gironde, au rythme de +1.4 % par an. Plus d'habitants et donc potentiellement plus d'actes de violence réalisés. 

Elle observe également la présence de bandes très organisées. "Elles peuvent commettre dix à vingt cambriolages en une semaine" affirme t-elle . "Il a fallu du temps pour les démanteler mais d'autres équipes se reconstituent et on recommence le même exercice".

En cause également, les mineurs non accompagnés. "Ces gamins arrivent de pays étrangers et entrent dans des réseaux de traficants". Le fait qu'eux-même se droguent les poussent à voler pour pouvoir se payer leurs substances. 

"Il y a une extrême violence et une extrême violence sociale" témoigne Fabienne Buccio.

Ainsi, dans un contexte de baisse de la délinquance des mineurs en zone police, la part des mineurs non accompagnés (MNA) se déclarant d’origine étrangère augmente de 38 % par rapport à 2018 et ils représentent 35 % en 2019 de l’ensemble des mineurs mis en cause. En novembre dernier, c'était déjà ce qui préoccupait les magistrats du parquet de Bordeaux. 

 


En réponse à la recrudescence d’actes de délinquance par des MNA se déclarant étrangers, la direction départementale de la sécurité publique a créé en septembre 2019 une cellule d’enquête MNA.

En 4 mois et demi : 33 MNA ont été incarcérés pour des faits de vols avec violence, cambriolages ou violations de domicile.
Dossier de presse - Préfecture de la Gironde - 

L'autorité visée

Les incivilités visant les sapeurs pompiers sont souvent dénoncées par ces professionnels du secours à personne. Ce malaise fait d'ailleurs partie de leurs revendications depuis plusieurs mois. En Gironde, 170 actes ont été dénombrés en 2019 dont 88 atteintes physiques.

Effet manifestation à répétition à Bordeaux, mobilisation des gilets jaunes, mouvements sociaux... Les violences à personne dépositaire de l’autorité publique ont augmenté de 34 % en zone police, tandis que les outrages ont augmenté de 19,4 % à l’encontre des militaires de la gendarmerie.
 

Les syndicats dénoncent des moyens détournés sur les gilets jaunes


L'année 2019 a vu bondir le nombre de manifestations en Gironde. Les moyens habituellement destinés à lutter contre la délinquance ont été détournés.

"On a pris des agents de la voie publique, des enquêteurs en investigation, ceux de la brigade anti-criminalité" pour renforcer les moyens policiers lors des manifestations des gilets jaunes assure Philippe Rolland, le secrétaire du syndicat unité SGP Police de Nouvelle-Aquitaine.

"Quand vous enlevez tous ces gens là de leur tâche initiale forcément on laisse la place aux délinquants" explique t-il.

Le bilan 2019 de la délinquance en Gironde :
 
La délinquance à la hausse en Gironde en 2019




 
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