Gironde : militants antispécistes et éleveurs ont passé la nuit ensemble à Bazas

Après avoir appelé à un rassemblement à Bazas pour la 3e "nuit debout des abattoirs", les militants de la cause animale et les éleveurs se sont retrouvées dans la nuit de mercredi à jeudi. Chacun a défendu sa position, sous la protection d'un important dispositif de gendarmerie.

Les militants de la cause animale sont venus pour un "hommage aux victimes des abattoirs"
Les militants de la cause animale sont venus pour un "hommage aux victimes des abattoirs" © France 3 Aquitaine / MP d'Abrigeon
"A un moment posez-vous des questions sur la hiérarchisation des espèces, entre un homme, une vache, un poulet, une mouche et un micro-organisme (…) Nous s'il y a un homme à soigner ou un animal à sauver, on n'a pas d'hésitation sur ce qu'il y a à faire. Vous, je ne suis pas tout à fait aussi sûr."




Ce propos sont ceux d'un éleveur, venus tenir tête aux militants antispécistes ce mercredi soir devant l'abattoir de volaille à Bazas , en Gironde. Un face à face parfois animé, mais sans aucun débordement.

Le rendez-vous avait été fixé par les militants de l'association 269 Libération animale. Il s'inscrivait dans le cadre de la 3e "nuit debout devant les abattoirs".
 

Echanges verbaux 

Une contre- manifestation ayant été prévue, l'événement s'est transformé en une confrontation verbale, entre une cinquantaine d'éleveurs, en majorité issus de la coordination rurale du Lot-et-Garonne tout proche, et autant de militants antispécistes. Ces derniers avaient annoncé sur leur page Facebook leur volonté d'organiser une édition "plus offensive" et d'"imposer une présence et une pensée radicale".





Les éleveurs  se sont dit fiers de leur métier, conscients de son évolution et ont dénoncé les "calomnies" des militants à leur encontre. Les antispécistes ont quant à eux lu une lettre, adressée directement aux animaux condamnés à l'abattoir, dénonçant une "violence d'état contre le peuple animal".


 

"Lutter contre la faim dans le monde"

"Ce serait bien de passer à une alimentation beaucoup plus végétale, sans violence", explique Julien, militant. Quand on voit les élevages en batterie, les poules qui ne peuvent pas étendre leurs ailes, à qui on coupe le bec…  On pense souvent que les végétariens ne pensent qu'aux animaux, alors que c'est notre combat c'est aussi une des meilleurs façon de lutter contre la faim dans le monde.  Un kilo de viande, c'est aussi entre 7 et 10 kilos de végétaux qui ont été mangés".



"Ces gens en face, ont fermé une unité de production, imposent une idée extrémiste, a regretté Michel,  éleveur, qui s'est déplacé pour faire face aux militants.  
Etre vegan ca appartient à chacun, l'imposer en tant qu'"idée de façon parfois violente sur des attaques de boucheries et autres, ça devient une autre histoire".

La confrontation, encadrée par une centaine de gendarmes n'a pas été émaillée de débordements, hormis quelques jets d'œufs lancés par les éleveurs.





 
Poursuivre votre lecture sur ces sujets
agriculture économie