Gironde: un homme de 26 ans condamné pour l'agression du maire de Saint-Philippe d'Aiguille

12 mois de prison dont 6 mois ferme, sans mandat de dépôt. Le tribunal de Libourne en Gironde  a condamné ce vendredi un homme de 26 ans pour l'agression, la semaine dernière, du maire du village de Saint-Philippe d'Aiguille. Philippe Bécheau était intervenu pour faire cesser un tapage nocturne. 

Le maire de Saint-Philippe d'Aiguille Philippe Bécheau ému lors d'une conférence de presse sur son agression le 5 août.
Le maire de Saint-Philippe d'Aiguille Philippe Bécheau ému lors d'une conférence de presse sur son agression le 5 août. © Jean-Michel Litvine
L'enquête qui s'annonçait complexe aura donc été bouclée en moins de dix jours.  Ce vendredi en fin d'après-midi, le tribunal de Libourne a condamné un homme de 26 ans pour violence aggravée avec interruption totale de travail supérieure à 8 jours. Les circonstances aggravantes, en raison de l'état d'ivresse manifeste, et de la qualité de personne dépositaire de l'autorité publique de la victime, avaient été retenues. L'auteur des coups portés au maire de Saint-Philippe d'Aiguille le 4 août, écope de douze mois de prison dont 6 ferme.

Ce jour là, Philippe Bécheau  intervient vers 22h30. Des voisins se sont plaints qu'un groupe de personnes écoutait de la musique trop forte sur la place du village de 400 habitants.
L'élu de 58 ans fait état de sa qualité de maire et leur demande de baisser le volume, puis, sentant la situation mal tourner face à des gens alcoolisés, il part et  fait une chute. Un homme le frappe à ce moment-là, puis le groupe s'enfuit.

Quand  Philippe Bécheau rentre à son domicile, son entourage appelle la gendarmerie qui se rend sur les lieux. 
L'enquête commence. Elle mobilisera les gendarmes de la Gironde et tout particulièrement la brigade de recherches de Libourne mais aussi les techniciens en identification criminelle du groupement départemental de la gendarmerie et la section de recherche de Bordeaux. 
Sur place, les techniciens procèdent aux premières constatations et relèvent des indices, notamment des effets personnels laissés sur place. Une enquête de voisinage permet de recueillir des témoignages. Le maire est également auditionné. 

Les indices exploités amènent à l’identification d’une personne mineure qui sera interpellée mardi. Sa présence sur les lieux est confirmée mais elle est mise hors de cause pour l'agression. Les soupçons se portent alors sur un second individu. Mais avant que les gendarmes ne procèdent à son arrestation, ce dernier se rend de lui-même en fin de journée. 

    
L'agression du maire de Saint-Philippe d'Aiguille avait provoqué de nombreuses réactions. Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin, le Premier ministre Jean Castex, l'avaient condamnée, le chef du gouvernement dénonçant dans un tweet des violences "inadmissibles".
  Dans la foulée de l'agression de M. Bécheau puis quelques jours plus tard d'un autre élu à Portbail (Manche) l'Association des maires de France (AMF) avait rappelé que "233 élus ont déjà subi un acte de violence" en 2020, sa vice-présidente Agnès Le Brun déplorant que les maires se sentent esseulés face à une réponse pénale qui n'était "pas au rendez-vous".
    
Poursuivre votre lecture sur ces sujets
faits divers