L'épave du Frisco relâche-t-elle des hydrocarbures ? Le maire de Gauriac s'inquiète

Depuis plusieurs mois, le maire de Gauriac a constaté des nappes et des odeurs suspectes à proximité de l'épave du Frisco, un pétrolier coulé en 1944 dans la Gironde.
 
Ce sont tout d'abord des odeurs qui ont mis un riverain en alerte. L'homme qui habite en bordure de la Gironde s'en est étonné. Début mars, il rencontre sur le marché Raymond Rodriguez, le maire de sa commune, et lui en touche un mot.  "Ca s'est tassé", se souvient l'élu. Ont suivi ensuite deux mois de confinement. Puis début juin, "on s'est aperçu que c'était un phénomène récurrent. Des odeurs et des traces d'hydrocarbures à proximité de l'épave".

On sait maintenant que ces traces ne proviennent pas d'un bateau de passage, mais bien de l'épave. Ce sont des fuites régulières, qui augmentent petit à petit. Forcément, ça pose des questions. On ne sait pas combien de temps ça va durer.

Raymond Rodriguez, maire de Gauriac

 

Une épave en place depuis 1944

Le cargo le Frisco de 117 mètres de long, a servi pendant la seconde guerre mondiale. En 1944, il est aux mains des Italiens et amarré au lieu-dit Furt à Gauriac. Il est sabordé par les Allemands, afin d'empêcher aux Résistants tout accès à l'appontement. Depuis l'épave n'a jamais bougé. Visible à marée haute comme basse, elle fait partie du paysage.
"Je n'ai jamais entendu parler de problèmes de pollution liés à l'épave, assure le maire, élu en 2014. Mais je sais aussi que depuis le temps qu'il est là, les superstructures se dégradent. "

Quantité inconnue

D’où sortent ces traces d'hydrocarbures et ces odeurs de pétrole ? A ce jour, personne ne sait s'il s'agit de cuves transportées par le pétrolier, ou du réservoir du bateau qui serait percé. De même, toutes les doutes subsistent sur la quantité présente à bord, et écoulée ces dernières semaines. Et c'est bien ce que cherche à savoir le maire, qui espère que le problème n'est que mineur. Une seule chose est certaine, les rejets sont rapidement envoyés au large avec le courant, et ne s'échouent pas à proximité du village.



Raymond Rodriguez a  alerté de tous les côtés sur la situation. Les pompiers l'orientent d'abord vers  le cross Etel, (Centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage), qui eux-mêmes le dirigent vers la Dirm, la Direction interrégionale de la mer, puis la préfecture. Sans succès.  " Je comprends que c'est pas évident de plonger là-bas. C'est dangereux, on n'y voit rien, les plongeurs pourraient se blesser sur le bateau "

Des plongeurs attendus sur place

Des responsables du Port de Bordeaux se sont rendus sur les lieux en juin, mais sans constater de pollution. "Ils sont sans doute passés au mauvais moment C'est à marée basse, et quand il fait chaud que c'est le plus visible", reconnaît le maire.
Sans recours, il contacte alors les médias locaux, notamment Sud ouest et l'hebdomadaire Haute Gironde qui relatent les faits. Et finalement, des plongeurs du Sdis, le Service Départemental d'Incendie et de Secours, sont attendus sur place ce vendredi en fin d'après-midi, pour une première reconnaissance.
 
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